Femmes, combats et liberté

par | Mai 14, 2026 | Namur en Mai 2026, Nos Articles | 0 commentaires

Sous les chapiteaux de Namur en Mai…

Depuis trente ans, Namur en Mai transforme les rues de la capitale wallonne en immense terrain d’expression populaire. Derrière les chapiteaux, les acrobaties, les marionnettes et les arts forains, le festival continue surtout de faire vivre une culture accessible, vivante et profondément humaine.

Pour cette première journée de l’édition 2026, la météo aura pourtant mis les organisateurs et les compagnies à rude épreuve. Entre fortes averses et précipitations parfois soutenues, plusieurs spectacles ont dû être déplacés, adaptés ou réorganisés au fil de la journée afin de garantir la sécurité des artistes et du public.

Et malgré cela, le public était bien au rendez-vous.

Dans les rues de Namur, sous les parapluies, dans les salles improvisées ou les lieux de repli, les festivaliers ont continué à remplir les espaces du festival avec une ambiance chaleureuse et populaire fidèle à l’ADN de Namur en Mai. Une véritable démonstration d’adaptation collective où bénévoles, techniciens, artistes et organisateurs auront réussi à maintenir le festival vivant malgré des conditions parfois compliquées.

Et honnêtement, les équipes du festival ont géré cette journée comme des chefs.

Cette année, Radio Solidarité a choisi de suivre un fil rouge particulier durant les trois jours du festival :

Femmes, combats et liberté sous les chapiteaux.

Un angle qui nous permettra d’explorer plusieurs spectacles qui parlent, chacun à leur manière, de solidarité, de société, de peur, de liberté ou encore du monde du travail.

Pour cette première journée, c’est le spectacle “Loups y es-tu ?” des Royales Marionnettes qui aura particulièrement retenu notre attention.

Derrière son apparence de spectacle familial et de théâtre de marionnettes, la création aborde avec intelligence des thèmes extrêmement actuels : la peur de l’autre, les divisions, les libertés menacées et la fabrication de boucs émissaires.

Dans ce village imaginaire où le “Grand Méchant Loup” devient presque un outil politique, le spectacle interroge notre époque avec humour, poésie et beaucoup de finesse. Un regard pertinent sur ces sociétés où la peur peut parfois devenir un moyen de contrôle.

À travers ce premier reportage, Radio Solidarité ouvre donc un parcours qui se poursuivra durant tout le festival.

Demain, notre équipe ira notamment à la rencontre de la compagnie Les Baudrières avec “L’Encordée”, impressionnante performance aérienne autour de la confiance, du collectif et de la solidarité féminine, mais aussi de la compagnie La Brüme avec “Air Pulse”, spectacle visuel et physique plongeant le public dans un univers industriel oppressant entre feu, cadence et pression sociale.

À côté de ces spectacles plus engagés, Namur en Mai laisse aussi une place importante à la poésie du quotidien. Avec “Caisse 606”, la compagnie La Fille du Laitier transforme par exemple le travail répétitif de deux caissières en une véritable chorégraphie humaine drôle, absurde et parfaitement synchronisée. Un spectacle léger en apparence mais qui rappelle aussi avec tendresse tous ces métiers invisibles que l’on oublie trop souvent.

Malgré la pluie, malgré les adaptations d’horaires et les changements de lieux, cette première journée aura surtout rappelé une chose essentielle : les arts de rue et les arts forains savent s’adapter, résister et continuer à rassembler.

Et à Namur, même sous les averses, la culture populaire reste bien vivante.

Laurent Frémal

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