Drois a l’allimentation…
la dignité ne se distribue pas en colis
Série : Viva les Droits (12 épisodes)
Épisode :6 / 12
Dates de la série : du 15 au 17 décembre 2025
Date d’enregistrement :
Mardi 16 décembre 2025,Horaire :10h00 – 12h00
Animation / Intervention principale :Christine Mahy
Pendant trois jours, Radio Solidarité a installé son studio dans les murs du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, à Namur, pour une émission spéciale : Viva les Droits.
Des émissions longues, rares aujourd’hui, qui permettent d’aller au fond : des témoignages, des expériences de terrain, des projets concrets… et une même boussole : les droits structurants.
Dans cet épisode, place à un droit fondamental et pourtant trop souvent réduit à l’urgence : le droit à l’alimentation.
Avec une question posée d’emblée, frontalement :
Charité alimentaire… ou droit des vivres ?
“Bien manger” n’est pas un luxe : c’est un droit
Dans l’émission, une idée revient comme un fil rouge : manger, c’est tous les jours.
Quand le “portefeuille est plat”, la casserole vide n’est pas un concept : c’est une contrainte quotidienne, répétée, épuisante.
Et surtout : ce droit ne se résume pas à recevoir quelque chose. Il doit permettre une alimentation :
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de qualité
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en suffisance
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librement choisie
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dans la dignité
C’est précisément là que la charité alimentaire montre ses limites : colis non choisis, files, contrôles, attestations, sentiment d’être jugé… et parfois même gaspillage parce que ce qui est donné ne correspond pas aux besoins ou aux habitudes.
Le message est clair : la société ne peut pas se contenter de “réparer la faim”. Elle doit garantir un droit réel.
JADAC : reprendre la main, au champ, avec une communauté de “mangeurs”
Premier témoignage : Pierre Berthiaud, du Jardin d’à côté (JADAC) à Jambes.
Son projet part d’un constat concret : la terre disponible en ville est rare. Alors l’initiative s’installe dans des jardins de particuliers, de manière temporaire, avec une charte (bio, sans chimie), et une logique de proximité.
Le fonctionnement est pensé comme une agriculture soutenue par la communauté :
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on devient membre à l’année
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on vient au champ pendant les plages d’ouverture
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on récolte ce dont on a besoin (logique de confiance)
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les risques (maladies, pertes) ne reposent pas uniquement sur le maraîcher
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une “épicerie au milieu du champ” permet aussi de compléter ses courses
Pierre insiste sur un choix fort : ne pas grossir et mécaniser, mais essaimer : créer d’autres petites unités, ailleurs, avec un maraîcher référent, pour rester humain, soutenable et cohérent.
Et pour l’accessibilité ? Une caisse de solidarité a été testée, mais l’émission met en lumière une réalité : l’engagement à l’année est trop lourd pour des personnes en précarité. Le projet cherche donc des modèles plus souples.Recherche participative : “la parole des gens est d’or”
Deuxième moment fort : la recherche participative menée avec RTA autour du Droit des vivres, présentée au téléphone par Jacqueline Fastré.
Ce que rappelle Jacqueline, c’est la différence essentielle avec une recherche “classique” :
ici, la recherche est construite du début jusqu’à la fin avec les personnes concernées, pas seulement “sur” elles.
Elle résume sa méthode avec deux principes simples :
-
écouter vraiment, même quand ça semble “hors sujet”
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partir des vécus avant d’arriver à une interprétation
Un autre élément clé : garder une trace concrète de tout ce qui a traversé le processus (rencontres, visites, carnets de bord, outils). Parce que ce travail doit devenir un outil politique, capable d’alimenter le débat, et pas un document qui dort.
Paysans Artisans : le juste prix… et l’accès pour tous
Arrive ensuite Thérèse-Marie Bouchat, responsable de la coopérative Paysans Artisans : producteurs + consommateurs, implantée sur une dizaine de communes autour de Namur, avec :
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9 magasins de quartier/village
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une vente en ligne
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une activité de grossiste (écoles, épiceries, lieux d’hébergement, etc.)
