Quand l’art devient un acte de résistance

par | Août 4, 2026 | Nos Vidéos, Uncategorized | 0 commentaires

l’exposition qui questionne nos politiques migratoires

À Namur, des affiches qui interpellent bien plus qu’elles ne décorent

Au Cinex de Namur, l’exposition« Affiches sans papiers, affiches sans frontières » ne laisse personne indifférent. Derrière chaque linogravure, chaque texte et chaque affiche se cache une réflexion profonde sur les politiques migratoires belges et européennes, mais aussi sur la place que notre société accorde aux personnes contraintes de vivre sans titre de séjour.

À l’origine de ce projet, l’associationAFICO et son groupeArt en Résistance, qui utilisent la création artistique comme outil d’éducation permanente. Pour Laurent Wilmet, animateur et formateur chez AFICO, l’objectif n’est pas de parler à la place des personnes concernées, mais d’interroger les choix politiques de notre société.

« Nous avons voulu parler des politiques, ou plutôt de l’absence de politiques d’accueil de nos gouvernements et de l’Union européenne. »

Une exposition née d’une inquiétude toujours d’actualité

Si cette exposition a été conçue il y a plusieurs années, elle retrouve aujourd’hui une résonance particulière.

Selon Laurent Wilmet, les réformes actuellement envisagées en Belgique, notamment autour des visites domiciliaires, ravivent les inquiétudes des associations qui accompagnent les personnes étrangères.

« Vu l’actualité, nous avons ressorti cette exposition et l’avons complétée, parce que les lois actuellement en préparation nous inquiètent et inquiètent les publics avec lesquels nous travaillons. »

Pour AFICO, cette exposition constitue un véritable espace de dialogue autour de questions devenues centrales dans le débat public.

Qui sont les personnes sans-papiers ?

L’interview permet également de revenir sur une réalité souvent mal comprise.

Contrairement aux idées reçues, une personne sans-papiers n’est pas uniquement un migrant arrivé récemment sur le territoire. Il s’agit le plus souvent d’une personne qui, après un long parcours administratif ou migratoire, perd le droit de séjourner légalement dans le pays.

« Les personnes que l’on définit comme sans-papiers sont des personnes qui n’ont plus leur droit de rester sur le territoire. »

Certaines ont vu leur demande d’asile refusée, d’autres sont en transit vers un autre pays, notamment le Royaume-Uni.

La linogravure : un art populaire au service de l’engagement

L’originalité de l’exposition réside également dans son support artistique.

Toutes les œuvres sont réalisées enlinogravure, une technique d’impression héritée de la gravure sur bois, utilisant du lino récupéré auprès de poseurs de revêtements de sol.

Pour AFICO, ce choix n’est pas anodin.

« C’est un art qui a été utilisé dans les milieux militants. »

Mais ce procédé répond aussi à une volonté de rendre la création artistique accessible à toutes et tous.

« Nous essayons de montrer qu’on peut faire de l’art avec très peu de moyens. »

Le recyclage des matériaux devient ainsi un prolongement du message porté par l’exposition : créer autrement, avec ce qui existe déjà.

Quand les personnes concernées prennent enfin la parole

L’une des évolutions majeures de cette nouvelle version de l’exposition est l’intégration de créations réalisées par des personnes sans-papiers de l’École des Solidarités.

Leurs œuvres racontent directement leur parcours migratoire.

Certaines sont d’une sobriété bouleversante.

Laurent Wilmet évoque notamment un participant ayant simplement gravé un fouet sur fond noir.

« Il s’est fait fouetter lorsqu’il était en Libye pendant son parcours migratoire. »

Un témoignage qui l’a profondément marqué.

« Je ne souhaite à personne ce qu’ils nous ont raconté sur leur parcours migratoire. C’est très, très violent… Rien que de le raconter, je suis encore dans l’émotion. »

Ces quelques mots rappellent que derrière les débats politiques se trouvent avant tout des parcours humains.

Donner une place à celles et ceux dont on parle

L’exposition a également évolué grâce aux remarques formulées par les visiteurs.

Lors des premières présentations, plusieurs personnes d’origine étrangère ont pointé une absence importante.

« Il manque une parole. Il manque la parole des migrants. »

Une critique entendue par les organisateurs.

Depuis, AFICO tente d’intégrer davantage de témoignages directs, même si la démarche reste complexe.

