Sans-CHEZ-SOIS’risme à Bruxelles

par | Avr 15, 2026 | Nos Podcasts | 0 commentaires

le temps des constats est passé, place aux actes

Radio Solidarité sur le terrain à Bruxelles

Ce 30 mars, notre équipe était présente à Bruxelles pour suivre la journée consacrée au Masterplan de lutte contre l’absence de chez-soi, porté par Bruss’help.

Pour Radio Solidarité, José et Luc, nos reporters, étaient sur place, micro en main, pour aller à la rencontre des acteurs du terrain, des responsables associatifs et des représentants politiques.

Une journée dense, marquée par une forte mobilisation, mais surtout par une réalité qui s’impose à tous : le sans-abrisme ne cesse de s’aggraver, et les réponses actuelles ne suffisent plus.

Une mobilisation large, signe d’un enjeu majeur

Dès les premières heures, le ton est donné. Plus de 200 participants, issus du secteur du sans-abrisme mais aussi de la santé, du logement, des administrations et du monde politique, sont réunis.

Pour Éric Crusson, cette diversité est essentielle :

Toutes les parties prenantes étaient présentes. Cela montre que la question du sans-abrisme dépasse aujourd’hui largement le seul secteur social.

Bruss’help ne se positionne pas comme un acteur militant, mais comme un coordinateur et producteur de recommandations, basé sur le terrain, la recherche et le dénombrement. Le message adressé au politique est clair : les solutions existent, encore faut-il les mettre en œuvre.

Un changement de paradigme : remettre le logement au centre

Le Masterplan marque une évolution importante dans la manière d’aborder le sans-abrisme.

Comme le souligne Pierre-Yves, impliqué dans sa mise en œuvre :

Le premier changement, c’est de remettre le logement au cœur. Le second, c’est de travailler ensemble, entre secteurs.

Fini le cloisonnement. Le sans-abrisme n’est plus considéré comme une problématique isolée, mais comme le résultat d’un ensemble de facteurs : précarité, santé, migration, ruptures familiales, accès aux droits.

Cette approche transversale est aujourd’hui largement partagée. Mais elle implique une transformation profonde des pratiques.

Prévenir plutôt que réparer

L’un des axes majeurs du Masterplan est la prévention.

Et sur ce point, certains témoignages sont sans appel.

Du côté de l’aide à la jeunesse, le constat est brutal : des centaines de jeunes sont identifiés très tôt comme étant à risque… sans qu’aucune solution structurelle ne leur soit garantie à leur majorité.

On n’est même plus dans la prévention, mais dans la prévisibilité.

Un aveu qui résume à lui seul l’urgence d’agir en amont.

Les invisibles du sans-abrisme : une réalité massive

Au fil des échanges, un mot revient sans cesse : les invisibles.

Ceux que l’on ne voit pas dans la rue. Ceux qui dorment chez un ami, dans un garage, sur un canapé, dans des conditions précaires et instables.

Les fameux “divans dormeurs”.

Pour Pierre Verbeeren, directeur du CPAS de Bruxelles :

Une partie importante des personnes que nous accompagnons vivent chez un tiers. Le problème n’est pas seulement de les identifier, mais de trouver des solutions de logement.

Même analyse du côté de la Fédération des services sociaux :

Le vrai problème, ce n’est pas qu’ils soient invisibles. C’est qu’il n’y a pas de solutions à leur proposer.

Une réalité qui élargit considérablement la définition du sans-abrisme.

Le logement : le nœud du problème

Tous les intervenants convergent sur un point : sans logement accessible, aucune politique ne pourra fonctionner.

Laurent Demoulin, de l’ASBL Diogène, le rappelle avec force :

Sortir de la rue et se maintenir en logement est devenu extrêmement difficile avec les revenus actuels et le prix du marché.

Son association développe des dispositifs comme le Housing First, avec des résultats concrets : des taux de maintien en logement proches de 80%.

