30 ans de Namur en Mai
quand la rue devient un théâtre pour tous
Depuis trois décennies, le festival Namur en Mai transforme le cœur de Namur en immense scène à ciel ouvert. Spectacles de rue, cirque, théâtre forain, cabarets, performances aériennes… chaque printemps, la ville devient un lieu de rencontres et d’émotions partagées.
À l’occasion de son 30ᵉ anniversaire, Radio Solidarité a rencontré Samuel Chappel, qui dirige le festival depuis une dizaine d’années. Une discussion autour de l’histoire du festival, de son rôle social et culturel, mais aussi des défis auxquels la culture de rue doit faire face aujourd’hui.
Un festival né d’une intuition toujours actuelle
Lorsque l’on évoque les trente ans du festival, Samuel Chappel rappelle que l’idée fondatrice reste étonnamment moderne : rassembler les gens dans l’espace public autour de spectacles.
Selon lui, cette intuition née il y a trente ans reste plus pertinente que jamais. Le festival permet de transformer la rue en véritable théâtre et de créer un espace de rencontre entre les citoyens. Dans un monde marqué par les crises et les tensions, ces moments collectifs sont devenus essentiels.
Le festival devient ainsi un repère dans une société en mutation. Il offre la possibilité de rêver ensemble, de partager des émotions et de réfléchir à d’autres manières de vivre ensemble.
La culture comme espace de résistance
Pour l’équipe du festival, proposer des spectacles dans l’espace public relève presque aujourd’hui d’un acte de résistance culturelle.
Samuel Chappel souligne que notre société est de plus en plus fragmentée et que les réseaux sociaux ont remplacé une partie des espaces de dialogue. Les festivals comme Namur en Mai permettent au contraire de recréer du lien humain.
L’objectif n’est pas de donner des réponses toutes faites, mais plutôt de poser des questions à travers les spectacles. Les artistes invitent le public à réfléchir, à ressentir et à partager des émotions universelles.
Une programmation anniversaire riche et variée
Pour célébrer les 30 ans du festival, plusieurs nouveautés sont prévues.
Une réorganisation de certains espaces permettra d’accueillir davantage de spectacles. Le cabaret, quant à lui, sera déplacé au Delta, afin d’offrir de meilleures conditions de confort pour le public et les artistes.
Une exposition retraçant l’histoire visuelle du festival sera également organisée avant l’événement, avec une rétrospective des affiches qui ont marqué ces trente années.
Comme chaque année, la programmation réunira à la fois des compagnies invitées et des compagnies accueillies, proposant une grande diversité de disciplines : cirque, théâtre d’objets, performances aériennes ou encore spectacles de feu.
Ces créations mêlent souvent spectacle et réflexion, abordant des thématiques contemporaines tout en restant accessibles au grand public.
Des spectacles gratuits au cœur du projet
L’une des particularités du festival est de maintenir une grande partie de sa programmation gratuite ou au chapeau dans l’espace public.
Pour Samuel Chappel, cet aspect est fondamental. Les spectacles de rue permettent d’atteindre des personnes qui ne fréquentent pas forcément les salles de spectacle.
Dans la rue, il n’y a pas de filtre à l’entrée. Tout le monde peut s’arrêter, regarder un spectacle et découvrir une forme artistique.
Maintenir ce modèle reste cependant un véritable défi. Les financements diminuent, les coûts augmentent et les exigences de sécurité sont de plus en plus importantes. Malgré cela, l’équipe du festival se bat pour préserver cet accès à la culture pour tous.
Les arts de la rue, une tradition universelle
Les arts de la rue et les arts forains comptent parmi les formes artistiques les plus anciennes. Jonglerie, cirque, clown… ces expressions ont traversé les siècles et continuent aujourd’hui de toucher un public très large.
Pour les organisateurs, ces disciplines restent plus actuelles que jamais. Elles permettent de créer du lien social et participent aussi au dynamisme économique et touristique d’une ville.
Chaque année, des milliers de spectateurs se retrouvent dans les rues de Namur pour vivre ces moments collectifs. Un succès qui témoigne de l’attachement du public au festival.
Le cabaret, une autre facette du festival
Depuis plusieurs années, Namur en Mai développe également une programmation de cabarets.
Ces spectacles s’inscrivent dans l’esthétique historique des arts forains et permettent de proposer des formes artistiques variées dans un même spectacle. Ils offrent aussi l’occasion d’aborder des thèmes contemporains comme le rapport au corps, au genre ou à la sexualité.
Selon les organisateurs, ces cabarets rencontrent un public très enthousiaste et complètent parfaitement l’offre de spectacles en rue.
Un festival populaire et exigeant
Namur en Mai revendique son caractère populaire. Mais pour les organisateurs, ce terme signifie avant tout que le festival appartient aux habitants et qu’il est accessible à tous.
Cette popularité ne signifie pas pour autant un manque d’exigence artistique. Les artistes invités sont des professionnels reconnus qui se produisent dans le monde entier.
Leur travail, souvent fruit de nombreuses années de création, est présenté dans un cadre particulier : la rue. Un espace imprévisible où un chien peut aboyer, une cloche d’église sonner ou un enfant traverser la scène.
C’est justement cette fragilité qui rend les spectacles vivants et uniques.
Imaginer les 30 prochaines années
Pour Samuel Chappel, les décennies à venir seront déterminantes pour notre société.
Nous arrivons, selon lui, à la fin d’un modèle social, économique et écologique. Les prochaines années devront permettre d’inventer de nouvelles manières de vivre ensemble.
Les festivals comme Namur en Mai peuvent contribuer à cette réflexion en proposant des espaces de rencontre, de créativité et d’imagination collective.
L’objectif n’est pas d’imposer des solutions, mais de nourrir l’espoir et l’envie de construire un monde meilleur.
« Un lieu de rencontre qui casse les frontières »
Lorsqu’on lui demande de résumer le festival en une phrase, Samuel Chappel répond :
« Namur en Mai, c’est un lieu de rencontre autour de spectacles intergénérationnels qui cassent les frontières entre les gens et nous invitent à repenser notre manière de vivre ensemble. »
Rendez-vous en mai dans les rues de Namur
La prochaine édition du festival Namur en Mai se déroulera les 14, 15 et 16 mai dans le centre de Namur.
Durant trois jours, les places et les rues de la ville se transformeront une nouvelle fois en théâtre à ciel ouvert, avec au programme : spectacles de rue, cirque, cabarets et performances artistiques venues du monde entier.
Retrouvez également l’interview complète de Samuel Chappel dans notre podcast sur Radio Solidarité.
NAMUR EN MAI
Laurent Frémal

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