Beaucoup de personnes concernées n’ont tout simplement pas envie de raconter publiquement un parcours souvent marqué par les violences, les humiliations ou la peur.

Nos références culturelles ne sont pas universelles

Autre enseignement tiré de cette expérience : certaines œuvres étaient difficiles à comprendre pour une partie du public.

Des références à Georges Brassens ou à d’autres éléments de la culture francophone passaient totalement inaperçues auprès de visiteurs issus d’autres horizons.

L’équipe a également été confrontée à une situation particulièrement révélatrice lorsqu’un participant afghan a utilisé unesvastika, symbole religieux positif dans sa culture.

En Europe occidentale, ce symbole est immédiatement associé au nazisme.

L’exposition a donc choisi de conserver cette œuvre tout en l’accompagnant d’explications.

Pour Laurent Wilmet, cette expérience rappelle une évidence.

« Quand on s’intéresse à une autre culture, on se rend compte que nous avons une vision très occidentalo-centrée. »

L’art comme espace de débat citoyen

Plus qu’une simple exposition artistique,« Affiches sans papiers, affiches sans frontières » invite le public à questionner les politiques migratoires, les représentations et les préjugés.

Elle ne prétend pas apporter toutes les réponses.

Elle ouvre un espace où citoyens, artistes et personnes concernées peuvent se rencontrer autour d’une même question : quelle société voulons-nous construire ?

Comme le résume Laurent Wilmet, l’enjeu est désormais d’aller encore plus loin.

« Il faudrait absolument développer davantage la parole des personnes d’origine étrangère et trouver un moyen de mieux l’intégrer dans l’exposition. »

Une conviction qui rejoint parfaitement l’esprit de cette démarche : faire de l’art un lieu où chacun peut enfin être vu, entendu et reconnu.

Laurent Frémal

Droit à l’emploi : Haro sur les chômeurs ?

Droit à l’emploi : Haro sur les chômeurs ?

Exclus du chômage, exclus de la société ?
Dans cet épisode de Viva les Droits, Radio Solidarité donne la parole à celles et ceux qui vivent de plein fouet la réforme des exclusions. Maman solo, travailleuse freelance de 61 ans, femmes en reconversion, proches aidants… Aucun ne refuse de travailler. Tous demandent une chose : des conditions dignes pour exercer leur droit à l’emploi. Entre paradoxes politiques, précarisation du marché du travail et recours juridiques en cours, cet échange puissant rappelle une évidence : l’emploi est un droit structurant, pas une sanction administrative.

Sans-papiers, sans adresse, sans souffle

Sans-papiers, sans adresse, sans souffle

Sans adresse, sans papiers, sans chez-soi : quand l’administration décide de l’existence.
Pour clôturer Viva les Droits, Radio Solidarité ouvre un débat essentiel sur le statut administratif, le sans-abrisme et la réalité des sans-papiers. Derrière les chiffres et les procédures, une vérité brutale : sans adresse, on n’existe plus. Sans statut, on ne vit qu’à moitié. Entre violences institutionnelles, labyrinthes administratifs et manque cruel de logements, cet épisode met en lumière ce que trop peu veulent voir : la rue ne commence pas sous un pont, elle commence souvent par un formulaire.

Logement en Wallonie : la crise qui abîme la santé, le climat… et les droits

Logement en Wallonie : la crise qui abîme la santé, le climat… et les droits

Un logement décent, c’est la base de tout. Dans cet épisode de Viva les Droits, enregistré en direct à Namur avec le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, on parle loyers inaccessibles, passoires énergétiques, santé (moisissures, humidité), rénovation impossible faute de financement, aides trop complexes, et logements vides alors que les listes d’attente explosent. Témoignages forts (locataires et propriétaires précaires), éclairages de terrain (SAMI, plateformes rénovation, Infirmiers de rue) et une évidence qui revient sans cesse : sans toit digne, les autres droits s’effondrent.

Vœux de rue 2026 : quand la fin du mois devient une fin de droits

Vœux de rue 2026 : quand la fin du mois devient une fin de droits

Fin de mois, fin de droits.
Lors des Vœux de rue 2026, Christine Mahy (RWLP) alerte sur les conséquences humaines des réformes du chômage, le statut cohabitant et l’affaiblissement des services publics. Un discours fort qui appelle à démonter le mythe de la méritocratie et à renforcer les alliances pour la justice sociale.

