Breendonk

par | Juin 10, 2026 | Nos Vidéos | 0 commentaires

quand le devoir de mémoire devient un acte de résistance

Il y a un mois, Radio Solidarité accompagnait l’antenne namuroise de la Coalition du 8 Mai lors d’une journée de mémoire au Fort de Breendonk.

Deux cars, partis de Namur et d’Andenne, ont emmené près d’une centaine de participantes et participants vers ce lieu devenu l’un des symboles les plus marquants de la répression nazie en Belgique.

Militants associatifs, syndicalistes, enseignants, jeunes, citoyens engagés et simples visiteurs avaient répondu à l’appel de la Coalition du 8 Mai pour une journée qui allait bien au-delà d’une simple visite historique.

Car Breendonk n’est pas un musée comme les autres.

Breendonk est un lieu où l’Histoire continue de parler.

Un lieu où chaque mur, chaque couloir, chaque porte semble encore porter la mémoire de celles et ceux qui y furent enfermés, torturés, humiliés ou exécutés durant l’occupation nazie.

Une mémoire portée par la Coalition du 8 Mai

Durant le trajet, Baudouin Ferrand, coordinateur et porte-parole de la Coalition 8 Mai Namur, a rappelé l’origine et les objectifs de ce mouvement citoyen.

Née à l’initiative d’Hélène de Soutre, fille d’une résistante flamande victime de la répression nazie, la Coalition du 8 Mai poursuit trois objectifs essentiels : faire du 8 mai un jour férié en Belgique, rendre visibles les résistantes et résistants qui ont combattu le nazisme, et sensibiliser les citoyens aux dangers des idéologies racistes, xénophobes et fascistes qui continuent de menacer nos sociétés aujourd’hui.

Car le 8 mai n’est pas une simple date dans un manuel scolaire.

Le 8 mai marque la victoire sur le nazisme.

La victoire de la démocratie sur la barbarie.

La victoire de celles et ceux qui ont refusé de se soumettre.

Breendonk : la porte d’entrée du système concentrationnaire nazi

À leur arrivée, les visiteurs découvrent un lieu à l’apparence presque ordinaire.

Un fort militaire belge construit avant la Première Guerre mondiale pour défendre Anvers.

Mais derrière cette apparence se cache une autre réalité.

À partir de septembre 1940, Breendonk devient un camp de détention et d’interrogatoire administré par la SS. Contrairement à Auschwitz ou à d’autres camps d’extermination, Breendonk est avant tout destiné aux résistants arrêtés en Belgique et dans le nord de la France.

Comme l’explique le guide Régis Panisi, ce fort est la « porte d’entrée du système concentrationnaire nazi » pour les résistants.

Un lieu où l’on trie.

Un lieu où l’on interroge.

Un lieu où l’on torture.

Un lieu où l’on tente de briser les êtres humains avant leur déportation vers les camps allemands.

Le sas entre la liberté et l’enfer

Face à l’entrée du fort, les visiteurs découvrent une photographie des premiers responsables SS du camp.

Philippe Schmitt, premier commandant de Breendonk, y apparaît souriant aux côtés de ses collaborateurs.

Une image dérangeante.

Parce qu’elle rappelle que la barbarie ne porte pas toujours le visage que l’on imagine.

À quelques mètres de là se trouve la porte par laquelle sont passés des milliers de prisonniers.

Pour beaucoup, elle représentait le passage entre leur ancienne vie et l’inconnu.

Entre la liberté et l’enfer.

Ici, on pouvait être arrêté pour avoir distribué un journal clandestin.

Pour avoir aidé un pilote allié.

Pour avoir participé à un réseau de résistance.

Ou simplement parce qu’un voisin vous avait dénoncé.

Le camp de la mort lente

Les visiteurs pénètrent ensuite dans les anciennes chambrées.

Des pièces prévues à l’origine pour accueillir trente-deux prisonniers mais qui en contiendront parfois jusqu’à quarante-huit.

C’est ici que les détenus vivaient.

Ou plutôt survivaient.

Breendonk portait un surnom terrible :

Le camp de la mort lente.

Les prisonniers recevaient à peine 1200 calories par jour alors que les travaux forcés qu’ils devaient accomplir nécessitaient plus de 4000 calories quotidiennes.

La faim devenait une torture permanente.

Les corps s’affaiblissaient.

Les muscles disparaissaient.

Les maladies se multipliaient.

La fatigue devenait écrasante.

Et pourtant, chaque matin, les prisonniers étaient contraints de reprendre le travail.

Leur principale mission consistait à déterrer le fort lui-même.

À la pelle et à la brouette.

Sous les ordres des SS.

Sous les coups.

Sous les insultes.

Déshumaniser pour mieux dominer

Mais à Breendonk, la violence ne se limitait pas au travail forcé.

Tout était organisé pour détruire progressivement l’identité des prisonniers.

On leur retirait leur nom.

Ils devenaient un numéro.

