édito 9 juin 2026
Quand la désobéissance devient
un devoir de conscience
Je vous propose un édito qui invite à la réflexion. Ensemble, nous prenons un moment pour regarder ce qui se passe dans le monde et essayer de mieux comprendre les grands sujets d’actualité.
L’idée n’est pas seulement de donner mon point de vue, mais aussi de vous faire réfléchir, de vous questionner, et surtout de vous permettre d’en parler autour de vous. Car réfléchir seul, c’est bien, mais réfléchir ensemble, c’est encore mieux.
Dans un esprit solidaire et ouvert, je vous présente chaque semaine un thème qui me touche ou qui fait débat. Ensuite, je développe pourquoi c’est important et ce que cela change pour nous tous, ici et ailleurs.
Alors, prenez un café ou un thé, installez-vous, et laissez-vous guider par cette réflexion du jeudi. Ensemble, faisons vivre la solidarité et le partage des idées.
Quand la désobéissance devient un devoir de conscience
L’Europe aime rappeler qu’elle est le berceau des droits humains. Elle aime se présenter comme le continent des libertés, de la démocratie et de la dignité. Pourtant, il arrive que les actes contredisent les discours.
Ces derniers jours, les images venues des institutions européennes ont interpellé de nombreux citoyens. Des applaudissements ont suivi l’adoption d’une résolution vivement critiquée par ses opposants pour ses conséquences humaines. Dans le même temps, une délégation des talibans était reçue dans un cadre diplomatique. Deux séquences qui, mises côte à côte, soulèvent une question simple :quelles sont encore les lignes rouges de nos démocraties ?
Le 20 juin, Journée mondiale des réfugiés, cette interrogation prend une dimension particulière. Derrière les débats politiques, il y a des femmes, des hommes et des enfants qui fuient la guerre, la persécution ou la misère. Derrière chaque décision, il y a des vies bouleversées.
À Radio Solidarité, nous ne prétendons pas détenir la vérité. Mais nous croyons qu’une démocratie vivante accepte les questions, les contradictions et le débat. Lorsqu’une partie de la population a le sentiment de ne plus être entendue, le risque est immense : celui de la résignation, de la colère ou de la rupture entre les institutions et les citoyens.
L’Histoire nous enseigne pourtant une autre voie.
Les grandes conquêtes sociales ne sont pas nées du silence. Le droit de vote des femmes, les droits civiques, la fin de nombreuses discriminations, les conquêtes sociales… Toutes ont été portées par des femmes et des hommes qui ont parfois choisi la désobéissance civile face à des lois ou à des décisions qu’ils jugeaient injustes.
La désobéissance civile n’est pas la violence. Elle n’est pas le rejet de la démocratie. Elle est, au contraire, un rappel que la légitimité d’une démocratie repose aussi sur sa capacité à écouter son peuple, à accepter la contestation et à remettre en question ses propres décisions.
Une démocratie qui n’accepte plus la critique finit par s’affaiblir.
La solidarité n’est pas une faiblesse. C’est une force politique, sociale et humaine. Défendre la dignité d’une personne, quelle que soit son origine, sa religion ou son histoire, ce n’est pas choisir un camp. C’est choisir l’humanité.
À Radio Solidarité, nous continuerons à donner la parole à celles et ceux que l’on entend trop peu. Nous continuerons à défendre le débat, l’esprit critique et la liberté d’expression, parce que c’est ainsi que vivent les démocraties.
La dignité humaine n’est pas une option. Elle ne se négocie pas. Elle se protège. Elle se défend.
Parce qu’au-delà des opinions, il existe une valeur qui devrait toujours nous rassembler : l’humanité.
Une solidarité qui craque de partout
Les besoins explosent, les dons diminuent et les bénévoles s’épuisent. Derrière chaque aide distribuée, une question grandit : combien de temps la solidarité pourra-t-elle encore tenir ?
Du bon côté de l’Histoire
Les guerres s’étendent, les tensions montent et chaque pays doit choisir. Soutenir, condamner ou se taire : aucune position n’est neutre. Entre pressions économiques et responsabilités humaines, l’Histoire retiendra surtout nos silences. Car demain, ce ne seront pas les marchés qui jugeront, mais les générations suivantes. Nos enfants nous demanderont de quel côté nous étions.
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