Quand les arts de la rue deviennent un acte social

par | Mai 17, 2026 | Namur en Mai 2026, Nos Vidéos | 0 commentaires

le Québec et Namur parlent le même langage

Sous la pluie, sous la grêle, entre deux éclaircies et des rafales de vent, les rues de Namur ont pourtant continué à vibrer. À Namur en Mai, le public était là. Présent. Fidèle. Assis parfois trempé devant les spectacles, mais toujours debout quand il fallait applaudir.

Et cette année, au cœur des pavés namurois, une délégation venue du Québec est venue observer, rencontrer, découvrir… et surtout partager une même vision des arts de la rue : un art populaire, vivant, profondément humain et social.

Car derrière les acrobaties, les clowns, les marionnettes géantes ou les performances absurdes, les arts de la rue racontent toujours quelque chose de notre société.

Et entre Namur et le Québec, le dialogue semblait évident.

Le Québec invité à Namur : bien plus qu’un échange culturel

Pour cette 30e édition de Namur en Mai, plusieurs compagnies québécoises avaient fait le déplacement : Combat, Caisse 606, What’s Next ou encore La Guerre des Boutons.

Mais derrière les spectacles, il y avait aussi une véritable délégation culturelle québécoise venue observer comment les arts de la rue vivent en Belgique.

Françoise Landry, directrice générale du regroupement des arts de rue du Québec, explique que cette venue avait avant tout une vocation d’exploration et de rencontre.

Les liens entre Québec et Namur ne datent pas d’hier. Les deux villes sont jumelées, et depuis plusieurs années des échanges artistiques existent entre les deux territoires, notamment via le festival québécois Réverbère et Namur en Mai.

Mais ce qui a marqué les membres de la délégation, ce n’est pas seulement la programmation.

C’est le public.

« Même quand il grêle, le public reste »

Dans beaucoup de festivals, une météo pareille aurait vidé les rues.

Pas ici.

« Même quand il grêle, le public reste assis et observe », raconte la délégation québécoise avec admiration.

Et c’est probablement cela qui définit le mieux Namur en Mai après trente années d’existence : un festival qui appartient désormais à ses habitants.

On sent dans les rues une fidélité populaire rare. Des familles entières se déplacent. Des enfants découvrent leur premier spectacle de rue pendant que des habitués reviennent année après année.

À Namur, les arts de la rue ne sont pas un simple divertissement.

Ils font partie de la ville.

Les arts de la rue : un art profondément social

Au fil des interviews, un mot revenait constamment : le social.

Et ce n’est pas un hasard.

Les artistes québécois le disent eux-mêmes : les arts de la rue restent intimement liés à la place publique, à la rencontre et à l’accessibilité culturelle.

Contrairement à une salle fermée, l’espace public mélange tout le monde :

  • les familles,
  • les passants,
  • les curieux,
  • les personnes précaires,
  • les touristes,
  • les enfants,
  • les anciens.

Pas besoin d’avoir les codes du théâtre.
Pas besoin de pouvoir payer une place à 80 euros.
Pas besoin même de parler parfaitement la langue.

L’art vient directement aux gens.

Et c’est précisément ce que défendent beaucoup de compagnies québécoises.

Combat : quand le public protège le plus faible

Parmi les spectacles qui ont marqué cette édition, impossible de ne pas parler de Combat, véritable ovni artistique mêlant cirque, clown, duel absurde et performance physique.

Le spectacle ressemble à un cartoon vivant : deux faux gladiateurs s’affrontent dans une mise en scène délirante pendant qu’un musicien-arbitre perché au sommet d’une structure métallique rythme le chaos.

Mais derrière l’humour, le spectacle raconte aussi quelque chose de profondément humain.

Les artistes l’ont remarqué partout où ils jouent : le public soutient presque toujours le plus faible.

Une réflexion étonnante quand on pense à l’imagerie antique des gladiateurs où la foule réclamait autrefois la mort des perdants.

Aujourd’hui, expliquent-ils, les spectateurs protègent instinctivement celui qui subit.

« On ne veut plus voir les faibles mourir, mais on veut les aider », résume l’un des artistes.

