Le Ramdam Festival de Tournai tire sa révérence
un palmarès à la hauteur des films qui dérangent
Après dix jours intenses de projections, de débats, de rencontres et d’émotions fortes, Ramdam Festival referme les portes de sa 16ᵉ édition. Dix jours durant lesquels le public a été bousculé, interrogé, parfois secoué par des œuvres coups de poing. Ici, le cinéma ne cherche pas le consensus : il dérange, il questionne, il oblige à regarder le monde tel qu’il est, dans toute sa complexité et ses fractures.
Avec plus de 40 000 entrées, cette édition confirme une chose essentielle : le cinéma engagé rassemble. Le Ramdam, fidèle à son ADN, a une nouvelle fois prouvé que les films qui dérangent trouvent leur public, dès lors qu’ils sont accompagnés d’échanges, de débats et de rencontres humaines fortes.
Un palmarès à l’image de l’ADN du festival
Après de longues délibérations des différents jurys et du public, le palmarès est enfin tombé. Un palmarès cohérent, exigeant, qui reflète parfaitement l’esprit du festival.
Les courts-métrages ont une fois encore démontré leur puissance narrative.
Le public a distingué Côté Cour comme court-métrage belge le plus dérangeant, une œuvre frontale et nécessaire sur les violences sexuelles et le silence qui les entoure.
Le prix du meilleur court-métrage belge revient à Koffie in Lourdes, un film profondément humain sur la mémoire, l’amitié et les blessures du passé.
À l’international, L’enfant à la peau blanche s’impose comme court-métrage international le plus dérangeant, tandis que Upshot est récompensé pour sa finesse et son intelligence en tant que meilleur court-métrage international.
La jeunesse au cœur des regards
Le jury Génération a mis en lumière des œuvres qui parlent directement aux jeunes publics, sans jamais les infantiliser.
Quota a marqué les esprits en décrochant le prix du court-métrage Génération le plus dérangeant, avec une vision glaçante des dérives possibles du contrôle environnemental.
Brûlure douce a quant à lui touché par sa délicatesse et sa sensibilité, remportant le prix du meilleur court-métrage Génération.
Côté longs-métrages, La Danse des Renards s’impose comme long-métrage Génération le plus dérangeant, explorant la fragilité des corps et des rêves.
Sandbag Dam est salué comme meilleur long-métrage Génération, pour son récit puissant mêlant adolescence, amour interdit et urgence climatique.
Documentaires et fictions : le réel sans détour
Dans la catégorie documentaires, le public a été profondément marqué par Black Water, élu documentaire le plus dérangeant, véritable cri d’alarme sur les réfugiés climatiques et l’injustice environnementale.
Le prix du meilleur documentaire revient à The Encampments, qui retrace un mouvement étudiant majeur de solidarité avec Gaza, rappelant la force politique du cinéma documentaire.
Côté fictions, Mother’s Baby est récompensé comme fiction la plus dérangeante, pour son exploration troublante de la maternité et de la perte de repères.
Le prix de la meilleure fiction est attribué à All That’s Left of You, fresque bouleversante retraçant plusieurs décennies de l’histoire d’une famille palestinienne déracinée.
Coups de projecteur de la critique
Le prix du jury de la critique et de la presse est attribué à Cutting Through Rocks, portrait inspirant d’une femme qui lutte contre le patriarcat et les traditions imposées.
La mention coup de cœur revient à La vie après Siham, œuvre intime et sensible sur le deuil, l’exil et la transmission, où le cinéma devient un acte de mémoire.
Et au-delà du palmarès…
N’oubliez pas d’aller voir — ou revoir — les autres films de la programmation. Car s’il y a un palmarès, il y a aussi de nombreux films à ne pas rater. Des œuvres parfois moins médiatisées, mais tout aussi essentielles, qui méritent d’être découvertes en salle dès leur sortie.
