Statut cohabitant : un système injuste à abolir de toute urgence
Une injustice sociale en plein cœur de l’État : stoppons le statut qui criminalise la cohabitation.
En Belgique, vivre sous le même toit peut coûter très cher. Le statut de cohabitant, imposé à des centaines de milliers de personnes, réduit drastiquement leurs allocations simplement parce qu’elles partagent un logement. Un système absurde, injuste et dépassé, qui pénalise la solidarité, l’amour, l’amitié… et surtout les plus précaires. Il est temps d’y mettre fin.
Statut cohabitant : un système injuste à abolir de toute urgence
Un piège social vieux de 50 ans
Créé dans les années 70 avec la loi sur le Minimex (ancêtre du revenu d’intégration sociale), le statut de cohabitant repose sur une idée dépassée : partager un logement signifie partager ses ressources. Une logique paternaliste, issue d’une époque où “la femme au foyer” dépendait du revenu de son mari. En 2025, cette norme ne tient plus.
Aujourd’hui, familles recomposées, colocs solidaires, habitats intergénérationnels et seniors isolés sont la réalité quotidienne. Pourtant, ce statut continue de pénaliser ceux qui vivent ensemble, peu importe leur lien réel ou économique.
Une pénalité financière injustifiable
Perdre jusqu’à 33 % de ses allocations
Le taux cohabitant signifie une réduction drastique des allocations sociales. Par exemple :
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Un chômeur isolé touche environ 1200 €/mois
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Le même chômeur, vivant avec quelqu’un, passe à 800 €/mois
Et ce, même s’il n’y a aucune solidarité financière entre eux.
“Je paie ma part du loyer, de la nourriture, de tout. Pourtant, on me considère comme ‘à charge’.” – Lisa, cohabitante forcée
Le piège de l’amour… ou de l’amitié
De nombreuses personnes doivent cacher leur relation, ou renoncer à vivre ensemble, sous peine de perdre leur droit. Une situation qui détruit des vies, empêche les solidarités naturelles et enfonce les plus précaires dans l’isolement.
Des impacts graves sur des publics déjà fragiles
Les femmes en première ligne
Les femmes, souvent en emploi précaire ou à temps partiel, sont les grandes perdantes du statut de cohabitant. Le fait de vivre avec un partenaire (même s’il est aussi pauvre qu’elles) peut suffire à perdre tout droit au chômage ou à des allocations.
“J’ai arrêté de chercher un logement partagé. Je préfère payer plus cher, seule, que perdre mes droits.” – Aïcha, 26 ans
Les seniors et les habitats solidaires en danger
Des initiatives comme les habitats groupés ou intergénérationnels sont freinées. Des personnes âgées refusent d’accueillir un·e colocataire par crainte d’une révision à la baisse de leur pension ou RIS. C’est une absurdité sociale dans un pays en crise du logement.
Une exception belge coûteuse et inefficace
Ce mécanisme n’existe ni en France, ni aux Pays-Bas, ni en Allemagne. Il est propre à la Belgique, et ne tient pas compte de la réalité économique ou sociale.
Et pourtant, il touche :
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584 000 personnes en Belgique
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Principalement les chômeurs, les bénéficiaires du RIS et les invalides
L’État y gagne-t-il vraiment ? Pas si sûr. Selon la Cour des comptes, supprimer le statut coûterait 1,86 milliard d’euros, soit 0,35 % du PIB. Une goutte d’eau par rapport aux dépenses fiscales belges.
La colère monte : ils témoignent
“Ma compagne est invalide. Sa pension est calculée comme si je la prenais en charge. En réalité, je suis moi-même précaire. Mais l’administration n’en tient pas compte.”
“J’ai dû mentir sur ma situation pour ne pas perdre mes allocations. Ce statut pousse à la fraude et à la honte.”
“J’aide ma mère âgée en vivant chez elle. Pour l’ONEm, je suis son soutien. Résultat : je suis pénalisé de 400 € par mois.”
La mobilisation s’intensifie : Stop au statut cohabitant !
