Cap Farewell
une lumière dans la nuit
Dans le cadre du FIFF, Vanja d’Alcantara nous a offert en avant-première Cap Farewell, son nouveau long métrage à l’ombre d’un film noir contemporain. Derrière ses apparences de drame intimiste, le film plonge dans les zones d’ombre des loyautés, des compromissions et de la quête difficile d’un avenir.
Un décor portuaire et un phare comme métaphore
L’histoire se déroule sur nos côtes, dans un univers où la mer, le port et le phare deviennent autant de repères symboliques : un phare comme guide, comme jalon dans la nuit — mais sa lumière suffira-t-elle à percer les ténèbres de la culpabilité, de la trahison et de l’incertitude ? Le décor lui-même contribue à instaurer une atmosphère lourde, où le bord de l’eau se mêle aux affaires souterraines, et où les personnages évoluent entre l’inéluctable et le possible.
Une distribution engagée
Le film réunit des visages forts :
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Noée Abita incarne Tony, jeune maman à la marge, au cœur du dilemme moral
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Olivier Gourmet joue l’oncle, figure d’autorité ambiguë
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Max Simoni est le père complice
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Pascale Buissière tient le rôle de la grand-mère, garante des valeurs familiales traditionnelles
Cette distribution de qualité permet au récit d’explorer avec subtilité les conflits intimes et les tensions relationnelles.
Les enjeux dramatiques
Au centre de ce drame : Tony, récemment sortie de prison, cherche à se reconstruire. Son passé la rattrape — elle est impliquée dans une opération violente — et se heurte à l’imbrication de ses liens personnels avec le réseau criminel dans lequel elle a grandi. Plusieurs interrogations fortes structurent le récit :
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Reconstruire après la chute
Comment Tony envisager un avenir alors que ses actes lui collent à la peau ? -
Loyautés contradictoires
Le père de sa fille est aussi son complice. L’ombre du silence pèse sur elle : dénoncer serait trahir. -
Le poids de la famille
L’oncle (Olivier Gourmet) gère les affaires illégales, tandis que la grand-mère — qui a élevé la fille de Tony — est en conflit profond avec le mari douteux. -
Autorité et pression policière
La police exerce des pressions : dénoncer ou subir. -
Le droit à la maternité
Comment récupérer sa fille sans fracturer les liens de loyauté que celle-ci entretient avec sa grand-mère ? Et comment agir dans un milieu qui ne pardonne pas les erreurs ?
Ces tensions poussent le personnage à des choix impossibles — rester silencieuse, trahir, fuir, s’effacer ? Le film interroge jusqu’où on peut aller pour protéger l’essentiel.
Une progression douce vers une conclusion
Malgré la gravité de ses sujets, Cap Farewell adopte un ton plutôt mesuré. Le récit se déroule « sans grand heurt », en laissant venir les conflits, les silences, les confrontations moroses. C’est dans cette retenue que le film puise sa force : les mouvements les plus puissants sont souvent ceux qu’on ne voit pas, mais qu’on devine.
La conclusion, judicieuse, laisse une place à l’espérance, mais sans verser dans la solution facile. Elle s’impose comme un point d’équilibre entre l’impossible et le possible — comme une dernière lumière au sommet du phare, fragile mais obstinée.
Pourquoi ce film compte
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Une mise en scène sensible : Vanja d’Alcantara joue avec l’espace, la lumière, le cadre — le décor n’est jamais anodin.
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Des personnages complexes : aucun d’eux n’est purement blanc ou noir ; chacun porte ses blessures, ses contradictions.
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Une histoire humaine dans un milieu criminel : loin des fusillades spectaculaires, le film s’intéresse aux répercussions psychologiques et relationnelles.
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Un propos moral sans manichéisme : les choix sont ambivalents, les marges de manœuvre étroites.
Luc Bolssens
FIFF 2025 : Une 40e édition forte, vivante et engagée
Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’achève sur une note forte, humaine et engagée. Une édition plus courte, mais toujours vibrante, marquée par la nouveauté des séances de rattrapage et notre coup de cœur : Muganga – Celui qui soigne, avec Babetida Sadjo. Entre émotions, rencontres et saveurs partagées, Radio Solidarité était une fois encore au cœur du FIFF… et de la vie.
La Danse des renards
Entre compétition et amitié, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore la fragilité des liens humains dans un univers de boxe où la force cache souvent la douleur. Porté par Samuel Kircher et Fayçal Anaflous, ce film sensible et sincère montre que même les tempêtes n’effacent jamais complètement l’amitié : il en reste toujours une trace au fond du cœur. Une belle leçon de vie pour toutes les générations.
Palmarès du 40e Festival International du Film Francophone de Namur
Le 40e Festival International du Film Francophone de Namur s’est clôturé ce mercredi 8 octobre avec une cérémonie des Bayard riche en émotions. Après cinq jours intenses de cinéma, d’échanges et de découvertes, le palmarès 2025 a consacré On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, qui décroche le Bayard d’Or du Meilleur film, ainsi que Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux, sacré Prix du Public.
Des choix forts, à l’image d’un festival engagé, audacieux et profondément humain. Les festivaliers pourront (re)découvrir ces films primés ce jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Caméo.
Restez à l’écoute de Radio Solidarité : l’équipe revient bientôt avec les coulisses et quelques surprises de ce FIFF 2025 qui, une fois encore, a fait vibrer Namur au rythme du cinéma francophone !
Quand le cinéma devient une arme de paix
Jour 3 du FIFF – 23ᵉ article Radio Solidarité
Avec Muganga – Celui qui soigne, Marie-Hélène Roux signe un film d’une intensité rare, inspiré du combat du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Entre douleur et dignité, ce récit bouleversant transforme le cinéma en arme pacifique contre le silence.
Debout, le public namurois a salué cette œuvre engagée qui soigne les consciences autant qu’elle bouscule les cœurs.
On vous croit,
Avec ses décors simples et ses gros plans sur les visages, il nous plonge au cœur du système judiciaire, dans la lenteur des procédures et la fragilité des paroles.
Chaque silence pèse, chaque regard devient un cri étouffé.
On y lit la peur, la colère, la fatigue.
Une œuvre forte et nécessaire qui met en lumière une violence psychologique invisible, tout en questionnant notre capacité à croire, à écouter et à comprendre.
Un film lent, sobre, mais profondément humain.
Un cri doux pour la Terre et pour nos enfants
Deuxième jour du FIFF, et déjà une belle claque poétique.
Avec Animal Totem, Benoît Delépine signe un conte écologique et solidaire.
Un film pour la Terre, pour nos enfants, et pour un autre regard sur l’avenir.
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