Commerce d’armes avec Israël
des milliers de citoyen·nes interpellent officiellement la Région wallonne
Le débat sur le commerce d’armes entre la Région wallonne et Israël vient de franchir une nouvelle étape. À la veille de la grande manifestation de solidarité avec le peuple palestinien, qui a réuni plus de 100.000 personnes ce dimanche 7 septembre à Bruxelles, une action citoyenne a marqué les esprits.
Une pétition qui fait bouger les choses
Le 5 septembre, une pétition lancée par un groupe de citoyen·nes wallons, avec le soutien de la Coordination Namuroise Belgo-Palestinienne, a été déposée au Parlement de Wallonie. Le document, remis au président Willy Borsus, a récolté pas moins de 4.500 signatures. Bien plus que le seuil requis de 1.000 pour qu’une telle initiative soit prise en compte.
Cela signifie que les initiateurs seront entendus officiellement en commission parlementaire dans les prochaines semaines. Une étape importante pour celles et ceux qui refusent que la Wallonie continue de commercer avec Israël en matière militaire.
Une revendication claire
La pétition demande l’arrêt immédiat et contrôlable de tout commerce lié au militaire avec Israël. Cela concerne aussi bien les importations, les exportations que le transit via d’autres pays.
Pourtant, un accord conclu en 2009 entre l’État fédéral et les Régions devait déjà empêcher ce commerce. Mais la réalité est tout autre : la Wallonie a poursuivi ses exportations pendant des années. Ce que l’émission #Investigation de la RTBF a d’ailleurs rappelé en mars dernier.
Gaza : la présomption de génocide
Le texte de la pétition s’appuie sur des faits très lourds. En janvier 2024, la Cour Internationale de Justice a reconnu la présomption d’un génocide en cours à Gaza.
Depuis des mois, les témoignages s’accumulent : bombardements massifs, destructions d’habitations, assassinats de civils – en majorité des femmes et des enfants –, déplacements forcés et privation des besoins les plus élémentaires comme l’eau, la nourriture ou les soins.
Des organisations comme l’ONU, Amnesty International ou Médecins Sans Frontières ont également publié des rapports allant dans ce sens.
Et en Cisjordanie…
Si Gaza concentre l’attention, la Cisjordanie vit aussi une situation dramatique. Colonisation, annexion illégale de terres, expulsions de familles, assassinats ciblés… La liste est longue.
Près de 10.000 Palestiniens, dont des enfants, sont actuellement détenus. Beaucoup dénoncent des conditions inhumaines : tortures, mauvais traitements, certains prisonniers n’en sont jamais revenus.
Une question d’éthique et de cohérence
Pour les citoyens à l’origine de la pétition, la question est simple : comment justifier que la Région wallonne continue d’alimenter un État accusé de crimes contre l’humanité ?
L’Union européenne a pourtant fixé huit critères précis sur le commerce des armes : respect du droit humanitaire, stabilité régionale, respect des droits humains… Autant de principes qui devraient logiquement interdire ces transactions.
Et maintenant ?
Dans les prochaines semaines, le Parlement de Wallonie devra recevoir et entendre les auteurs de la pétition. Ce moment sera crucial : les élu·es ne pourront plus fermer les yeux.
La question est posée clairement : la Wallonie doit-elle rester complice de la guerre, ou choisir enfin la cohérence et le respect du droit international ?
Cette interpellation citoyenne prouve une chose : la mobilisation populaire fonctionne. Dans la rue, mais aussi dans les institutions. La Région wallonne sera bientôt face à ses responsabilités.
À ce sujet, écoutez aussi notre interview de Manon Marais, chargée de mobilisation pour l’Association Belgo-Palestinienne, disponible ici.
Article rédigé à partir du communiqué de presse de la Coordination Namuroise Belgo-Palestinienne et enrichi par une enquête de Radio Solidarité.
Laurent Frémal
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