Nous vous invitons également à consulter les articles et podcasts que nous avons réalisés tout au long de ces dix jours intenses. Interviews, rencontres, analyses à chaud, mais aussi nos coups de cœur et nos appréciations, sont disponibles pour prolonger l’expérience du festival et continuer à faire vivre ces films qui dérangent.
Le Ramdam, plus qu’un festival
Cette 16ᵉ édition l’a une nouvelle fois démontré : le Ramdam n’est pas qu’un festival de cinéma. C’est un espace de parole, de confrontation d’idées et de réflexion collective.
Des films qui dérangent, oui. Mais surtout des films qui laissent des traces — et qui rappellent que le cinéma peut encore être un véritable acte politique et humain.
Radio Solidarité donne d’ores et déjà rendez-vous au public pour la 17ᵉ édition du Ramdam Festival à Tournai. Fidèle à son engagement, notre équipe sera à nouveau présente pour faire vivre le festival de l’intérieur : rencontres, interviews, podcasts et regards critiques accompagneront une fois encore ces films qui dérangent et qui interrogent notre monde. Parce que donner la parole à celles et ceux qui bousculent les consciences, c’est aussi ça, la mission de Radio Solidarité.
Laurent Frémal
Balance ton short !
Au Tournai Ramdam Festival, le concours Balance ton short ! donne carte blanche aux créateurs pour réaliser, en deux minutes maximum, des courts-métrages sur des sujets qui dérangent. Radio Solidarité vous propose une interview pour découvrir l’esprit de ce concours engagé, qui encourage la créativité, la liberté d’expression et le cinéma comme outil de réflexion et de dialogue.
Dans les coulisses d’un festival qui tient debout grâce à ses bénévoles
Depuis seize ans, le Ramdam Festival – le festival du film qui dérange – grandit sans perdre son âme. Derrière les projections et les débats engagés, les bénévoles sont le cœur battant de l’événement. Miguel, bénévole depuis la toute première édition, partage avec Radio Solidarité son regard sur l’évolution du festival, l’esprit familial qui le caractérise et ces rencontres humaines qui donnent tout son sens au cinéma engagé.
Sirât,
Présenté dans le cadre du RamDam Festival, Sirât d’Oliver Laxe s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale d’un festival dédié aux films qui interrogent et bousculent les regards. Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, ce long-métrage tourné dans le désert marocain propose une expérience de cinéma sensorielle et contemplative, loin des récits formatés.
Notre correspondant marocain Ahmed livre une analyse sensible de cette œuvre singulière, où l’image, le rythme et l’atmosphère prennent le pas sur la narration classique.
Gadjé : au RamDam Festival
Au RamDam Festival de Tournai, Radio Solidarité a rencontré Georges Vanev, réalisateur belgo-bulgare de Gadjé. Le film raconte l’amour d’été entre Niki et Nadé, jeune fille rom, jusqu’au moment où la pression familiale et le racisme “ordinaire” viennent écraser leur relation. Refusant les clichés, Vanev a fait le choix non négociable de tourner avec des acteurs roms, en collaboration avec l’association Arrété Youth à Sofia. Pour découvrir l’envers du décor et la parole du réalisateur, écoutez le podcast en ligne sur Radio Solidarité.
Un silence plus fort que les mots
Dimanche matin, à 9h00, le RamDam Festival de Tournai ouvre sa journée avec La voix de Hind Raja. La salle est comble, le silence s’installe immédiatement. Tout au long de la projection, les regards restent fixés à l’écran, les émotions sont visibles, les yeux rougis par les larmes.
Lorsque le générique débute, personne ne se lève. Aucun bruit. Quelques lampes de téléphones s’allument timidement dans l’obscurité, révélant des visages marqués. Les spectateurs quittent finalement la salle dans un silence solennel, comme pour prolonger ce moment suspendu. Un instant rare, où le cinéma devient un espace de recueillement et de mémoire.
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