« Loup où es-tu ? »
quand la marionnette populaire parle encore de nos peurs modernes
À première vue, « Loup où es-tu ? » pourrait simplement rappeler les grands classiques de la marionnette populaire, dans la lignée des spectacles traditionnels comme Tchantchès ou Toon. Pourtant, derrière les rires, les personnages et l’univers familier du Petit Chaperon rouge, les Royales Marionnettes proposent bien plus qu’un simple divertissement.
À Namur en Mai, le spectacle présenté par Didier Balzaux et Sophie Lajoie revisite le célèbre conte populaire pour en faire un miroir de notre époque. Un spectacle accessible aux enfants comme aux adultes, mais qui cache derrière son apparente simplicité une réflexion beaucoup plus profonde sur la peur, les discours anxiogènes et la manière dont nos sociétés désignent parfois leurs propres « grands méchants loups ».
« Est-ce qu’on a encore des raisons de craindre le grand méchant loup ? À quoi ça sert aujourd’hui de nourrir les peurs ? » explique Didier Balzaux durant notre entretien.
Et c’est précisément là que le spectacle devient particulièrement intéressant.
Un conte populaire qui parle du présent
Même revisité et modernisé, le Petit Chaperon rouge continue de résonner étrangement avec notre époque. Car ici, le loup ne se limite plus à un personnage de conte pour enfants.
Il devient une métaphore.
Une peur collective.
Un danger agité en permanence.
Un ennemi parfois invisible, parfois fabriqué.
« Le grand méchant loup, il est multiforme », explique Didier Balzaux. « Il est agité de plein de manières différentes par les gens qui, de temps en temps, nous dirigent et qui nous font craindre le pire. »
Sans jamais tomber dans le discours lourd ou militant, le spectacle ouvre des portes à la réflexion. Il ne donne pas de réponse toute faite. Il questionne.
Qui sont les loups aujourd’hui ?
Pourquoi avons-nous peur ?
Et surtout : qui entretient cette peur ?
La peur comme outil de contrôle
Au fil de l’interview, la dimension sociale et politique du spectacle apparaît clairement.
Didier Balzaux évoque notamment l’utilisation de la peur dans le débat public et dans les discours politiques contemporains.
« La peur, c’est très pratique. Les gens s’autocontrôlent eux-mêmes. Ils restent chez eux, ils ne sortent plus, ils ont peur. »
Le texte du spectacle fait aussi directement référence aux boucs émissaires modernes : les pauvres, les “fainéants”, celles et ceux que l’on désigne facilement comme responsables de tous les problèmes d’une société.
Une mécanique ancienne… mais toujours terriblement actuelle.
Et c’est probablement ce qui rend « Loup où es-tu ? » si fort : utiliser la marionnette traditionnelle pour parler de sujets contemporains sans jamais perdre la poésie du spectacle vivant.
La tradition liégeoise comme outil de résistance
Le spectacle s’inscrit également dans une longue tradition de marionnette populaire liégeoise.
Une tradition où la marionnette n’est pas qu’un objet pour divertir les enfants, mais aussi un personnage social, parfois contestataire, qui parle du peuple et de ses réalités.
« La marionnette traditionnelle liégeoise, c’est quelqu’un qui se bat pour sa condition sociale, qui a un message à porter », rappelle Didier Balzaux.
Et c’est sans doute pour cela que le spectacle trouve naturellement sa place à Namur en Mai.
Dans un festival où les arts de rue transforment les places publiques en espaces de rencontre, de réflexion et parfois même de résistance culturelle.
Un spectacle pour réfléchir sans moraliser
Là où « Loup où es-tu ? » réussit quelque chose d’important, c’est qu’il ne cherche jamais à imposer une vérité unique.
Le spectacle préfère poser des questions.
Faire résonner des idées.
Laisser chacun construire sa propre lecture.
« Le message ici, c’était surtout de rassurer les gens et de leur dire : raisonnons-nous un peu. De quoi avons-nous réellement peur ? »
Et au fond, c’est peut-être là toute la force des arts de rue et de la marionnette populaire : réussir à parler du monde actuel avec humour, émotion, poésie… et parfois une inquiétante lucidité.
