Journée mondiale des Roms à Molenbeek
trois générations racontent leur évolution
Ce 8 avril 2026, à l’occasion de la Journée internationale des Roms, nous étions présents au Foyer à Molenbeek pour un déjeuner-rencontre réunissant associations, institutions et personnes issues des communautés roms. L’objectif : échanger sur la réalité des Roms aujourd’hui, déconstruire les stéréotypes et donner la parole à différentes générations.
Au cœur des discussions : l’évolution de la vie des Roms en Belgique à travers trois générations. De l’arrivée souvent marquée par la précarité, à la stabilisation progressive, jusqu’à une nouvelle génération qui étudie, s’engage et construit son avenir.
Après ce moment d’échanges, nous avons rencontré Koen Geurts du Foyer, puis Mariana, 21 ans, étudiante, pour prolonger la réflexion.
Briser les stéréotypes : « montrer la vraie vie des Roms »
Pour Koen Geurts, cette journée du 8 avril a une importance particulière. Elle permet de changer le regard porté sur les Roms et de sortir d’une vision uniquement centrée sur les difficultés.
Selon lui, la médiatisation des Roms se limite trop souvent à la mendicité, à la précarité ou aux problèmes sociaux. Or, la réalité est beaucoup plus complexe et surtout beaucoup plus diverse.
Il rappelle également que parler « des Roms » au singulier n’a pas vraiment de sens. Derrière ce terme se cachent de nombreuses communautés, avec des origines, des parcours et des réalités différentes. À Bruxelles, on retrouve par exemple des personnes originaires de Roumanie, de Bulgarie, de Slovaquie, de l’ex-Yougoslavie ou encore de Syrie.
Même au sein d’un même pays d’origine, les communautés sont multiples, avec des logiques et des vécus distincts. Koen insiste sur ce point : il n’existe pas une seule identité rom, mais une grande diversité.
Il rappelle aussi la présence en Belgique des Gens du voyage, parmi lesquels on retrouve notamment des Manouches, des Sinti et des Roms, mais aussi des voyageurs non roms. Là encore, la diversité est la règle.
Pour Koen, la nouvelle génération représente un véritable espoir. Elle grandit entre plusieurs cultures, s’adapte, garde certaines traditions tout en intégrant de nouvelles valeurs. Cette évolution progressive montre une dynamique positive au sein des communautés roms.
Mariana, 21 ans : une identité entre héritage et avenir
Mariana, 21 ans, d’origine roumaine et vivant à Bruxelles, incarne cette nouvelle génération évoquée par Koen. Pour elle, être Rom aujourd’hui, c’est avant tout une culture, des traditions et un héritage familial, mais aussi une identité qui évolue dans le temps.
Ayant grandi en Belgique, elle explique vivre entre deux cultures : la culture rom transmise par sa famille et la société belge dans laquelle elle a grandi. Cette double appartenance crée une identité en constante construction, différente de celle de ses parents.
Elle souligne aussi que la réalité a changé entre les générations. Ses parents ont connu des débuts difficiles, marqués par l’instabilité, les déplacements entre plusieurs pays et des conditions de vie précaires. Aujourd’hui, elle et ses frères vivent une réalité différente, avec comme priorités les études, les amis et la construction d’un avenir professionnel.
Mariana vient d’ailleurs d’obtenir un bachelier en sociologie-anthropologie et poursuit actuellement un master en sciences du travail avec l’objectif de travailler dans les ressources humaines. Elle assume fièrement ce parcours qu’elle considère comme une manière de montrer une autre réalité des Roms, loin des clichés.
La mendicité : une nécessité, pas une culture
Un autre point important abordé durant l’interview concerne la mendicité, souvent associée aux Roms. Mariana est très claire : ce n’est pas un choix culturel, mais une nécessité pour certaines personnes qui n’ont pas d’autres moyens de subsistance.
Selon elle, les personnes qui mendient cherchent avant tout à sortir de cette situation et aspirent à une vie meilleure. Elle rappelle que ces réalités concernent surtout des situations de grande précarité et ne représentent pas l’ensemble des communautés roms.
Le 8 avril, une journée symbolique
Pour Mariana, la Journée internationale des Roms est importante. Depuis son enfance, elle la célèbre avec sa famille au Foyer. C’est une journée pour se retrouver, échanger, déconstruire les stéréotypes et donner une autre image des communautés roms.
Cette journée permet aussi de mettre en avant des parcours inspirants et de rappeler que les Roms font partie intégrante de la société belge d’aujourd’hui.
Écoutez maintenant nos interviews réalisées après le déjeuner avec Koen Geurts et Mariana.
Une rencontre humaine, sincère et porteuse d’espoir, qui montre l’évolution des communautés roms à travers les générations et l’importance de donner la parole à celles et ceux qui vivent ces réalités au quotidien.
Laurent Fremal
Sans-CHEZ-SOIS’risme à Bruxelles
Ce 30 mars, notre équipe était présente à Bruxelles pour suivre la journée consacrée au Masterplan de lutte contre l’absence de chez-soi, porté par Bruss’help.
Pour Radio Solidarité, José et Luc, nos reporters, étaient sur place, micro en main, pour aller à la rencontre des acteurs du terrain, des responsables associatifs et des représentants politiques.
Une journée dense, marquée par une forte mobilisation, mais surtout par une réalité qui s’impose à tous : le sans-abrisme ne cesse de s’aggraver, et les réponses actuelles ne suffisent plus.
À MUNICIPALIA
À la veille du Salon Municipalia, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté prend la parole. Une parole forte, engagée, presque urgente.
Car derrière les mots, il y a des réalités.
Celles de familles qui comptent chaque euro.
Celles de personnes qui cherchent un toit sans jamais en trouver un stable.
Celles de vies suspendues à un bail, à une décision, à une expulsion.
La cour de récréation
Filmé au début des années 1990, le documentaire Récréations de Claire Simon montre la cour d’école comme une véritable société miniature. Alliances, exclusions, domination mais aussi solidarité et empathie : les enfants y expérimentent déjà les rapports de force qui structurent le monde adulte. À travers une lecture presque philosophique, ce regard sur l’enfance rappelle que la violence sociale comme le vivre-ensemble s’apprennent très tôt, dans ce premier théâtre de la vie qu’est la cour de récréation.
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