Statut cohabitant : un système injuste à abolir de toute urgence

par | Juil 23, 2025 | Nos Articles | 0 commentaires

Une injustice sociale en plein cœur de l’État : stoppons le statut qui criminalise la cohabitation.

En Belgique, vivre sous le même toit peut coûter très cher. Le statut de cohabitant, imposé à des centaines de milliers de personnes, réduit drastiquement leurs allocations simplement parce qu’elles partagent un logement. Un système absurde, injuste et dépassé, qui pénalise la solidarité, l’amour, l’amitié… et surtout les plus précaires. Il est temps d’y mettre fin.

Statut cohabitant : un système injuste à abolir de toute urgence

Un piège social vieux de 50 ans

Créé dans les années 70 avec la loi sur le Minimex (ancêtre du revenu d’intégration sociale), le statut de cohabitant repose sur une idée dépassée : partager un logement signifie partager ses ressources. Une logique paternaliste, issue d’une époque où “la femme au foyer” dépendait du revenu de son mari. En 2025, cette norme ne tient plus.

Aujourd’hui, familles recomposées, colocs solidaires, habitats intergénérationnels et seniors isolés sont la réalité quotidienne. Pourtant, ce statut continue de pénaliser ceux qui vivent ensemble, peu importe leur lien réel ou économique.

Une pénalité financière injustifiable

Perdre jusqu’à 33 % de ses allocations

Le taux cohabitant signifie une réduction drastique des allocations sociales. Par exemple :

  • Un chômeur isolé touche environ 1200 €/mois

  • Le même chômeur, vivant avec quelqu’un, passe à 800 €/mois

Et ce, même s’il n’y a aucune solidarité financière entre eux.

“Je paie ma part du loyer, de la nourriture, de tout. Pourtant, on me considère comme ‘à charge’.” – Lisa, cohabitante forcée

Le piège de l’amour… ou de l’amitié

De nombreuses personnes doivent cacher leur relation, ou renoncer à vivre ensemble, sous peine de perdre leur droit. Une situation qui détruit des vies, empêche les solidarités naturelles et enfonce les plus précaires dans l’isolement.

Des impacts graves sur des publics déjà fragiles

Les femmes en première ligne

Les femmes, souvent en emploi précaire ou à temps partiel, sont les grandes perdantes du statut de cohabitant. Le fait de vivre avec un partenaire (même s’il est aussi pauvre qu’elles) peut suffire à perdre tout droit au chômage ou à des allocations.

“J’ai arrêté de chercher un logement partagé. Je préfère payer plus cher, seule, que perdre mes droits.” – Aïcha, 26 ans

Les seniors et les habitats solidaires en danger

Des initiatives comme les habitats groupés ou intergénérationnels sont freinées. Des personnes âgées refusent d’accueillir un·e colocataire par crainte d’une révision à la baisse de leur pension ou RIS. C’est une absurdité sociale dans un pays en crise du logement.

Une exception belge coûteuse et inefficace

Ce mécanisme n’existe ni en France, ni aux Pays-Bas, ni en Allemagne. Il est propre à la Belgique, et ne tient pas compte de la réalité économique ou sociale.

Et pourtant, il touche :

  • 584 000 personnes en Belgique

  • Principalement les chômeurs, les bénéficiaires du RIS et les invalides

L’État y gagne-t-il vraiment ? Pas si sûr. Selon la Cour des comptes, supprimer le statut coûterait 1,86 milliard d’euros, soit 0,35 % du PIB. Une goutte d’eau par rapport aux dépenses fiscales belges.

La colère monte : ils témoignent

“Ma compagne est invalide. Sa pension est calculée comme si je la prenais en charge. En réalité, je suis moi-même précaire. Mais l’administration n’en tient pas compte.”

“J’ai dû mentir sur ma situation pour ne pas perdre mes allocations. Ce statut pousse à la fraude et à la honte.”

“J’aide ma mère âgée en vivant chez elle. Pour l’ONEm, je suis son soutien. Résultat : je suis pénalisé de 400 € par mois.”

La mobilisation s’intensifie : Stop au statut cohabitant !

Depuis 2020, plus de 20 associations et réseaux de lutte contre la pauvreté mènent campagne pour son abolition. Le RWLP, le BAPN, la Fédération des CPAS, des syndicats comme la FGTB, des maisons de jeunes, des groupes féministes, tous disent stop.

Leur proposition est simple :

 Remplacer le taux cohabitant par un statut individuel de base
 Ajouter des suppléments en fonction des charges effectives, et non du logement partagé
 Mettre fin aux logiques intrusives de “contrôle du domicile”

Et les partis politiques ? Qui suit… et qui freine ?

Avant les élections, plusieurs partis ont affiché leur soutien à l’abolition du statut cohabitant :

Parti politique Position sur le statut cohabitant
PS POUR sa suppression
Ecolo POUR
PTB POUR
Les Engagés POUR
DéFI MITIGÉ
MR CONTRE

Malgré les discours, rien n’est encore inscrit dans l’accord de gouvernement. Il est donc urgent de maintenir la pression.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  • Signer l’appel citoyen sur stop-statut-cohabitant.be

  • Témoigner publiquement ou anonymement

  • Interpeller votre député·e ou conseiller communal

  • Partager la campagne sur vos réseaux

Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes. Parce que la solidarité ne doit pas être une source de punition.

Vivre ensemble ne devrait jamais appauvrir

Le statut cohabitant est un vestige d’un autre temps, une machine à produire de la pauvreté, à décourager la solidarité de proximité et à punir les plus faibles.

La Belgique a une chance de réparer cette injustice historique.

C’est maintenant ou jamais.

Laurent Frémal

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