Drois a l’allimentation…

par | Fév 11, 2026 | Nos Podcasts, Viva les Droits 2025 | 0 commentaires

la dignité ne se distribue pas en colis

Série : Viva les Droits (12 épisodes)
Épisode :6 / 12
Dates de la série : du 15 au 17 décembre 2025

Date d’enregistrement :
Mardi 16 décembre 2025,Horaire :10h00 – 12h00

Animation / Intervention principale :Christine Mahy

Pendant trois jours, Radio Solidarité a installé son studio dans les murs du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, à Namur, pour une émission spéciale : Viva les Droits.
Des émissions longues, rares aujourd’hui, qui permettent d’aller au fond : des témoignages, des expériences de terrain, des projets concrets… et une même boussole : les droits structurants.

Dans cet épisode, place à un droit fondamental et pourtant trop souvent réduit à l’urgence : le droit à l’alimentation.
Avec une question posée d’emblée, frontalement :

Charité alimentaire… ou droit des vivres ?

“Bien manger” n’est pas un luxe : c’est un droit

Dans l’émission, une idée revient comme un fil rouge : manger, c’est tous les jours.
Quand le “portefeuille est plat”, la casserole vide n’est pas un concept : c’est une contrainte quotidienne, répétée, épuisante.

Et surtout : ce droit ne se résume pas à recevoir quelque chose. Il doit permettre une alimentation :

  • de qualité

  • en suffisance

  • librement choisie

  • dans la dignité

C’est précisément là que la charité alimentaire montre ses limites : colis non choisis, files, contrôles, attestations, sentiment d’être jugé… et parfois même gaspillage parce que ce qui est donné ne correspond pas aux besoins ou aux habitudes.

Le message est clair : la société ne peut pas se contenter de “réparer la faim”. Elle doit garantir un droit réel.

JADAC : reprendre la main, au champ, avec une communauté de “mangeurs”

Premier témoignage : Pierre Berthiaud, du Jardin d’à côté (JADAC) à Jambes.

Son projet part d’un constat concret : la terre disponible en ville est rare. Alors l’initiative s’installe dans des jardins de particuliers, de manière temporaire, avec une charte (bio, sans chimie), et une logique de proximité.

Le fonctionnement est pensé comme une agriculture soutenue par la communauté :

  • on devient membre à l’année

  • on vient au champ pendant les plages d’ouverture

  • on récolte ce dont on a besoin (logique de confiance)

  • les risques (maladies, pertes) ne reposent pas uniquement sur le maraîcher

  • une “épicerie au milieu du champ” permet aussi de compléter ses courses

Pierre insiste sur un choix fort : ne pas grossir et mécaniser, mais essaimer : créer d’autres petites unités, ailleurs, avec un maraîcher référent, pour rester humain, soutenable et cohérent.

Et pour l’accessibilité ? Une caisse de solidarité a été testée, mais l’émission met en lumière une réalité : l’engagement à l’année est trop lourd pour des personnes en précarité. Le projet cherche donc des modèles plus souples.Recherche participative : “la parole des gens est d’or”

Deuxième moment fort : la recherche participative menée avec RTA autour du Droit des vivres, présentée au téléphone par Jacqueline Fastré.

Ce que rappelle Jacqueline, c’est la différence essentielle avec une recherche “classique” :
ici, la recherche est construite du début jusqu’à la fin avec les personnes concernées, pas seulement “sur” elles.

Elle résume sa méthode avec deux principes simples :

  • écouter vraiment, même quand ça semble “hors sujet”

  • partir des vécus avant d’arriver à une interprétation

Un autre élément clé : garder une trace concrète de tout ce qui a traversé le processus (rencontres, visites, carnets de bord, outils). Parce que ce travail doit devenir un outil politique, capable d’alimenter le débat, et pas un document qui dort.

Paysans Artisans : le juste prix… et l’accès pour tous

Arrive ensuite Thérèse-Marie Bouchat, responsable de la coopérative Paysans Artisans : producteurs + consommateurs, implantée sur une dizaine de communes autour de Namur, avec :

  • 9 magasins de quartier/village

  • une vente en ligne

  • une activité de grossiste (écoles, épiceries, lieux d’hébergement, etc.)