Chaque geste était contrôlé.

Chaque déplacement était surveillé.

Même aller aux toilettes se faisait sur ordre.

Le système concentrationnaire nazi reposait sur une logique de déshumanisation totale.

Faire disparaître l’homme.

Faire disparaître la femme.

Ne laisser qu’un corps obéissant.

Ou mourant.

La salle de torture

Parmi les lieux les plus marquants du fort figure sans aucun doute la salle de torture.

Une pièce nue.

Une pièce froide.

Une pièce où résonnent encore les récits des survivants.

C’est ici que la Gestapo menait ses interrogatoires.

Les résistants y étaient frappés.

Suspendus.

Électrocutés.

Humiliés.

Torturés pendant des heures pour obtenir des informations sur leurs réseaux clandestins.

Pour beaucoup d’entre eux, l’objectif n’était pas de ne jamais parler.

L’objectif était de tenir le plus longtemps possible.

Quelques heures.

Quelques jours.

Parfois suffisamment longtemps pour permettre à d’autres camarades de disparaître dans la nature et d’échapper à l’arrestation.

Les femmes dans la résistance

La visite rappelle également une réalité trop souvent oubliée.

Les femmes ont joué un rôle essentiel dans la résistance.

Agents de liaison.

Passeuses.

Cacheuses de familles juives.

Messagères.

Combattantes.

Nombreuses furent celles qui passèrent elles aussi par Breendonk.

Elles y subirent les mêmes traitements que les hommes.

Les mêmes interrogatoires.

Les mêmes violences.

La même brutalité.

Le lieu des exécutions

À l’extérieur du fort, le parcours conduit les visiteurs vers le lieu d’exécution.

La potence.

Les poteaux de fusillade.

Le silence qui règne aujourd’hui contraste avec l’horreur qui s’est jouée ici.

Des résistants accusés d’actes précis y furent pendus.

D’autres furent fusillés comme otages en représailles à des actions de résistance menées ailleurs dans le pays.

Des hommes.

Des femmes.

Des jeunes parfois à peine plus âgés que les étudiants présents lors de cette visite.

Tous avaient un point commun :

Ils avaient refusé de céder à la peur.

Simon Gronowski : le visage de la survie

La visite se termine devant un wagon rappelant les convois de déportation.

Impossible alors de ne pas évoquer Simon Gronowski.

L’enfant qui sauta du vingtième convoi en direction d’Auschwitz après avoir été poussé hors du train par sa mère pour lui sauver la vie.

Aujourd’hui encore, à plus de quatre-vingt-dix ans, Simon Gronowski continue de témoigner dans les écoles et de transmettre cette mémoire aux nouvelles générations.

Parce que l’oubli est toujours le premier allié de la haine.

Une visite tournée vers le présent

Le message final des guides fut sans doute le plus important de toute cette journée.

Cette visite n’était pas un simple regard vers le passé.

Elle était une réflexion sur notre présent.

Et sur notre avenir.

Comme l’a rappelé Régis Panisi :

« Cet exercice n’est pas un exercice d’histoire. C’est un exercice d’une cruelle actualité. »

Partout dans le monde, des populations continuent d’être persécutées.

Partout dans le monde, des régimes autoritaires progressent.

Partout dans le monde, la démocratie reste fragile.

La visite de Breendonk nous rappelle que le fascisme n’arrive jamais d’un seul coup.

Il s’installe progressivement.

Par les discours de haine.

Par les discriminations.

Par la banalisation de l’inacceptable.

Par le silence de ceux qui regardent ailleurs.

Plus que jamais, le devoir de mémoire reste donc un devoir de vigilance.

Parce que se souvenir, ce n’est pas vivre dans le passé.

C’est protéger l’avenir.

Et parce qu’au fond, la meilleure manière d’honorer celles et ceux qui ont résisté hier reste encore de résister aujourd’hui à toutes les formes de haine, de racisme et d’exclusion.

Le recours aux droits :

Le recours aux droits :

Un premier podcast Viva les Droits enregistré en direct le 15 décembre 2025, consacré au recours aux droits et aux obstacles rencontrés par les citoyennes et citoyens. Avec des intervenantes de terrain, cette émission met en lumière les difficultés d’accès aux dispositifs sociaux et explore des pistes concrètes pour rendre les droits plus lisibles, plus accessibles et réellement effectifs.

Bretzels gourmands au fromage et aux herbes

Bretzels gourmands au fromage et aux herbes

En décembre, rien de tel qu’une petite gourmandise façon marché de Noël pour lancer les festivités. Nos bretzels gourmands au fromage et aux herbes apportent cette touche chaleureuse et conviviale qui met tout le monde dans l’ambiance du réveillon. Moelleux, dorés et parfumés… le goût simple d’un moment partagé.