À Namur en Mai, les Royales Marionnettes rappellent ainsi qu’un vieux conte peut encore aujourd’hui nous parler de notre société, de nos peurs et de notre manière de regarder les autres.
Parce qu’au final, le loup n’a peut-être jamais vraiment disparu.
Laurent Frémal
Quand le cinéma devient une arme de paix
Jour 3 du FIFF – 23ᵉ article Radio Solidarité
Avec Muganga – Celui qui soigne, Marie-Hélène Roux signe un film d’une intensité rare, inspiré du combat du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Entre douleur et dignité, ce récit bouleversant transforme le cinéma en arme pacifique contre le silence.
Debout, le public namurois a salué cette œuvre engagée qui soigne les consciences autant qu’elle bouscule les cœurs.
L’art de la trempette
Inspirée du film culte New York-Miami de Frank Capra, cette recette célèbre la scène mythique du petit-déjeuner où Ellie découvre “l’art de la trempette”.
Moelleux, dorés et parfumés à l’orange, ces beignets maison se savourent avec un café, entre douceur et nostalgie d’un cinéma plein de charme. Une recette à déguster… comme un coup de foudre !
On vous croit,
Avec ses décors simples et ses gros plans sur les visages, il nous plonge au cœur du système judiciaire, dans la lenteur des procédures et la fragilité des paroles.
Chaque silence pèse, chaque regard devient un cri étouffé.
On y lit la peur, la colère, la fatigue.
Une œuvre forte et nécessaire qui met en lumière une violence psychologique invisible, tout en questionnant notre capacité à croire, à écouter et à comprendre.
Un film lent, sobre, mais profondément humain.
“Le Tour du monde en 80 jours”
Le tour des recettes du cinéma continue sur Radio Solidarité !
Aujourd’hui, on se régale avec une recette inspirée du grand écran — un plat emblématique qui a marqué les papilles et les cœurs des cinéphiles.
Entre culture et gourmandise, cette rubrique vous invite à (re)découvrir un film à travers sa saveur la plus célèbre.
Un cri doux pour la Terre et pour nos enfants
Deuxième jour du FIFF, et déjà une belle claque poétique.
Avec Animal Totem, Benoît Delépine signe un conte écologique et solidaire.
Un film pour la Terre, pour nos enfants, et pour un autre regard sur l’avenir.
Les Baronnes ouvrent le 40e FIFF
Trois salles combles pour l’ouverture du 40e FIFF !
Avec Les Baronnes, Nabil Ben Yadir et Mokhtaria Badaoui offrent un film vibrant où quatre grand-mères de Molenbeek se lancent dans le théâtre et bouleversent tout sur leur passage. Entre rires, larmes et poésie, le public passe par toutes les émotions.
Seize ans après Les Barons, c’est désormais Les Baronnes qui ouvrent le festival, rappelant qu’il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves.
DOUBITSCHOU CHOCOLAT NOIR
t si la gourmandise s’invitait au cinéma ? Inspiré du film culte Le Père Noël est une ordure, le fameux doubitschou passe de la blague à la réalité. Transformé en délicieuses truffes au chocolat noir et vieux marc de Champagne, il promet de surprendre vos convives autant qu’il a marqué les spectateurs
La culture en danger
Le FIFF fête ses 40 ans. Quarante ans de cinéma francophone à Namur, de rencontres, d’émotions et de découvertes. Mais cette édition anniversaire n’échappe pas à la réalité : le festival doit « se serrer la ceinture ». Moins de budget, moins de films, moins d’invités confirmés… Même un événement aussi reconnu que le FIFF ressent les coups de ciseaux budgétaires.
Et c’est là que le signal devient alarmant : si le FIFF est fragilisé, qu’en est-il des petites associations, des théâtres de quartier, des initiatives locales qui, elles, n’ont pas la même visibilité ? La culture est en danger.
Pourtant, le festival tient bon. Avec créativité, il transforme ses contraintes en opportunités : moins de quantité, mais plus de chances de voir les films primés, plus de proximité avec le public. C’est une leçon de résistance : la culture plie, mais ne rompt pas.
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