Mais même ces initiatives se heurtent à une réalité incontournable :
le manque de logements disponibles et abordables.

Le logement de transit, l’hébergement d’urgence, les solutions temporaires… tout finit par saturer.

Le problème, c’est la sortie. Il n’y a pas assez de solutions durables.

Des publics particulièrement fragilisés

Certains publics restent en première ligne.

Les personnes sans titre de séjour, d’abord, souvent exclues des dispositifs classiques et contraintes de vivre dans des conditions extrêmement précaires.

Les enfants et les familles, ensuite, dont la présence dans la rue reste une réalité malgré les engagements politiques.

Et enfin, toutes ces personnes en situation de précarité diffuse, ni totalement à la rue, ni réellement logées, qui naviguent entre débrouille et survie.

Une responsabilité politique assumée… mais attendue

Présents lors de cette journée, Karine Lalieux et Ahmed Laouej ont tous deux insisté sur la nécessité de mieux coordonner les politiques sociales et de logement.

Karine Lalieux rappelle que beaucoup de personnes vivent aujourd’hui dans des situations invisibles :

Beaucoup de personnes vivent les unes chez les autres, dans une instabilité permanente. Il faut leur permettre d’accéder à un toit digne.

Ahmed Laouej, lui, élargit encore le débat :

Ce n’est pas qu’une question de moyens. C’est une question de dignité humaine. Personne n’est à l’abri.

Pour lui, la lutte contre le sans-abrisme pose une question fondamentale :

Quelle société voulons-nous ? Une société du chacun pour soi, ou une société qui n’abandonne personne ?

Un plan ambitieux, mais un défi immense

Le Masterplan propose une vision claire :

  • prévenir l’entrée dans la rue
  • réduire le temps passé sans logement
  • stabiliser les parcours
  • lutter contre les violences institutionnelles

Sur le papier, le consensus est là.

Sur le terrain, l’urgence aussi.

Mais entre les deux, il reste une étape cruciale : le passage à l’action.

Car comme le rappellent de nombreux acteurs présents :

sans volonté politique forte, sans moyens adaptés, sans réforme du marché du logement, rien ne changera réellement.

Écouter, comprendre… et ne plus détourner le regard

Ce que cette journée a surtout mis en lumière, ce sont des réalités humaines.

Des parcours brisés. Des situations invisibles. Des professionnels à bout de souffle. Des solutions qui existent, mais qui peinent à être généralisées.

Et une conviction partagée :

le sans-abrisme n’est pas une fatalité.

Mais il ne disparaîtra pas non plus sans un choix clair, collectif et assumé.

Ils ont pris la parole. À vous d’écouter.

Le sans-abrisme ne se voit pas toujours.
Il ne se limite pas à la rue. Il se cache aussi dans des canapés, des garages, des solutions de fortune… et dans des vies en suspens.

À Bruxelles, lors de la journée du Masterplan organisée par Bruss’help, notre équipe est allée à la rencontre de celles et ceux qui agissent, alertent et cherchent des solutions.

Au micro de José et Luc, des témoignages forts, des constats sans détour, et une question qui nous concerne tous :

quelle société voulons-nous construire ?

Écoutez dès maintenant notre podcast
Des voix du terrain
Des réalités souvent invisibles
Et des pistes pour agir autrement

Parce que comprendre, c’est déjà commencer à changer les choses.

Article : Laurent Fremal
Reportage : Luc Bolssens & José Parades

Rencontre avec Sadjo Babetida

Rencontre avec Sadjo Babetida

Rencontrée au FIFF Namur, l’actrice Sadjo Babetida livre une parole rare et bouleversante autour du film Muganga, celui qui soigne.
Entre douleur, courage et espoir, elle évoque la force des femmes congolaises et la puissance du cinéma comme acte de guérison.

« Ce qui m’arrive à moi, vous arrive à vous. Me briser, moi, c’est vous briser, vous. »
Une interview essentielle, à écouter sur Radio Solidarité.