Droit à l’info : guichet humain ou écran mur ?

Droit à l’info : guichet humain ou écran mur ?

Et si le numérique, censé simplifier nos vies, devenait un obstacle à nos droits fondamentaux ?
Dans cet épisode de Viva les Droits, enregistré en direct à Namur, nous donnons la parole à des acteurs de terrain et à une témoin du vécu pour comprendre comment la fracture numérique impacte l’accès au logement, à l’emploi, à la santé et à l’information.

Entre disparition des guichets humains, complexité administrative en ligne, concentration des médias et montée des fake news, une question s’impose : le progrès technologique est-il encore au service de tous ?

Le Ramdam Festival de Tournai tire sa révérence

Le Ramdam Festival de Tournai tire sa révérence

Après dix jours de projections, de débats et d’émotions fortes, le Ramdam Festival de Tournai a dévoilé un palmarès à la hauteur de son ADN : des films qui dérangent, questionnent et marquent durablement les esprits. Courts, longs-métrages, documentaires et fictions engagées ont une nouvelle fois prouvé que le cinéma peut être un puissant outil de réflexion et de dialogue. Radio Solidarité vous propose de revenir sur les temps forts du festival, ses coups de cœur et les œuvres à ne pas manquer.

Balance ton short !

Balance ton short !

Au Tournai Ramdam Festival, le concours Balance ton short ! donne carte blanche aux créateurs pour réaliser, en deux minutes maximum, des courts-métrages sur des sujets qui dérangent. Radio Solidarité vous propose une interview pour découvrir l’esprit de ce concours engagé, qui encourage la créativité, la liberté d’expression et le cinéma comme outil de réflexion et de dialogue.

Dans les coulisses d’un festival qui tient debout grâce à ses bénévoles

Dans les coulisses d’un festival qui tient debout grâce à ses bénévoles

Depuis seize ans, le Ramdam Festival – le festival du film qui dérange – grandit sans perdre son âme. Derrière les projections et les débats engagés, les bénévoles sont le cœur battant de l’événement. Miguel, bénévole depuis la toute première édition, partage avec Radio Solidarité son regard sur l’évolution du festival, l’esprit familial qui le caractérise et ces rencontres humaines qui donnent tout son sens au cinéma engagé.

Contactez-nous

Les formulaires de contact sont relevés régulièrement, mais pas en continu. Si votre demande est urgente, nous vous invitons à nous contacter directement par e-mail à info@new-line.info
Contact Radio Solidarité
BAN porterais 300x600 1 1

Soutenez Radio Solidarité !

Soutenez Radio Solidarité, la voix qui unit !

adio Solidarité est une radio libre, citoyenne et indépendante. Nous ne recevons aucun subside public, car nous tenons à préserver notre autonomie éditoriale et à rester proches de celles et ceux qui font vivre la solidarité au quotidien.

Informer, éduquer, divertir et donner la parole à tous, c’est notre mission. Mais pour continuer à diffuser 24h/24, animer nos émissions, assurer la maintenance du matériel et couvrir les frais de fonctionnement, nous avons besoin de vous.

Chaque don, même modeste, nous aide à poursuivre cette belle aventure collective.
Vous pouvez faire un virement sur le compte de New Line Info asbl (VDK Banque) :
BE62 8940 0156 3461

Ensemble, faisons vivre la radio qui donne la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas ailleurs.

€125.59
sur €1500 donné
8.37%
de l’objectif
Montant du don
Fréquence des dons
EN DIRECT 📻 Les auditeurs ont la parole
Uséni : une équipe génialeNina : Solidarité, musique et bonne humeur : continuez comme ça ! ❤️Julie – Gembloux : À l’écoute depuis le boulot. Bonne émission à toutes et tous !Alex : La voix qui unit… et ça fait du bien. Force à toute l’équipe !Sophie – Namur : Un petit coucou à toute l’équipe de Radio Solidarité ! 📻Marc – Charleroi : Merci pour vos émissions et pour toutes les voix que vous faites entendre.Laurent : Merci pour ce beau Projet
2
Banniere728 90 1
Laurent
Author: Laurent

Plateforme de Gestion des Consentements par Real Cookie Banner