DOSSIER D’ENQUÊTE – Fracture numérique

par | Mai 23, 2025 | Nos Articles, Dossier | 0 commentaires

en 2025, une urgence toujours invisible

En 2025, alors que l’intelligence artificielle, les démarches en ligne, les formations à distance ou les applications mobiles font partie intégrante de notre quotidien, une partie importante de la population belge reste mise à l’écart. On appelle cela la fracture numérique. Un mot souvent entendu, rarement compris dans toute son ampleur.

Ce dossier ne propose pas de solution toute faite, mais une exploration lucide : qu’entend-on par fracture numérique en 2025 ? Qui est concerné ? Que peuvent les technologies, et notamment l’IA, pour lutter contre ce phénomène ? Et surtout : quelles pistes de réflexion devons-nous collectivement suivre pour que cette fracture ne devienne pas un gouffre ?

1. Fracture numérique : définition actualisée en 2025

Traditionnellement, on définissait la fracture numérique comme l’écart entre ceux qui ont accès à Internet et ceux qui ne l’ont pas. Mais en 2025, cette définition est dépassée. En Belgique, 95 % des foyers sont désormais connectés. Pourtant, le fossé ne s’est pas refermé.

Aujourd’hui, on distingue trois niveaux de fracture numérique :

  • L’accès : ne pas avoir d’appareil (ordinateur, tablette), une mauvaise connexion ou aucun abonnement.

  • Les compétences : savoir utiliser un navigateur, envoyer un mail, remplir un formulaire, reconnaître une arnaque.

  • L’usage critique : comprendre les enjeux, sécuriser ses données, distinguer le vrai du faux, utiliser l’IA sans se faire manipuler.

C’est ce troisième niveau, plus invisible, qui est désormais le plus préoccupant. Car être connecté ne signifie pas être inclus.

2. Qui sont les invisibles du numérique ?

La fracture numérique touche un public hétérogène, souvent déjà fragilisé par d’autres inégalités :

  • Les seniors, confrontés à des outils qui changent trop vite, et souvent mal accompagnés.

  • Les personnes en situation de précarité, pour qui le numérique est un luxe ou une source d’humiliation.

  • Les personnes peu alphabétisées, qui rencontrent un double obstacle : linguistique et technique.

  • Les personnes migrantes, qui doivent comprendre un système administratif étranger, souvent 100% digitalisé.

  • Les jeunes en rupture scolaire, qui maîtrisent TikTok, mais pas un PDF, un e-mail ou une visioconférence.

  • Les personnes handicapées, quand les sites ne sont pas pensés pour l’accessibilité.

  • Les familles monoparentales, souvent seules face aux devoirs numériques ou aux démarches pour les enfants.

Ce ne sont pas des exceptions. Ce sont des millions de personnes. En 2024, 1 Belge sur 4 déclarait ne pas être à l’aise avec l’administration en ligne.

3. Technologies : espoir ou illusion ?

Les outils numériques sont partout, y compris dans le secteur social : simulateurs de droits, applications pour trouver un logement, plateformes de formation gratuite…

Mais ces outils posent une question : pour qui sont-ils pensés ? Trop souvent, les plateformes sont créées sans concertation avec les publics vulnérables, ce qui les rend illisibles, voire inutilisables.

Le numérique peut exclure sans le vouloir, par des choix de design, de vocabulaire, ou de format. Mais il peut aussi devenir un formidable levier, à condition d’être accompagné humainement.

Des associations innovent :

  • Des ateliers d’initiation numérique dans les maisons de quartier.

  • Des espaces publics numériques (EPN) avec des animateurs formés.

  • Des vidéos pédagogiques traduites pour les primo-arrivants.

  • Des formations ludiques sur smartphone.

Le défi n’est pas de distribuer des tablettes, mais de donner du sens à leur usage.

4. IA : un nouvel outil pour l’inclusion numérique ?

L’intelligence artificielle – ChatGPT, traducteurs automatiques, générateurs de documents – peut sembler intimidante. Et pourtant, elle offre un potentiel immense pour ceux qui en sont éloignés.

Voici quelques usages concrets et accessibles :

  • Rédiger un CV ou une lettre de motivation, même quand on ne maîtrise pas bien le français.

  • Comprendre un document administratif en posant des questions simples à une IA.

  • Traduire instantanément un message ou une procédure.

  • Créer une présentation visuelle (via Canva + IA) sans formation technique.

  • Réécouter un contenu compliqué en version simplifiée.

Mais cela pose des questions éthiques et pratiques :

  • Qui contrôle l’information générée ?

  • Comment éviter la désinformation ?

  • Qui accompagne l’usager dans cette utilisation ?

  • Comment ne pas créer une dépendance à un outil qu’on ne comprend pas ?

L’IA ne doit pas remplacer l’humain. Elle doit l’augmenter, dans un cadre éthique, social, pédagogique.

5. Et maintenant ? Réflexions pour demain

Plutôt que d’empiler des solutions, posons quelques questions fondamentales :

Le numérique doit-il être un droit fondamental reconnu ?