  • un travail en direct avec 170 producteurs

L’objectif assumé : le juste prix pour les producteurs.
Mais la coopérative refuse une société “cloisonnée” :
un système où l’alimentation de qualité serait réservée à une catégorie.

Et c’est là que l’émission aborde un point très concret, né d’un “choc” réel : certaines personnes, lors des premières visites, se sont dit : “c’est impayable”. Pas par caprice, mais parce que le budget est déjà mangé par le logement et les charges.

La carte -50% : une solidarité sans humiliation

Paysans Artisans met alors en place un dispositif basé sur un mot que l’émission répète souvent : confiance.

  • une réduction de 50%

  • un plafond indicatif de 200 € / mois

  • pas de contrôle humiliant

  • pas besoin de “prouver” sa pauvreté au magasin

  • fonctionnement via des groupes “opérateurs de confiance” (maisons médicales, relais sociaux, services sociaux, etc.)

La question logique arrive : qui paye la différence ?

Réponse expliquée à l’antenne :
une caisse de solidarité, alimentée par :

  • des cartes de soutien vendues 3 €

  • un soutien public (Région wallonne)

  • un financement complémentaire (ex. Loterie Nationale)

L’idée : préserver le juste prix producteur sans écraser les publics précarisés.

“Un tapis rouge” : quand l’accès redevient humain

La partie la plus forte, c’est le vécu militant.

Anne raconte le basculement : des périodes “correctes”, puis les revenus chutent, et là… la pauvreté s’installe, avec un sentiment violent : être “dans le local poubelle de la société”.

Ce que cette expérience a changé pour elle ?

  • être accueillie

  • être écoutée

  • ne pas être prise pour “une imbécile”

  • pouvoir poser des questions, comprendre les financements

  • ne pas devoir s’épuiser dans des démarches (“papier, contrôle, condition”)

  • et surtout : ne pas être stigmatisée

Virginie le dit aussi très clairement : venir au magasin avec une carte discrète, qui ressemble à d’autres, diminue la peur du regard.
Et au-delà du prix : visiter la logistique, les fermes, comprendre le travail derrière… ça reconnecte producteurs et consommateurs. Ça redonne du sens.

Un détail très concret ressort : manger des produits de qualité, c’est parfois acheter moins mais être plus vite rassasié, parce que la nourriture nourrit réellement.

Biscoop & “La Class” : vers une sécurité sociale de l’alimentation ?

Dernier éclairage : Martin, de Biscoop (supermarché coopératif à Schaerbeek).
Le modèle : membres-propriétaires, participation au travail du magasin, marge réduite, alimentation de qualité moins chère.

Mais Martin le reconnaît : malgré cela, certains restent exclus. D’où un pas de plus : La Class (Caisse Locale d’Alimentation Solidaire).

Le principe (tel que décrit au micro) :

  • une caisse où les gens cotisent selon revenus/patrimoine

  • chaque membre reçoit 150 € à dépenser dans des commerces conventionnés

  • personne ne sait combien l’autre a cotisé

  • objectif : dignité + démocratie alimentaire

Et là, l’émission élargit : une branche “alimentation” dans la sécurité sociale ?
Le RWLP se dit favorable à l’idée, tout en rappelant le cœur du combat : des revenus suffisants. Car sinon, on colmate sans libérer.

Une conclusion simple : décloisonner, se rencontrer, reconstruire

Thérèse-Marie le résume à sa manière : refuser les “magasins division 1, division 2, division 3”.
Faire se croiser les mondes. Déstigmatiser. Mélanger “dans le bon sens du terme”.

Anne conclut : “Frottons-nous”. Parlons-nous. Décloisonnons.
Et l’alimentation est un levier puissant, parce qu’elle crée du lien : cuisiner, se mettre à table, discuter, reprendre une vie normale.

Laurent Frémal

LaSemo

LaSemo

Au cœur de LaSemo, il existe un endroit où le temps semble ralentir. Loin des scènes et de l’effervescence du festival, l’Espace Zen invite les festivaliers à faire une pause, respirer, se reconnecter à la nature et à eux-mêmes. Une autre façon de vivre LaSemo, fidèle à ses valeurs humaines et engagées.