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !

L’IA, notre miroir et notre avenir

L’IA, notre miroir et notre avenir

L’intelligence artificielle fait désormais partie de nos vies. On peut la craindre ou l’embrasser, mais on ne peut plus l’ignorer. À Radio Solidarité, nous l’assumons pleinement : non pour remplacer l’humain, mais pour l’assister. L’IA est un formidable outil d’inclusion, donnant la parole à ceux qui n’osaient pas écrire ou créer. Mais elle doit être utilisée avec conscience. Éduquons, formons, assumons : l’IA n’est pas notre ennemie, mais le reflet de ce que nous choisissons d’en faire.

Cap Farewell

Cap Farewell

Présenté en avant-première au FIFF, Cap Farewell de Vanja d’Alcantara plonge dans un drame ancré sur nos côtes, entre ombres du passé et lumière d’un phare symbolique. Avec Noée Abita, Olivier Gourmet, Pascale Buissière et Max Simoni, le film explore la reconstruction difficile d’une jeune mère sortie de prison, tiraillée entre loyauté, culpabilité et désir de rédemption. Un récit intimiste, fort et pudique, où la lumière vacille mais ne s’éteint jamais.

Le vagabond et le rôti du dimanche

Le vagabond et le rôti du dimanche

Dans l’esprit tendre et burlesque du vagabond de Chaplin, ce rôti du dimanche rend hommage aux petits bonheurs partagés malgré la misère.
Un Sunday Roast simple, généreux et réconfortant, comme un sourire offert au milieu des épreuves.

Retour vers le futur !!!

Retour vers le futur !!!

Embarquez pour un voyage culinaire à Hill Valley avec ces croustillants de gambas dorés et leur sauce aux piments doux maison. Une recette rétro-futuriste inspirée du mythique bal de la “Féerie Dansante”, où Marty fait vibrer la scène sur Johnny B. Goode. Entre croquant, douceur et épices légères, une entrée qui réveille les papilles et replonge dans la magie des années 50 !

Quand le cinéma devient une arme de paix

Quand le cinéma devient une arme de paix

Jour 3 du FIFF – 23ᵉ article Radio Solidarité
Avec Muganga – Celui qui soigne, Marie-Hélène Roux signe un film d’une intensité rare, inspiré du combat du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Entre douleur et dignité, ce récit bouleversant transforme le cinéma en arme pacifique contre le silence.
Debout, le public namurois a salué cette œuvre engagée qui soigne les consciences autant qu’elle bouscule les cœurs.

L’art de la trempette

L’art de la trempette

Inspirée du film culte New York-Miami de Frank Capra, cette recette célèbre la scène mythique du petit-déjeuner où Ellie découvre “l’art de la trempette”.
Moelleux, dorés et parfumés à l’orange, ces beignets maison se savourent avec un café, entre douceur et nostalgie d’un cinéma plein de charme. Une recette à déguster… comme un coup de foudre !

On vous croit,

On vous croit,

Avec ses décors simples et ses gros plans sur les visages, il nous plonge au cœur du système judiciaire, dans la lenteur des procédures et la fragilité des paroles.
Chaque silence pèse, chaque regard devient un cri étouffé.
On y lit la peur, la colère, la fatigue.
Une œuvre forte et nécessaire qui met en lumière une violence psychologique invisible, tout en questionnant notre capacité à croire, à écouter et à comprendre.
Un film lent, sobre, mais profondément humain.

“Le Tour du monde en 80 jours”

“Le Tour du monde en 80 jours”

Le tour des recettes du cinéma continue sur Radio Solidarité !
Aujourd’hui, on se régale avec une recette inspirée du grand écran — un plat emblématique qui a marqué les papilles et les cœurs des cinéphiles.
Entre culture et gourmandise, cette rubrique vous invite à (re)découvrir un film à travers sa saveur la plus célèbre.

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