Les murs parlaient en 68… Et que disent-ils aujourd’hui ?
Des pavés aux pixels, la contestation change de forme, pas de fond.
Quand les murs s’ouvraient à la parole du peuple
« Sous les pavés, la plage. »
« Il est interdit d’interdire. »
« Prenez vos désirs pour des réalités. »
Printemps 1968. Les rues de Paris, de Nanterre et de la Sorbonne s’embrasent.
Les murs deviennent des journaux libres, les trottoirs des tribunes, les affiches des manifestes.
Chaque phrase, tracée à la bombe ou à la craie, devient un cri collectif, un acte poétique, une déclaration d’indépendance de la jeunesse.
Dans un pays engoncé dans l’autorité, la hiérarchie et le conformisme, les étudiants, les ouvriers, les artistes décident de faire parler la pierre.
Les murs deviennent vivants : ils respirent, ils protestent, ils rêvent.
Ils sont les premiers réseaux sociaux, les premières ondes d’une révolte populaire qui, le temps d’un printemps, a renversé l’ordre établi.
« La poésie est dans la rue » disait-on alors.
Et c’était vrai : chaque mur devenait un poème, chaque pavé un vers, chaque slogan une arme douce contre la résignation.
1968 : le murmure de la liberté
Les slogans de Mai 68 ne se contentaient pas de dénoncer : ils inventaient un langage.
Un langage simple, incisif, souvent drôle, parfois absurde, toujours libre.
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« Vivez sans temps mort, jouissez sans entraves »
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« Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir »
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« Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui »
Ces mots peints à la hâte sur les façades racontaient une société en mutation.
Une jeunesse refusant de devenir une machine, un numéro, un simple rouage du système.
C’était l’époque où l’imagination régnait sur les barricades, où la contestation était aussi esthétique.
Des affiches sérigraphiées par les Beaux-Arts, des poèmes muraux sur la Sorbonne, des manifestes improvisés au cœur de la nuit.
L’art, la politique et la liberté faisaient cause commune.
2025 : nos murs ont changé, nos cris demeurent
Aujourd’hui, les murs sont devenus numériques.
Les cris s’écrivent en hashtags, les révoltes s’organisent sur les réseaux, les pavés se sont transformés en pixels.
Mais l’esprit de 68 souffle encore :
dans les marches pour le climat, dans les mobilisations pour la justice sociale, dans les radios indépendantes et dans les voix qui refusent le silence.
« Il est interdit d’interdire »
résonne dans les luttes pour la liberté d’expression, contre la censure, contre les algorithmes qui décident de ce que nous voyons.
« Sous les pavés, la plage »
parle désormais d’écologie, de béton à reconquérir, de nature à réinventer.
« Prenez vos désirs pour des réalités »
devient un appel à l’action, à la création, à la solidarité concrète.
Mai 68 voulait changer la vie ; notre époque veut la sauver.
Des pavés aux pixels : même combat
Les slogans de 68 dénonçaient la société de consommation.
Les nôtres dénoncent la société de surproduction.
Les leurs réclamaient la liberté d’aimer et de penser.
Les nôtres réclament la liberté d’exister dans un monde saturé de peur, d’écrans, d’injustices.
Là où l’on disait autrefois :
« Nous refusons d’être fichés, recensés, endoctrinés »,
nous disons aujourd’hui :
« Nous refusons d’être tracés, profilés, remplacés par des algorithmes. »
Mais l’élan reste le même :
celui d’une humanité qui cherche à se relever, à respirer, à créer du sens.
Les murs d’hier, les voix d’aujourd’hui
En 68, on s’exprimait à coups de peinture sur les murs.
En 2025, c’est le micro de Radio Solidarité qui reprend le flambeau.
Nos ondes sont les nouveaux murs de la parole libre.
Ici, on ne peint plus : on diffuse, on écoute, on unit.
Chaque témoignage, chaque chanson, chaque capsule sonore devient un graffiti sonore, un écho des luttes d’hier revisitées par les défis d’aujourd’hui.
Parce que la solidarité, c’est aussi ça :
laisser de la place à la parole, donner un micro à ceux qui n’ont pas de mur.
« Les murs avaient la parole hier.
Aujourd’hui, c’est notre micro qui la porte. »
Et si on réécrivait les slogans ?
Si Mai 68 revenait en 2025, que peindrait-on sur les murs ?
Quelques propositions, version “Radio Solidarité” :
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Sous les écrans, la vie.
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Rêver, c’est déjà résister.
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Nos voix sont des pavés.
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Faire du bruit pour ceux qui n’en ont pas.
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Allume la radio, éteins l’indifférence.
Conclusion : la mémoire ne se tait pas
Les slogans de Mai 68 ont plus de 50 ans, mais leur flamme brûle encore.
Ils rappellent que la parole est une arme pacifique, que l’espoir se peint partout où l’injustice s’installe.
De la Sorbonne à Nanterre, des studios de Radio Solidarité aux rues de Bruxelles,
le même souffle traverse les époques : celui d’un peuple qui parle, qui rêve, qui agit.
“Sous les pavés, la parole.”
C’est peut-être ça, la vraie révolution.
Laurent Frémal
Crédit photo : Walibi Belgium
La Danse des renards
Entre compétition et amitié, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore la fragilité des liens humains dans un univers de boxe où la force cache souvent la douleur. Porté par Samuel Kircher et Fayçal Anaflous, ce film sensible et sincère montre que même les tempêtes n’effacent jamais complètement l’amitié : il en reste toujours une trace au fond du cœur. Une belle leçon de vie pour toutes les générations.
Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur
Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !
Cap Farewell
Présenté en avant-première au FIFF, Cap Farewell de Vanja d’Alcantara plonge dans un drame ancré sur nos côtes, entre ombres du passé et lumière d’un phare symbolique. Avec Noée Abita, Olivier Gourmet, Pascale Buissière et Max Simoni, le film explore la reconstruction difficile d’une jeune mère sortie de prison, tiraillée entre loyauté, culpabilité et désir de rédemption. Un récit intimiste, fort et pudique, où la lumière vacille mais ne s’éteint jamais.
Quand le cinéma devient une arme de paix
Jour 3 du FIFF – 23ᵉ article Radio Solidarité
Avec Muganga – Celui qui soigne, Marie-Hélène Roux signe un film d’une intensité rare, inspiré du combat du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Entre douleur et dignité, ce récit bouleversant transforme le cinéma en arme pacifique contre le silence.
Debout, le public namurois a salué cette œuvre engagée qui soigne les consciences autant qu’elle bouscule les cœurs.
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