Skarbone 14

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Depuis 25 ans, Skarbone 14 fait du ska-punk un véritable outil d’expression sociale. À LaSemo, Radio Solidarité est partie à la rencontre d’un groupe qui mêle musique, engagement et humanité, avec une conviction intacte : écouter l’autre est déjà un acte de solidarité.

50 ans de CPAS :

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Cette émission spéciale n’a pas pour objectif de désigner des coupables. Elle invite à comprendre, à écouter et à réfléchir collectivement à l’avenir de notre modèle social.

Cinquante ans après leur création, les CPAS restent un pilier essentiel de la solidarité. Mais une question demeure : voulons-nous leur donner les moyens d’accomplir pleinement leur mission de garantir à chacun une vie conforme à la dignité humaine ?

Les Solidarités 2026 :

Les Solidarités 2026 :

Radio Solidarité a assisté à la conférence de presse officielle des Solidarités 2026. Cette 12ᵉ édition, qui se déroulera les 4, 5 et 6 septembre à Écolys (Namur), s’annonce riche en nouveautés : un site agrandi et repensé, la création d’un nouvel espace baptisé Le Phare, une offre familiale renforcée, le lancement de la première application officielle du festival et une programmation réunissant de nombreux artistes de renom. Fidèle à son ADN, Les Solidarités continuent de faire rimer musique, citoyenneté, engagement associatif et vivre-ensemble. Radio Solidarité sera présente tout au long du festival pour vous faire vivre l’événement de l’intérieur.

Passoires l’hiver, bouilloires l’été :

Passoires l’hiver, bouilloires l’été :

Quand le logement ne protège plus, la précarité devient une question de survie. En hiver, les passoires énergétiques condamnent les plus fragiles au froid. En été, ces mêmes logements se transforment en véritables bouilloires thermiques. Face aux canicules répétées, personnes âgées, familles précaires, locataires, malades chroniques et habitants des quartiers populaires sont en première ligne. Une urgence sociale, sanitaire et climatique.

50 ans de CPAS…

50 ans de CPAS…

À l’occasion des 50 ans des CPAS, Radio Solidarité et le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) proposent une émission spéciale consacrée à l’avenir de l’aide sociale. Témoignages, analyses et regards croisés donneront la parole aux bénéficiaires, aux travailleurs de terrain, aux responsables politiques et aux acteurs associatifs pour interroger une question essentielle : cinquante ans après la loi organique, le droit à la dignité est-il toujours une réalité ? Une émission à écouter le 8 juillet à 10h et 18h, puis en podcast.

Plus de 10 000 personnes dans les rues de Namur

Plus de 10 000 personnes dans les rues de Namur

Plus de 10 000 personnes ont défilé ce 16 juin 2026 entre la gare de Namur et le Parlement wallon. À l’appel du front commun syndical et de nombreuses associations, la mobilisation a dénoncé les politiques d’austérité et défendu les services publics. Radio Solidarité était sur le terrain.

Nous étions partis avec de l’aide,

Nous étions partis avec de l’aide,

Quelques heures après la grande manifestation pour la paix organisée à Bruxelles le 14 juin 2026, Radio Solidarité a rencontré Mo, membre belge de la Global Sumud Flotilla et d’origine palestinienne.

De retour d’une mission humanitaire à destination de Gaza, il revient face à notre caméra sur son arrestation, sa détention et les moments de peur qu’il affirme avoir vécus après l’interception de la flottille. Il raconte également pourquoi, malgré cette épreuve, il continue de croire qu’une paix juste reste possible.

Un témoignage fort qui permet de mieux comprendre ce que vivent celles et ceux qui choisissent de s’engager sur le terrain.

Breendonk

Breendonk

Il y a un mois, Radio Solidarité accompagnait l’antenne namuroise de la Coalition du 8 Mai lors d’une visite mémorielle au Fort de Breendonk. À travers les témoignages des guides, les récits des résistants et la découverte de ce lieu emblématique de la répression nazie en Belgique, cette journée a rappelé une évidence : la mémoire n’est pas tournée vers le passé, elle est un outil essentiel pour défendre la démocratie et résister aux idéologies de haine qui menacent encore nos sociétés aujourd’hui.

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Author: Laurent

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