édito 02 octobre 2025
La culture en danger, mais le FIFF tient bon
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Chaque semaine, je vous propose un édito qui invite à la réflexion. Ensemble, nous prenons un moment pour regarder ce qui se passe dans le monde et essayer de mieux comprendre les grands sujets d’actualité.
L’idée n’est pas seulement de donner mon point de vue, mais aussi de vous faire réfléchir, de vous questionner, et surtout de vous permettre d’en parler autour de vous. Car réfléchir seul, c’est bien, mais réfléchir ensemble, c’est encore mieux.
Dans un esprit solidaire et ouvert, je vous présente chaque semaine un thème qui me touche ou qui fait débat. Ensuite, je développe pourquoi c’est important et ce que cela change pour nous tous, ici et ailleurs.
Alors, prenez un café ou un thé, installez-vous, et laissez-vous guider par cette réflexion du jeudi. Ensemble, faisons vivre la solidarité et le partage des idées.
La culture en danger
Demain, Namur va vibrer. Les rues vont résonner d’accents venus d’ailleurs, les regards vont se croiser dans les salles obscures, et les histoires du monde entier vont s’inviter chez nous. Le Festival International du Film Francophone fête ses 40 ans. Quarante ans, c’est beaucoup dans la vie d’un festival : c’est une génération de cinéastes révélés, des milliers de films projetés, des millions de spectateurs touchés. Le FIFF, c’est une mémoire collective autant qu’une fête populaire.
Mais cette année, derrière la fête, il y a une inquiétude. Le FIFF, comme tant d’autres rendez-vous culturels, doit faire avec moins. Moins de budget, donc moins de films, moins d’invités confirmés, des programmations repensées en urgence. C’est ce qu’on appelle pudiquement « se serrer la ceinture ». Et ce n’est pas anodin : si un festival aussi reconnu doit se réduire, imaginez la fragilité de toutes ces petites structures culturelles qui, elles, n’ont pas de projecteurs pour attirer l’attention.
La culture est en danger. On le voit ici, mais aussi ailleurs : en Suisse, on supprime des partenariats culturels à l’étranger ; en Belgique, on coupe dans les budgets de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; un peu partout en Europe, des festivals disparaissent faute de soutien. Comme si la culture devenait une variable d’ajustement, qu’on rogne quand il faut économiser. Or, réduire la culture, ce n’est pas réduire du « superflu » : c’est fragiliser ce qui nous relie, ce qui nous fait grandir, ce qui nous aide à comprendre le monde et à rester debout dans des temps incertains.
Et pourtant, malgré tout, le FIFF est là. Quarante ans et toujours debout. Avec des équipes passionnées qui trouvent des solutions, qui transforment les contraintes en opportunités : moins de films, mais plus de séances pour permettre au public de voir les œuvres primées. Moins de moyens, mais toujours cette envie d’ouvrir les portes, de faire de Namur une capitale du cinéma francophone pendant une semaine.
C’est ça, la force de la culture : elle plie, mais elle ne rompt pas. Elle survit aux crises, aux coupes budgétaires, aux discours qui voudraient la réduire à une dépense inutile. Elle survit parce qu’elle s’appuie sur quelque chose de plus fort que les chiffres : le désir des artistes de créer, et le besoin des spectateurs d’être touchés, émus, bousculés.
Alors oui, il y a danger. Oui, il faut le dire haut et fort : si nous ne soutenons pas nos festivals, nos théâtres, nos associations, demain il sera trop tard. Mais il y a aussi un message d’espoir. Le FIFF qui souffle ses 40 bougies malgré les tempêtes, c’est la preuve que la culture résiste. Et cette résistance, elle ne tient pas qu’aux budgets : elle tient à nous, au public, aux citoyens, à notre capacité de dire : nous avons besoin d’elle, et nous serons là pour la défendre.
Alors fêtons ce 40ᵉ FIFF. Allons voir les films, rencontrons les artistes, remplissons les salles. Montrons que, même quand on veut la faire taire, la culture continue de parler fort. Parce que sans elle, ce n’est pas seulement un festival qui s’éteint : c’est une part de nous-mêmes qui disparaît.
Laurent Frémal
Du bon côté de l’Histoire
Les guerres s’étendent, les tensions montent et chaque pays doit choisir. Soutenir, condamner ou se taire : aucune position n’est neutre. Entre pressions économiques et responsabilités humaines, l’Histoire retiendra surtout nos silences. Car demain, ce ne seront pas les marchés qui jugeront, mais les générations suivantes. Nos enfants nous demanderont de quel côté nous étions.
Les invisibles de nos rues
Dans nos villes, les personnes sans-abri sont devenues une présence quotidienne. Derrière chaque silhouette assise sur un trottoir, il y a une histoire, une vie, des épreuves. Face à cette réalité, une question s’impose : comment une société aussi riche peut-elle encore laisser des êtres humains dormir dans la rue ? Il est temps de se remettre en question et de repenser notre modèle pour construire un monde plus juste, fondé sur la solidarité et le vivre-ensemble.
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