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un travail en direct avec 170 producteurs
L’objectif assumé : le juste prix pour les producteurs.
Mais la coopérative refuse une société “cloisonnée” :
un système où l’alimentation de qualité serait réservée à une catégorie.
Et c’est là que l’émission aborde un point très concret, né d’un “choc” réel : certaines personnes, lors des premières visites, se sont dit : “c’est impayable”. Pas par caprice, mais parce que le budget est déjà mangé par le logement et les charges.
La carte -50% : une solidarité sans humiliation
Paysans Artisans met alors en place un dispositif basé sur un mot que l’émission répète souvent : confiance.
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une réduction de 50%
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un plafond indicatif de 200 € / mois
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pas de contrôle humiliant
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pas besoin de “prouver” sa pauvreté au magasin
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fonctionnement via des groupes “opérateurs de confiance” (maisons médicales, relais sociaux, services sociaux, etc.)
La question logique arrive : qui paye la différence ?
Réponse expliquée à l’antenne :
une caisse de solidarité, alimentée par :
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des cartes de soutien vendues 3 €
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un soutien public (Région wallonne)
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un financement complémentaire (ex. Loterie Nationale)
L’idée : préserver le juste prix producteur sans écraser les publics précarisés.
“Un tapis rouge” : quand l’accès redevient humain
La partie la plus forte, c’est le vécu militant.
Anne raconte le basculement : des périodes “correctes”, puis les revenus chutent, et là… la pauvreté s’installe, avec un sentiment violent : être “dans le local poubelle de la société”.
Ce que cette expérience a changé pour elle ?
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être accueillie
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être écoutée
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ne pas être prise pour “une imbécile”
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pouvoir poser des questions, comprendre les financements
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ne pas devoir s’épuiser dans des démarches (“papier, contrôle, condition”)
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et surtout : ne pas être stigmatisée
Virginie le dit aussi très clairement : venir au magasin avec une carte discrète, qui ressemble à d’autres, diminue la peur du regard.
Et au-delà du prix : visiter la logistique, les fermes, comprendre le travail derrière… ça reconnecte producteurs et consommateurs. Ça redonne du sens.
Un détail très concret ressort : manger des produits de qualité, c’est parfois acheter moins mais être plus vite rassasié, parce que la nourriture nourrit réellement.
Biscoop & “La Class” : vers une sécurité sociale de l’alimentation ?
Dernier éclairage : Martin, de Biscoop (supermarché coopératif à Schaerbeek).
Le modèle : membres-propriétaires, participation au travail du magasin, marge réduite, alimentation de qualité moins chère.
Mais Martin le reconnaît : malgré cela, certains restent exclus. D’où un pas de plus : La Class (Caisse Locale d’Alimentation Solidaire).
Le principe (tel que décrit au micro) :
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une caisse où les gens cotisent selon revenus/patrimoine
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chaque membre reçoit 150 € à dépenser dans des commerces conventionnés
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personne ne sait combien l’autre a cotisé
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objectif : dignité + démocratie alimentaire
Et là, l’émission élargit : une branche “alimentation” dans la sécurité sociale ?
Le RWLP se dit favorable à l’idée, tout en rappelant le cœur du combat : des revenus suffisants. Car sinon, on colmate sans libérer.
Une conclusion simple : décloisonner, se rencontrer, reconstruire
Thérèse-Marie le résume à sa manière : refuser les “magasins division 1, division 2, division 3”.
Faire se croiser les mondes. Déstigmatiser. Mélanger “dans le bon sens du terme”.
Anne conclut : “Frottons-nous”. Parlons-nous. Décloisonnons.
Et l’alimentation est un levier puissant, parce qu’elle crée du lien : cuisiner, se mettre à table, discuter, reprendre une vie normale.
Laurent Frémal
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