Décembre, ce mois où l’on se retrouve… ou pas

Décembre, ce mois où l’on se retrouve… ou pas

Décembre n’est pas qu’un mois de fêtes.
C’est aussi celui où la solitude et la précarité se voient un peu plus fort.
Alors ouvrons les yeux, ouvrons les mains : un geste, un sourire, une attention peuvent changer la journée de quelqu’un.
Ce mois-ci, faisons de la solidarité notre vraie lumière.

Viva les DROITS

Viva les DROITS

Du quinze au dix-sept décembre deux mille vingt-cinq, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté et Radio Solidarité s’unissent pour une émission radio exceptionnelle : trois jours, en direct, pour faire entendre la voix de celles et ceux qui vivent les droits au quotidien. “Viva les droits – Pour que les droits existent”, c’est une parole venue du terrain, des premières et premiers concerné·es, pour rappeler que les droits ne sont réels que lorsqu’ils sont accessibles, utilisables et respectés.

Les murs parlaient en 68… Et que disent-ils aujourd’hui ?

Les murs parlaient en 68… Et que disent-ils aujourd’hui ?

En mai 68, les murs criaient la liberté : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire ».
Aujourd’hui, nos murs sont numériques, mais les luttes restent les mêmes.
Entre slogans d’hier et hashtags d’aujourd’hui, la parole populaire continue de se réinventer.
Radio Solidarité fait résonner ces voix d’hier et d’aujourd’hui : celles qui refusent le silence, celles qui rêvent encore d’un monde plus juste.

Les murs parlaient en 68… Aujourd’hui, c’est notre micro qui la porte.

Ange — Un hymne à la liberté, à la route et à l’humanité

Ange — Un hymne à la liberté, à la route et à l’humanité

Dans Ange (2025), Tony Gatlif signe un film profondément humain où la route, les visages et la musique tzigane deviennent les véritables acteurs.
Pas de fioritures ni d’artifice : juste la vie, la liberté et l’émotion brute.
Un voyage à ressentir plus qu’à comprendre, un hymne à la fraternité et à la beauté du monde.

Halloween s’achève… mais les souvenirs demeurent

Halloween s’achève… mais les souvenirs demeurent

À Walibi Belgium, devenu le mystérieux Ibilaw, un spectacle a marqué les esprits : « Bill : A Fairy Tale », une création signée Filipé Garcia. Entre danse, acrobatie et émotion, le metteur en scène — que nous avions rencontré lors de Namur en Mai — entraîne le public dans une légende sombre où un enfant happé par un miroir devient maître de ses propres cauchemars. Une performance immersive de 25 minutes qui transforme le conte en expérience sensorielle.

Journée mondiale des pâtes – 25 octobre

Journée mondiale des pâtes – 25 octobre

Le 25 octobre, on célèbre la Journée mondiale des pâtes, symbole universel de convivialité et de créativité culinaire. Nées il y a plus de 2000 ans, les pâtes ont traversé les époques pour devenir un plat incontournable dans le monde entier.
À cette occasion, découvrez une recette simple et raffinée : des pâtes fraîches maison accompagnées d’une sauce crémeuse au citron, au basilic et aux noisettes grillées. Une alliance parfaite entre douceur, fraîcheur et croquant, qui rend hommage à la gastronomie italienne tout en y ajoutant une touche d’originalité.

Manifestation nationale intersyndicale

Manifestation nationale intersyndicale

Radio Solidarité en direct de la manifestation nationale intersyndicale – Mardi 14 octobre

Ce mardi, dès 9h45, Radio Solidarité sera au cœur de la mobilisation à Bruxelles pour relayer les discours, témoignages et sons du cortège.
Une journée d’action unitaire pour défendre les pensions, le pouvoir d’achat et la justice sociale.

Contactez-nous

Les formulaires de contact sont relevés régulièrement, mais pas en continu. Si votre demande est urgente, nous vous invitons à nous contacter directement par e-mail à info@new-line.info
Contact Radio Solidarité
BAN porterais 300x600 1 1

Soutenez Radio Solidarité !

Soutenez Radio Solidarité, la voix qui unit !

adio Solidarité est une radio libre, citoyenne et indépendante. Nous ne recevons aucun subside public, car nous tenons à préserver notre autonomie éditoriale et à rester proches de celles et ceux qui font vivre la solidarité au quotidien.

Informer, éduquer, divertir et donner la parole à tous, c’est notre mission. Mais pour continuer à diffuser 24h/24, animer nos émissions, assurer la maintenance du matériel et couvrir les frais de fonctionnement, nous avons besoin de vous.

Chaque don, même modeste, nous aide à poursuivre cette belle aventure collective.
Vous pouvez faire un virement sur le compte de New Line Info asbl (VDK Banque) :
BE62 8940 0156 3461

Ensemble, faisons vivre la radio qui donne la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas ailleurs.

€25.59
sur €1500 donné
1.71%
de l’objectif
Montant du don
Fréquence des dons
2
Banniere728 90
Laurent
Author: Laurent

Plateforme de Gestion des Consentements par Real Cookie Banner