« Loup où es-tu ? »

par | Mai 18, 2026 | Namur en Mai 2026, Nos Vidéos | 0 commentaires

quand la marionnette populaire parle encore de nos peurs modernes

À première vue, « Loup où es-tu ? » pourrait simplement rappeler les grands classiques de la marionnette populaire, dans la lignée des spectacles traditionnels comme Tchantchès ou Toon. Pourtant, derrière les rires, les personnages et l’univers familier du Petit Chaperon rouge, les Royales Marionnettes proposent bien plus qu’un simple divertissement.

À Namur en Mai, le spectacle présenté par Didier Balzaux et Sophie Lajoie revisite le célèbre conte populaire pour en faire un miroir de notre époque. Un spectacle accessible aux enfants comme aux adultes, mais qui cache derrière son apparente simplicité une réflexion beaucoup plus profonde sur la peur, les discours anxiogènes et la manière dont nos sociétés désignent parfois leurs propres « grands méchants loups ».

« Est-ce qu’on a encore des raisons de craindre le grand méchant loup ? À quoi ça sert aujourd’hui de nourrir les peurs ? » explique Didier Balzaux durant notre entretien.

Et c’est précisément là que le spectacle devient particulièrement intéressant.

Un conte populaire qui parle du présent

Même revisité et modernisé, le Petit Chaperon rouge continue de résonner étrangement avec notre époque. Car ici, le loup ne se limite plus à un personnage de conte pour enfants.

Il devient une métaphore.

Une peur collective.
Un danger agité en permanence.
Un ennemi parfois invisible, parfois fabriqué.

« Le grand méchant loup, il est multiforme », explique Didier Balzaux. « Il est agité de plein de manières différentes par les gens qui, de temps en temps, nous dirigent et qui nous font craindre le pire. »

Sans jamais tomber dans le discours lourd ou militant, le spectacle ouvre des portes à la réflexion. Il ne donne pas de réponse toute faite. Il questionne.

Qui sont les loups aujourd’hui ?
Pourquoi avons-nous peur ?
Et surtout : qui entretient cette peur ?

La peur comme outil de contrôle

Au fil de l’interview, la dimension sociale et politique du spectacle apparaît clairement.

Didier Balzaux évoque notamment l’utilisation de la peur dans le débat public et dans les discours politiques contemporains.

« La peur, c’est très pratique. Les gens s’autocontrôlent eux-mêmes. Ils restent chez eux, ils ne sortent plus, ils ont peur. »

Le texte du spectacle fait aussi directement référence aux boucs émissaires modernes : les pauvres, les “fainéants”, celles et ceux que l’on désigne facilement comme responsables de tous les problèmes d’une société.

Une mécanique ancienne… mais toujours terriblement actuelle.

Et c’est probablement ce qui rend « Loup où es-tu ? » si fort : utiliser la marionnette traditionnelle pour parler de sujets contemporains sans jamais perdre la poésie du spectacle vivant.

La tradition liégeoise comme outil de résistance

Le spectacle s’inscrit également dans une longue tradition de marionnette populaire liégeoise.

Une tradition où la marionnette n’est pas qu’un objet pour divertir les enfants, mais aussi un personnage social, parfois contestataire, qui parle du peuple et de ses réalités.

« La marionnette traditionnelle liégeoise, c’est quelqu’un qui se bat pour sa condition sociale, qui a un message à porter », rappelle Didier Balzaux.

Et c’est sans doute pour cela que le spectacle trouve naturellement sa place à Namur en Mai.

Dans un festival où les arts de rue transforment les places publiques en espaces de rencontre, de réflexion et parfois même de résistance culturelle.

Un spectacle pour réfléchir sans moraliser

Là où « Loup où es-tu ? » réussit quelque chose d’important, c’est qu’il ne cherche jamais à imposer une vérité unique.

Le spectacle préfère poser des questions.
Faire résonner des idées.
Laisser chacun construire sa propre lecture.

« Le message ici, c’était surtout de rassurer les gens et de leur dire : raisonnons-nous un peu. De quoi avons-nous réellement peur ? »

Et au fond, c’est peut-être là toute la force des arts de rue et de la marionnette populaire : réussir à parler du monde actuel avec humour, émotion, poésie… et parfois une inquiétante lucidité.

À Namur en Mai, les Royales Marionnettes rappellent ainsi qu’un vieux conte peut encore aujourd’hui nous parler de notre société, de nos peurs et de notre manière de regarder les autres.

Parce qu’au final, le loup n’a peut-être jamais vraiment disparu.