Et soudain, sous les rires et les chutes clownesques, le spectacle devient presque une lecture de notre époque.

Une culture fragilisée, ici comme au Québec

Mais derrière la fête et les applaudissements, un constat plus inquiétant traverse aussi les échanges.

Au Québec comme en Europe, les arts de la rue souffrent.

Les grandes manifestations culturelles deviennent de plus en plus des événements à billetterie. Les spectacles gratuits disparaissent progressivement des grandes programmations.

Au Canada, plusieurs grands festivals ont fortement réduit leur présence d’arts de rue ces dernières années.

Les artistes doivent alors inventer d’autres modèles :

  • travailler avec des municipalités,
  • des associations locales,
  • des événements communautaires,
  • ou multiplier les collaborations entre compagnies.

Et malgré les difficultés, les artistes continuent.

Parce que les arts de la rue restent un des derniers espaces où la culture rencontre encore directement les gens.

Sans filtre.
Sans mur.
Sans séparation sociale.

Le Québec et la Belgique : deux peuples qui se ressemblent

Au fil des rencontres, une autre évidence est apparue : l’humour québécois et belge se comprennent instinctivement.

Même autodérision.
Même goût pour l’absurde.
Même proximité avec les gens.

Les artistes québécois parlent d’un public belge chaleureux, réactif et profondément attaché à ces formes artistiques populaires.

Et peut-être est-ce cela qui rend ces échanges si naturels.

Parce qu’au fond, les arts de la rue racontent toujours la même chose :
des humains qui se rencontrent sur une place publique.

Sortir dans les rues pour se retrouver

Avant de quitter Namur, la délégation québécoise a lancé un message simple mais puissant :

« Oser la créativité, sortir dans les rues, aller à la rencontre des gens. »

Et après ce week-end à Namur en Mai, difficile de ne pas comprendre pourquoi.

Dans une époque saturée d’écrans, de tensions sociales et d’isolement, voir des milliers de personnes rire ensemble sous la pluie devant un spectacle absurde ou poétique ressemble presque à un acte de résistance culturelle.

Les arts de la rue ne changent peut-être pas le monde.

Mais ils rappellent encore que l’espace public peut appartenir à tout le monde.

Laurent Frémal

Manifestation nationale intersyndicale

Manifestation nationale intersyndicale

Radio Solidarité en direct de la manifestation nationale intersyndicale – Mardi 14 octobre

Ce mardi, dès 9h45, Radio Solidarité sera au cœur de la mobilisation à Bruxelles pour relayer les discours, témoignages et sons du cortège.
Une journée d’action unitaire pour défendre les pensions, le pouvoir d’achat et la justice sociale.

Redonner du sens à son parcours professionnel

Redonner du sens à son parcours professionnel

Donner du sens à son parcours professionnel, c’est plus qu’un changement d’emploi. C’est un retour à soi, à ses valeurs, à ce qui fait vibrer. Le coaching emploi aide à réconcilier compétences, aspirations et utilité sociale — pour que le travail devienne enfin un espace d’épanouissement et non de contrainte.

FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée

FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée

Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’achève sur une note forte, humaine et engagée. Une édition plus courte, mais toujours vibrante, marquée par la nouveauté des séances de rattrapage et notre coup de cœur : Muganga – Celui qui soigne, avec Babetida Sadjo. Entre émotions, rencontres et saveurs partagées, Radio Solidarité était une fois encore au cœur du FIFF… et de la vie.

La Danse des renards

La Danse des renards

Entre compétition et amitié, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore la fragilité des liens humains dans un univers de boxe où la force cache souvent la douleur. Porté par Samuel Kircher et Fayçal Anaflous, ce film sensible et sincère montre que même les tempêtes n’effacent jamais complètement l’amitié : il en reste toujours une trace au fond du cœur. Une belle leçon de vie pour toutes les générations.

Sherlock Holmes au dessert !

Sherlock Holmes au dessert !

Quand Sherlock Holmes clôt une enquête, Mrs Hudson passe aux fourneaux !
Ce trifle pomme-mascarpone, inspiré du célèbre détective de Baker Street, mêle pommes fondantes, crème onctueuse et éclats de macarons dans un dessert aussi raffiné qu’une déduction de Holmes.
Un clin d’œil à l’Angleterre, parfait à savourer devant un bon film policier, une tasse de thé à la main.

