Namur : associations et syndicats interpellent le politique
Retour sur une rencontre tendue mais ouverte au dialogue
Le 10 février, à Namur, devant l’Hôtel de Ville, le monde associatif et le front commun syndical se sont rassemblés pour une étape du « marathon » d’actions mené à travers la Wallonie.
Objectif : interpeller les responsables politiques sur les conséquences concrètes des réformes en cours.
À cette occasion, Radio Solidarité a recueilli les réactions de trois acteurs clés : Monsieur Dispa, président du Parlement wallon, Sébastien Carboni (FGTB Namur-Luxembourg) et Isabelle Meerhaghe (CSC).
Le reportage audio complet est disponible en podcast en bas d’article.
Une mobilisation pour « se faire entendre »
Pour Sébastien Carboni, la mobilisation du jour n’est pas symbolique mais nécessaire : les travailleurs, les jeunes et le secteur associatif ont le sentiment de ne plus être écoutés.
Selon lui, les réformes budgétaires actuellement menées se traduisent essentiellement par des économies touchant les publics les plus fragiles : chômage, jeunesse, services publics, climat ou encore aide à la jeunesse.
“On coupe d’abord et on regarde ensuite comment la société va tenir”
Le responsable syndical pointe également un écart entre les promesses politiques et les décisions appliquées, notamment concernant l’emploi, le pouvoir d’achat ou l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
Le politique reconnaît les inquiétudes
De son côté, Monsieur Dispa insiste sur la nécessité du dialogue et sur la difficulté de gouverner dans un contexte budgétaire contraint.
Il affirme ne pas vouloir affaiblir les secteurs sociaux mais rappelle qu’un redressement financier est jugé indispensable pour préserver la cohésion sociale à long terme.
“Il faut préserver la cohésion sociale tout en acceptant des efforts collectifs”
Le président du Parlement reconnaît également qu’il existe une distance entre décideurs et terrain et que la concertation doit être renforcée pour éviter incompréhensions et conflits.
L’appel à la concertation sociale
Pour Isabelle Meerhaghe, la rencontre a été respectueuse mais reste insuffisante.
Les organisations demandent surtout d’être associées en amont aux réformes, notamment celles concernant :
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les aides à la promotion de l’emploi (APE)
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l’insertion socio-professionnelle
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la petite enfance
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les pensions et le chômage
Elle souligne aussi l’impact concret de certaines mesures, particulièrement pour les femmes travaillant à temps partiel ou pour les familles sans solution d’accueil pour leurs enfants.
« Tout est lié : emploi, crèches, droits sociaux »
Un dialogue ouvert… mais sous tension
Si tous les participants reconnaissent l’importance du dialogue, les positions restent éloignées :
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Les syndicats dénoncent une austérité qui fragilise la société
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Le politique invoque la contrainte budgétaire et la nécessité d’adaptation
-
Les associations craignent d’être contraintes de réduire leur aide
La question centrale demeure donc : comment réformer sans affaiblir la cohésion sociale ?
Écouter les témoignages
Les échanges complets permettent de mieux comprendre les nuances, les tensions et les attentes de chacun.
Écoutez maintenant le podcast complet avec Monsieur Dispa, Sébastien Carboni et Isabelle Meerhaghe
Laurent Frémal
À propos de l’enregistrement
Vous pouvez écouter le discours de Christine Mahy. Les trois premières minutes de l’enregistrement sont d’une qualité sonore plus faible, en raison des conditions de captation sur l’espace public. Le reste du discours est parfaitement audible. Merci pour votre compréhension.
Nous étions partis avec de l’aide,
Quelques heures après la grande manifestation pour la paix organisée à Bruxelles le 14 juin 2026, Radio Solidarité a rencontré Mo, membre belge de la Global Sumud Flotilla et d’origine palestinienne.
De retour d’une mission humanitaire à destination de Gaza, il revient face à notre caméra sur son arrestation, sa détention et les moments de peur qu’il affirme avoir vécus après l’interception de la flottille. Il raconte également pourquoi, malgré cette épreuve, il continue de croire qu’une paix juste reste possible.
Un témoignage fort qui permet de mieux comprendre ce que vivent celles et ceux qui choisissent de s’engager sur le terrain.
Breendonk
Il y a un mois, Radio Solidarité accompagnait l’antenne namuroise de la Coalition du 8 Mai lors d’une visite mémorielle au Fort de Breendonk. À travers les témoignages des guides, les récits des résistants et la découverte de ce lieu emblématique de la répression nazie en Belgique, cette journée a rappelé une évidence : la mémoire n’est pas tournée vers le passé, elle est un outil essentiel pour défendre la démocratie et résister aux idéologies de haine qui menacent encore nos sociétés aujourd’hui.
Quand la jeunesse dit non
Alors que la mobilisation étudiante se poursuit, une question se pose : assistons-nous à une simple contestation ou à l’émergence d’un mouvement qui marquera l’histoire ? Entre dialogue, démocratie et engagement citoyen, la jeunesse fait entendre sa voix. Et si les livres d’histoire retenaient un jour le nom de « Juin 26 » ?
Du conflit social à la crise institutionnelle :
La contestation du décret-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles franchit une nouvelle étape. Après les mobilisations d’enseignants, d’étudiants et de syndicats, huit professeurs de droit constitutionnel dénoncent désormais le non-respect de règles parlementaires lors de l’adoption du texte. Au-delà du contenu de la réforme, le débat porte désormais sur le respect des procédures démocratiques, la place du dialogue et l’écoute des acteurs concernés. Une évolution qui transforme progressivement un conflit social en véritable question institutionnelle.
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