Nous étions partis avec de l’aide,
nous sommes revenus avec un témoignage
Un membre belge de la Global Sumud Flotilla raconte son arrestation
Bruxelles, le 14 juin 2026. Quelques milliers de personnes ont défilé dimanche dans les rues de Bruxelles pour réclamer davantage de paix, de justice sociale et une réduction des investissements dans l’armement. Parmi les manifestants, Radio Solidarité a rencontréMo, membre belge de laGlobal Sumud Flotilla, de retour depuis peu d’une mission humanitaire à destination de Gaza.
Encore marqué par les événements, il revient sur ce qu’il décrit comme l’une des expériences les plus éprouvantes de sa vie.
Une mission humanitaire interrompue
La Global Sumud Flotilla rassemble des citoyens de nombreux pays qui souhaitent acheminer de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza et attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation de la population civile.
Selon Mo, les premiers jours de navigation se sont déroulés dans une ambiance fraternelle.
« Nous étions heureux de pouvoir faire cette mission, de participer à briser le siège et d’apporter de l’aide. »
Mais cette sérénité n’aura duré qu’un temps.
« Tout a changé en quelques minutes »
Le militant belge raconte que l’interception du navire par les forces israéliennes a brutalement fait basculer la mission.
Face à notre caméra, il décrit des moments de peur intense.
« Des gens armés nous pointaient leurs armes. On est passé d’un monde à un autre en quelques minutes. »
Il explique que le plus difficile était de ne jamais savoir ce qui allait arriver.
« On pensait toujours être le prochain à être frappé ou maltraité. »
Des accusations de violences
Au cours de l’entretien, Mo affirme avoir été témoin ou avoir recueilli les récits de plusieurs participants évoquant des violences physiques et psychologiques durant leur détention.
Il indique avoir lui-même été relativement épargné par rapport à d’autres membres de la flottille, mais affirme que certains lui ont rapporté avoir subi des coups, des humiliations et d’autres formes de mauvais traitements.
Ces déclarations constituent son témoignage et s’inscrivent dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains demandent qu’une enquête indépendante puisse faire toute la lumière sur les conditions de l’interception et de la détention des participants.
Palestinien avant tout
D’origine palestinienne, Mo explique que cette mission avait pour lui une dimension profondément personnelle.
« Je suis palestinien. C’est un combat qui me touche personnellement. »
Malgré les épreuves traversées, il affirme conserver l’espoir.
« On continue d’y croire. Il n’y a pas d’autre solution. Ce que vivent les habitants de Gaza ne peut pas devenir une normalité. »
« Continuez à parler de la Palestine »
Avant de quitter notre micro, il adresse un message à toutes celles et ceux qui suivent la situation depuis l’Europe.
« Continuez de manifester. Continuez à garder les yeux et le cœur tournés vers la Palestine. Parlez-en autour de vous, même lorsque les conversations sont difficiles. Chacun peut trouver sa place et agir à sa manière. »
À travers ce témoignage, Radio Solidarité souhaite donner la parole à celles et ceux qui vivent ces événements de près, afin de permettre à chacun de mieux comprendre les réalités humaines qui se cachent derrière les images et les débats internationaux.
Retrouvez l’intégralité de cette interview en vidéo sur notre site et nos réseaux sociaux.
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