40 ans de FIFF

40 ans de FIFF

“Il ne faut pas capituler devant l’adversité.”

Pour les 40 ans du FIFF, Jean-Louis Close revient sur les débuts, les moments forts et les défis d’un festival devenu symbole de diversité et de résistance culturelle.
Écoutez notre podcast exclusif sur Radio Solidarité.

Rencontre avec Sadjo Babetida

Rencontre avec Sadjo Babetida

Rencontrée au FIFF Namur, l’actrice Sadjo Babetida livre une parole rare et bouleversante autour du film Muganga, celui qui soigne.
Entre douleur, courage et espoir, elle évoque la force des femmes congolaises et la puissance du cinéma comme acte de guérison.

« Ce qui m’arrive à moi, vous arrive à vous. Me briser, moi, c’est vous briser, vous. »
Une interview essentielle, à écouter sur Radio Solidarité.

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur

Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !

L’IA, notre miroir et notre avenir

L’IA, notre miroir et notre avenir

L’intelligence artificielle fait désormais partie de nos vies. On peut la craindre ou l’embrasser, mais on ne peut plus l’ignorer. À Radio Solidarité, nous l’assumons pleinement : non pour remplacer l’humain, mais pour l’assister. L’IA est un formidable outil d’inclusion, donnant la parole à ceux qui n’osaient pas écrire ou créer. Mais elle doit être utilisée avec conscience. Éduquons, formons, assumons : l’IA n’est pas notre ennemie, mais le reflet de ce que nous choisissons d’en faire.

Cap Farewell

Cap Farewell

Présenté en avant-première au FIFF, Cap Farewell de Vanja d’Alcantara plonge dans un drame ancré sur nos côtes, entre ombres du passé et lumière d’un phare symbolique. Avec Noée Abita, Olivier Gourmet, Pascale Buissière et Max Simoni, le film explore la reconstruction difficile d’une jeune mère sortie de prison, tiraillée entre loyauté, culpabilité et désir de rédemption. Un récit intimiste, fort et pudique, où la lumière vacille mais ne s’éteint jamais.

Le vagabond et le rôti du dimanche

Le vagabond et le rôti du dimanche

Dans l’esprit tendre et burlesque du vagabond de Chaplin, ce rôti du dimanche rend hommage aux petits bonheurs partagés malgré la misère.
Un Sunday Roast simple, généreux et réconfortant, comme un sourire offert au milieu des épreuves.

Retour vers le futur !!!

Retour vers le futur !!!

Embarquez pour un voyage culinaire à Hill Valley avec ces croustillants de gambas dorés et leur sauce aux piments doux maison. Une recette rétro-futuriste inspirée du mythique bal de la “Féerie Dansante”, où Marty fait vibrer la scène sur Johnny B. Goode. Entre croquant, douceur et épices légères, une entrée qui réveille les papilles et replonge dans la magie des années 50 !

Contactez-nous

Contact Radio Solidarité
BAN porterais 300x600 1 1

Soutenez Radio Solidarité !

Soutenez Radio Solidarité, la voix qui unit !

adio Solidarité est une radio libre, citoyenne et indépendante. Nous ne recevons aucun subside public, car nous tenons à préserver notre autonomie éditoriale et à rester proches de celles et ceux qui font vivre la solidarité au quotidien.

Informer, éduquer, divertir et donner la parole à tous, c’est notre mission. Mais pour continuer à diffuser 24h/24, animer nos émissions, assurer la maintenance du matériel et couvrir les frais de fonctionnement, nous avons besoin de vous.

Chaque don, même modeste, nous aide à poursuivre cette belle aventure collective.
Vous pouvez faire un virement sur le compte de New Line Info asbl (VDK Banque) :
BE62 8940 0156 3461

Ensemble, faisons vivre la radio qui donne la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas ailleurs.

€25.59
sur €1500 donné
1.71%
de l’objectif
Montant du don
Fréquence des dons
Banniere728 90
2
Laurent
Author: Laurent

Plateforme de Gestion des Consentements par Real Cookie Banner