Depuis 2020, plus de 20 associations et réseaux de lutte contre la pauvreté mènent campagne pour son abolition. Le RWLP, le BAPN, la Fédération des CPAS, des syndicats comme la FGTB, des maisons de jeunes, des groupes féministes, tous disent stop.
Leur proposition est simple :
Remplacer le taux cohabitant par un statut individuel de base
Ajouter des suppléments en fonction des charges effectives, et non du logement partagé
Mettre fin aux logiques intrusives de “contrôle du domicile”
Et les partis politiques ? Qui suit… et qui freine ?
Avant les élections, plusieurs partis ont affiché leur soutien à l’abolition du statut cohabitant :
| Parti politique | Position sur le statut cohabitant |
|---|---|
| PS | POUR sa suppression |
| Ecolo | POUR |
| PTB | POUR |
| Les Engagés | POUR |
| DéFI | MITIGÉ |
| MR | CONTRE |
Malgré les discours, rien n’est encore inscrit dans l’accord de gouvernement. Il est donc urgent de maintenir la pression.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
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Signer l’appel citoyen sur stop-statut-cohabitant.be
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Témoigner publiquement ou anonymement
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Interpeller votre député·e ou conseiller communal
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Partager la campagne sur vos réseaux
Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes. Parce que la solidarité ne doit pas être une source de punition.
Vivre ensemble ne devrait jamais appauvrir
Le statut cohabitant est un vestige d’un autre temps, une machine à produire de la pauvreté, à décourager la solidarité de proximité et à punir les plus faibles.
La Belgique a une chance de réparer cette injustice historique.
C’est maintenant ou jamais.
Laurent Frémal
Nelson et les sentinelles
Avec Nelson et les sentinelles, François Ballestero signe un roman à la fois citoyen, social et stratégique. Face à la montée de l’extrême droite, son personnage ne répond pas par la panique, mais par une méthode : la sociodynamique.
Sans-CHEZ-SOIS’risme à Bruxelles
Ce 30 mars, notre équipe était présente à Bruxelles pour suivre la journée consacrée au Masterplan de lutte contre l’absence de chez-soi, porté par Bruss’help.
Pour Radio Solidarité, José et Luc, nos reporters, étaient sur place, micro en main, pour aller à la rencontre des acteurs du terrain, des responsables associatifs et des représentants politiques.
Une journée dense, marquée par une forte mobilisation, mais surtout par une réalité qui s’impose à tous : le sans-abrisme ne cesse de s’aggraver, et les réponses actuelles ne suffisent plus.
À MUNICIPALIA
À la veille du Salon Municipalia, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté prend la parole. Une parole forte, engagée, presque urgente.
Car derrière les mots, il y a des réalités.
Celles de familles qui comptent chaque euro.
Celles de personnes qui cherchent un toit sans jamais en trouver un stable.
Celles de vies suspendues à un bail, à une décision, à une expulsion.
La cour de récréation
Filmé au début des années 1990, le documentaire Récréations de Claire Simon montre la cour d’école comme une véritable société miniature. Alliances, exclusions, domination mais aussi solidarité et empathie : les enfants y expérimentent déjà les rapports de force qui structurent le monde adulte. À travers une lecture presque philosophique, ce regard sur l’enfance rappelle que la violence sociale comme le vivre-ensemble s’apprennent très tôt, dans ce premier théâtre de la vie qu’est la cour de récréation.
Journée mondiale des Roms à Molenbeek
À l’occasion de la Journée internationale des Roms, nous étions au Foyer à Molenbeek pour une rencontre entre associations, institutions et membres des communautés roms. Trois générations ont partagé leur vécu, leur évolution et leur réalité en Belgique aujourd’hui.
Koen Geurts rappelle la diversité des communautés roms et l’importance de briser les stéréotypes. Mariana, 21 ans, étudiante à Bruxelles, témoigne d’une nouvelle génération entre héritage familial et avenir professionnel, loin des clichés.
Un échange humain et sincère pour mieux comprendre la réalité des Roms en 2026.
Cohabitants, Debout!
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