Accéder à ses droits en ligne est aujourd’hui aussi vital que l’accès à l’eau ou à l’électricité. Ne pas avoir de connexion stable ou de compétences numériques, c’est être privé d’autonomie.

Peut-on concevoir des outils à partir de la parole des usagers ?

Et si on écoutait les bénéficiaires avant de créer les services numériques ? Cela éviterait bien des échecs.

Comment valoriser les compétences informelles ?

Savoir faire un montage sur smartphone, utiliser WhatsApp pour communiquer avec une administration, aider un voisin à remplir un formulaire, ce sont des compétences numériques. Pourquoi ne pas les reconnaître ?

Le lien social peut-il être recréé par le numérique ?

L’accompagnement doit être collectif, humain, chaleureux. Une salle avec du wifi, ce n’est pas de l’inclusion. Une main tendue, oui.

Fracture ou faille ?

La fracture numérique est une faille dans notre démocratie. Elle ne se voit pas. Elle ne crie pas. Mais elle marginalise des milliers de personnes chaque jour.

En 2025, il ne suffit plus de distribuer des ordinateurs ou d’installer la fibre. Il faut former, écouter, accompagner. Il faut aussi politiser cette question, sans la réduire à une compétence technique. Parce qu’au fond, lutter contre la fracture numérique, c’est lutter pour une société plus juste, plus accessible, plus humaine.

Laurent Frémal

RamDam Festival Tournai :

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Radio Solidarité au Ramdam Festival
Jusqu’au 26 janvier, Radio Solidarité se mobilise pour vous faire vivre le festival du film qui dérange. Déjà présents en amont pour découvrir les pépites de la programmation, nous vous proposerons des chroniques courtes, des reportages audio, des rencontres engagées et des regards croisés, notamment autour de Balance ton short, du CMGV et d’un film marquant sur les réalités roms. Une invitation à réfléchir… et à rejoindre Tournai.

Les murs parlaient en 68… Et que disent-ils aujourd’hui ?

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En mai 68, les murs criaient la liberté : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire ».
Aujourd’hui, nos murs sont numériques, mais les luttes restent les mêmes.
Entre slogans d’hier et hashtags d’aujourd’hui, la parole populaire continue de se réinventer.
Radio Solidarité fait résonner ces voix d’hier et d’aujourd’hui : celles qui refusent le silence, celles qui rêvent encore d’un monde plus juste.

Les murs parlaient en 68… Aujourd’hui, c’est notre micro qui la porte.

Ange — Un hymne à la liberté, à la route et à l’humanité

Ange — Un hymne à la liberté, à la route et à l’humanité

Dans Ange (2025), Tony Gatlif signe un film profondément humain où la route, les visages et la musique tzigane deviennent les véritables acteurs.
Pas de fioritures ni d’artifice : juste la vie, la liberté et l’émotion brute.
Un voyage à ressentir plus qu’à comprendre, un hymne à la fraternité et à la beauté du monde.

Halloween s’achève… mais les souvenirs demeurent

Halloween s’achève… mais les souvenirs demeurent

À Walibi Belgium, devenu le mystérieux Ibilaw, un spectacle a marqué les esprits : « Bill : A Fairy Tale », une création signée Filipé Garcia. Entre danse, acrobatie et émotion, le metteur en scène — que nous avions rencontré lors de Namur en Mai — entraîne le public dans une légende sombre où un enfant happé par un miroir devient maître de ses propres cauchemars. Une performance immersive de 25 minutes qui transforme le conte en expérience sensorielle.

FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée

FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée

Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’achève sur une note forte, humaine et engagée. Une édition plus courte, mais toujours vibrante, marquée par la nouveauté des séances de rattrapage et notre coup de cœur : Muganga – Celui qui soigne, avec Babetida Sadjo. Entre émotions, rencontres et saveurs partagées, Radio Solidarité était une fois encore au cœur du FIFF… et de la vie.

La Danse des renards

La Danse des renards

Entre compétition et amitié, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore la fragilité des liens humains dans un univers de boxe où la force cache souvent la douleur. Porté par Samuel Kircher et Fayçal Anaflous, ce film sensible et sincère montre que même les tempêtes n’effacent jamais complètement l’amitié : il en reste toujours une trace au fond du cœur. Une belle leçon de vie pour toutes les générations.

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !

Cap Farewell

Cap Farewell

Présenté en avant-première au FIFF, Cap Farewell de Vanja d’Alcantara plonge dans un drame ancré sur nos côtes, entre ombres du passé et lumière d’un phare symbolique. Avec Noée Abita, Olivier Gourmet, Pascale Buissière et Max Simoni, le film explore la reconstruction difficile d’une jeune mère sortie de prison, tiraillée entre loyauté, culpabilité et désir de rédemption. Un récit intimiste, fort et pudique, où la lumière vacille mais ne s’éteint jamais.

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Author: Laurent

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