Laurent Frémal

1er mai à Namur

1er mai à Namur

Ce 1er mai à Namur, Radio Solidarité était au cœur du rassemblement syndical organisé par la FGTB. Entre discours engagés, témoignages de terrain et appels à la mobilisation, une idée s’impose : ce n’est pas la fête du travail, mais bien celle des travailleuses et des travailleurs. Face aux politiques d’austérité, à la précarisation et aux reculs sociaux, syndicats et militants réaffirment un mot d’ordre clair : résister, encore et toujours.

On va les enfermer chez eux

On va les enfermer chez eux

Une décision discrète, un impact énorme : la disparition annoncée des minibus PMR à Bruxelles pourrait priver 30.000 personnes de leur liberté. Il manque 913 signatures pour éviter l’inacceptable.

Nelson et les sentinelles

Nelson et les sentinelles

Avec Nelson et les sentinelles, François Ballestero signe un roman à la fois citoyen, social et stratégique. Face à la montée de l’extrême droite, son personnage ne répond pas par la panique, mais par une méthode : la sociodynamique.

Sans-CHEZ-SOIS’risme à Bruxelles

Sans-CHEZ-SOIS’risme à Bruxelles

Ce 30 mars, notre équipe était présente à Bruxelles pour suivre la journée consacrée au Masterplan de lutte contre l’absence de chez-soi, porté par Bruss’help.

Pour Radio Solidarité, José et Luc, nos reporters, étaient sur place, micro en main, pour aller à la rencontre des acteurs du terrain, des responsables associatifs et des représentants politiques.

Une journée dense, marquée par une forte mobilisation, mais surtout par une réalité qui s’impose à tous : le sans-abrisme ne cesse de s’aggraver, et les réponses actuelles ne suffisent plus.

À MUNICIPALIA

À MUNICIPALIA

À la veille du Salon Municipalia, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté prend la parole. Une parole forte, engagée, presque urgente.

Car derrière les mots, il y a des réalités.
Celles de familles qui comptent chaque euro.
Celles de personnes qui cherchent un toit sans jamais en trouver un stable.
Celles de vies suspendues à un bail, à une décision, à une expulsion.

La cour de récréation

La cour de récréation

Filmé au début des années 1990, le documentaire Récréations de Claire Simon montre la cour d’école comme une véritable société miniature. Alliances, exclusions, domination mais aussi solidarité et empathie : les enfants y expérimentent déjà les rapports de force qui structurent le monde adulte. À travers une lecture presque philosophique, ce regard sur l’enfance rappelle que la violence sociale comme le vivre-ensemble s’apprennent très tôt, dans ce premier théâtre de la vie qu’est la cour de récréation.

Journée mondiale des Roms à Molenbeek

Journée mondiale des Roms à Molenbeek

À l’occasion de la Journée internationale des Roms, nous étions au Foyer à Molenbeek pour une rencontre entre associations, institutions et membres des communautés roms. Trois générations ont partagé leur vécu, leur évolution et leur réalité en Belgique aujourd’hui.

Koen Geurts rappelle la diversité des communautés roms et l’importance de briser les stéréotypes. Mariana, 21 ans, étudiante à Bruxelles, témoigne d’une nouvelle génération entre héritage familial et avenir professionnel, loin des clichés.

Un échange humain et sincère pour mieux comprendre la réalité des Roms en 2026.

Walibi Run

Walibi Run

Le Walibi Run a rassemblé 2 450 coureuses et coureurs au cœur du parc pour une première édition placée sous le signe du sport et de la solidarité. Une partie des inscriptions a été reversée à l’association Sport2Be, tandis que Walibi rappelle son engagement social de longue date, notamment avec Arc-en-Ciel depuis 47 ans. Radio Solidarité était sur place et vous propose un reportage vidéo accompagné d’une interview exclusive.

Contactez-nous

Contact Radio Solidarité
BAN porterais 300x600 1 1

Soutenez Radio Solidarité !

Soutenez Radio Solidarité, la voix qui unit !

adio Solidarité est une radio libre, citoyenne et indépendante. Nous ne recevons aucun subside public, car nous tenons à préserver notre autonomie éditoriale et à rester proches de celles et ceux qui font vivre la solidarité au quotidien.

Informer, éduquer, divertir et donner la parole à tous, c’est notre mission. Mais pour continuer à diffuser 24h/24, animer nos émissions, assurer la maintenance du matériel et couvrir les frais de fonctionnement, nous avons besoin de vous.

Chaque don, même modeste, nous aide à poursuivre cette belle aventure collective.
Vous pouvez faire un virement sur le compte de New Line Info asbl (VDK Banque) :
BE62 8940 0156 3461

Ensemble, faisons vivre la radio qui donne la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas ailleurs.

€25.59
sur €1500 donné
1.71%
de l’objectif
Montant du don
Fréquence des dons
2
Banniere728 90 1
Laurent
Author: Laurent

Plateforme de Gestion des Consentements par Real Cookie Banner