Ange — Un hymne à la liberté, à la route et à l’humanité
Il est des films qu’on regarde avec les yeux, et d’autres qu’on regarde avec le cœur.
Ange, le dernier film de Tony Gatlif, appartient à cette seconde catégorie.
Ce n’est pas un simple long-métrage : c’est une rencontre, une respiration, une invitation à se souvenir que la liberté et la fraternité ne sont pas des mots, mais des chemins.
Un cinéma vivant, humain, profondément vrai
Dès les premières images, Ange nous emporte.
Pas besoin d’effets spéciaux, ni de grands discours : il suffit d’un regard, d’un vent sur la route, d’un accord de violon pour que tout prenne sens.
Tony Gatlif filme la vie comme on la ressent : brute, belle, parfois bancale, toujours vraie.
C’est un cinéma qui parle d’humains avant de parler de cinéma, un cinéma qui écoute les silences autant qu’il célèbre la musique.
Le personnage principal, interprété par Arthur H, n’est pas un héros au sens classique : c’est un homme en marche, un poète, un frère de route.
À ses côtés, la jeune Suzanne Aubert incarne la fraîcheur et la curiosité d’une nouvelle génération, celle qui veut encore croire en la beauté du monde.
Quand la musique devient langage du cœur
Ce film, c’est aussi un concert à ciel ouvert.
La musique tzigane y occupe toute la place, non pas comme accompagnement, mais comme cœur battant.
Elle raconte ce que les mots ne savent pas dire : la douleur, la fierté, la joie, la transmission.
Dans Ange, la musique remplace la narration ; elle fait ressentir au lieu d’expliquer.
C’est un film à écouter plus qu’à comprendre.
Et c’est ce qui le rend précieux.
Dans un monde qui cherche sans cesse à rationaliser, à tout mesurer, Tony Gatlif choisit au contraire de laisser parler les émotions.
Un regard profondément solidaire
Ce qui frappe, au-delà des images et des sons, c’est la bienveillance du regard porté sur l’autre.
Les personnages qu’on croise sur la route d’Ange sont simples, vrais, parfois cabossés, mais jamais jugés.
Le film nous rappelle que chaque être humain a sa musique, son rythme, son histoire, et que c’est en les écoutant qu’on tisse la fraternité.
Dans un monde où tout va vite, Ange nous invite à ralentir, à écouter, à regarder autrement.
C’est une œuvre qui réconcilie : l’homme avec la nature, la parole avec le silence, la différence avec le respect.
Un film profondément solidaire, parce qu’il nous parle de ce que nous avons tous en commun : le besoin d’aimer, de partager, de vivre libre.
Pourquoi il faut voir Ange
Parce qu’il nous rappelle que la liberté n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Parce qu’il parle d’un peuple souvent oublié, celui des voyageurs, des musiciens, des nomades de la vie.
Parce qu’il offre un cinéma sans artifice, sans IA, sans filtres, juste des regards, des mains, des notes et des chemins.
Voir Ange, c’est prendre le temps de ressentir.
C’est accepter d’être touché par une humanité brute, universelle.
C’est retrouver, l’espace d’une heure et demie, cette part de nous qui rêve encore d’un monde plus juste et plus doux.
Le souffle d’un cinéma vivant
Il n’y a pas de message imposé dans Ange, seulement une évidence :
tant qu’il y aura des routes, des chansons et des visages tournés vers la lumière, l’espoir vivra.
La musique tzigane n’a pas besoin de scénario pour raconter la vie.
Elle parle directement à l’âme, et c’est sans doute cela, la vraie liberté.
Laurent Frémal
Halloween s’achève… mais les souvenirs demeurent
À Walibi Belgium, devenu le mystérieux Ibilaw, un spectacle a marqué les esprits : « Bill : A Fairy Tale », une création signée Filipé Garcia. Entre danse, acrobatie et émotion, le metteur en scène — que nous avions rencontré lors de Namur en Mai — entraîne le public dans une légende sombre où un enfant happé par un miroir devient maître de ses propres cauchemars. Une performance immersive de 25 minutes qui transforme le conte en expérience sensorielle.
FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée
Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’achève sur une note forte, humaine et engagée. Une édition plus courte, mais toujours vibrante, marquée par la nouveauté des séances de rattrapage et notre coup de cœur : Muganga – Celui qui soigne, avec Babetida Sadjo. Entre émotions, rencontres et saveurs partagées, Radio Solidarité était une fois encore au cœur du FIFF… et de la vie.
La Danse des renards
Entre compétition et amitié, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore la fragilité des liens humains dans un univers de boxe où la force cache souvent la douleur. Porté par Samuel Kircher et Fayçal Anaflous, ce film sensible et sincère montre que même les tempêtes n’effacent jamais complètement l’amitié : il en reste toujours une trace au fond du cœur. Une belle leçon de vie pour toutes les générations.
Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur
Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !
Cap Farewell
Présenté en avant-première au FIFF, Cap Farewell de Vanja d’Alcantara plonge dans un drame ancré sur nos côtes, entre ombres du passé et lumière d’un phare symbolique. Avec Noée Abita, Olivier Gourmet, Pascale Buissière et Max Simoni, le film explore la reconstruction difficile d’une jeune mère sortie de prison, tiraillée entre loyauté, culpabilité et désir de rédemption. Un récit intimiste, fort et pudique, où la lumière vacille mais ne s’éteint jamais.
Quand le cinéma devient une arme de paix
Jour 3 du FIFF – 23ᵉ article Radio Solidarité
Avec Muganga – Celui qui soigne, Marie-Hélène Roux signe un film d’une intensité rare, inspiré du combat du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Entre douleur et dignité, ce récit bouleversant transforme le cinéma en arme pacifique contre le silence.
Debout, le public namurois a salué cette œuvre engagée qui soigne les consciences autant qu’elle bouscule les cœurs.
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