Le droit de protester
quand la démocratie se défend dans la rue, en justice… et au micro
Série : Viva les Droits (12 épisodes)
Épisode : 1 / 12
Dates de la série : du 15 au 17 décembre 2025
Date d’enregistrement :
Lundi 15 décembre 2025,Horaire :16h00 – 18h00
Animation / Intervention principale :Christine Mahy
Il y a des jours où l’actualité te saute au visage. Une manifestation à Bruxelles, plus de 7.000 personnes, et cette phrase simple qui rappelle tout : quand des gens sont dans la rue, il y en a aussi beaucoup qui auraient voulu y être… mais ne peuvent pas.
C’est dans cette ambiance très concrète — terrain, fatigue, urgence, mais aussi énergie collective — que s’ouvre un nouvel épisode de Viva les droits sur Radio Solidarité : “Le droit de protester en danger”.
Pendant trois jours, un studio radio s’installe au cœur du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (Namur). Boisson chaude, soupe, vin chaud, discussions spontanées, mots laissés par la “voix de la rue”… et surtout : du temps long. Du vrai. Celui qu’on ne trouve plus dans les formats rapides.
Ce podcast n’est pas un “débat” au sens spectacle. C’est plutôt un espace où l’on déplie, où l’on explique, où l’on relie. Et où l’on ose poser une question centrale :
Est-ce qu’on laisse grignoter le droit de protester… jusqu’au jour où il devient un souvenir ?
Protester : un droit fondamental… mais pas intouchable
Le droit de protester, ce n’est pas un caprice. C’est une clé de la démocratie : manifester, occuper l’espace public, pétitionner, interpeller, faire du bruit — et parfois aussi aller en justice.
Dans l’épisode, on entend un constat qui revient comme un fil rouge :
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les restrictions se multiplient,
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les notions juridiques deviennent floues,
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la contestation est parfois criminalisée,
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et l’espace public est traité comme une brocante à autoriser… plutôt qu’un droit à garantir.
Ce qui se joue ici, ce n’est pas “pour ou contre les manifs”.
C’est : qui a le droit de contester, comment, et à quel prix.
Une coalition large : syndicats + associations, même combat
Séléna (FGTB) raconte la naissance de la plateforme Droit de protester : au départ, des attaques ciblées (notamment via l’infraction d’“entrave méchante à la circulation”), puis une prise de conscience : si ça passe pour l’un, ça passera pour d’autres.
La coalition s’élargit (syndicats, Amnesty, Greenpeace, Ligue des droits humains, réseaux de lutte contre la pauvreté…). Et surtout : elle prouve un point essentiel — protester peut encore faire reculer un gouvernement, comme lors de la mobilisation contre l’idée d’une interdiction judiciaire de manifester.
Dans l’épisode, on entend aussi une réalité que beaucoup vivent : quand un gouvernement stigmatise et divise, la réponse la plus puissante reste souvent l’inverse :
rassembler.
Quand une loi peut dissoudre une association : l’alerte Amnesty
Karine Thibault (Amnesty International) met des mots clairs sur un danger démocratique : un avant-projet qui permettrait de dissoudre des associations sur base de notions trop floues (“menace”, “radicalisme”, “détournement de finalité”…), avec un pouvoir concentré dans l’exécutif.
Le point qui dérange :
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dissoudre une association, c’est une mesure extrême,
-
et ça devrait toujours relever d’un juge, pas d’un ministre.
Elle rappelle aussi un truc essentiel : des outils existent déjà (poursuites en cas d’appel à la haine, interdiction des milices privées, dispositifs judiciaires…).
Donc la question devient : pourquoi créer un mécanisme plus rapide, plus large, plus dangereux ?
Et là, le podcast fait ce que les formats “vite fait” font rarement : il met en perspective. Des exemples étrangers, des dérives possibles, des situations où des gens se retrouvent inquiétés “juste pour avoir été là”, ou “juste pour avoir assisté”.
L’espace public, version “permission trois mois à l’avance”
Autre sujet très concret : l’accès à l’espace public.
Demander une manif trois mois à l’avance, exiger assurance, stewards, conditions floues… Tout ça peut sembler “administratif”. En réalité, c’est parfois une barrière politique.
Parce qu’un droit fondamental, ça ne fonctionne pas comme un événement commercial.
Une guerre éclate, une injustice explose, une réforme tombe : on réagit maintenant. Pas “au prochain trimestre”.
Communes Colères, Code Rouge : protester, c’est aussi inventer des formes
Le podcast donne aussi la parole à d’autres dynamiques :
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Communes Colères, avec son fonctionnement autogestionnaire, ses assemblées, sa volonté de convergence, son ambition de recréer des espaces de rencontre et d’éducation populaire.
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la désobéissance civile, via l’expérience de Code Rouge : organisation, entraînements, cadre non-violent, logistique, diversité d’âges, stratégie.
Une phrase ressort : “Si on ne dit rien, c’est comme si on était d’accord.”
Et derrière, une idée forte : le droit de protester n’est pas un seul outil. C’est une boîte à outils : rue, justice, médias, assemblées, actions symboliques, terrain, solidarité.
La “voix de la rue” : quand le droit, c’est la survie
Et puis il y a ce moment qui ramène tout au réel : les témoignages recueillis dehors.
Statut BIM perdu, attente de logement social depuis 7 ans, sortie de prison sans aide, handicap invisible et précarité…
Là, on comprend que “le droit de protester” n’est pas une théorie. C’est souvent la dernière poignée à laquelle s’accrocher quand le reste glisse.
Pourquoi écouter cet épisode ?
Parce qu’il ne te dit pas seulement “ça va mal”.
Il montre aussi :
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ce qui résiste,
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ce qui s’organise,
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ce qui peut gagner,
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et comment la démocratie se défend au quotidien, parfois avec une simple chose : parler, se rencontrer, s’unir.
Si tu veux comprendre ce qui est en train de se jouer en Belgique, sans jargon inutile, avec des voix de terrain et des analyses accessibles : cet épisode est pour toi.
Écoute “Viva les droits – Le droit de protester” et partage-le autour de toi.
Parce que protéger le droit de protester, c’est protéger tous les autres droits.
Laurent Frémal
Belgique : la faim explose,
Gaza : pourquoi notre humanité s’arrête-t-elle aux frontières ?
Nous avons tous vu ces images.
Les images du kidnapping des membres de la flottille humanitaire en direction de Gaza.
Les images de militants arrêtés en pleine mer.
Les images d’humiliations assumées, revendiquées, presque célébrées par certains responsables israéliens.
Et notamment celles d’un ministre de la sécurité fanfaronnant devant les caméras, comme si la souffrance et l’humiliation étaient devenues un spectacle politique.
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