Namur : le 8 mars,

par | Mar 8, 2026 | Nos Podcasts | 0 commentaires

des centaines de voix pour les droits des femmes

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Namur pour rappeler que l’égalité n’est toujours pas acquise. Entre pancartes, chants militants et prises de parole, la manifestation organisée par le Collectif 8 mars Namur a transformé les rues de la ville en un espace de mobilisation et de solidarité.

Dès le rassemblement devant le palais de justice, l’ambiance était déterminée mais aussi festive. Des slogans s’élevaient dans la foule :

« Je suis une femme, je suis un être humain. »
« On ne peut pas être féministe sans être antifasciste. »
« Solidaire avec celles et ceux qui prennent des coups. »

Pour les participantes et participants, le message est clair : le 8 mars n’est pas une fête, c’est une journée de lutte.

Le 8 mars : une journée de grève et de lutte

Pour les militantes du Collectif 8 mars Namur, cette date doit rester un moment d’action politique.

« Le 8 mars, ce n’est pas seulement une journée symbolique », explique Aline, membre du collectif. « C’est aussi une journée de grève. Une façon de rappeler que lorsque les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête. »

Cette grève concerne à la fois le travail salarié mais aussi le travail invisible, celui qui est encore très majoritairement assuré par les femmes : tâches domestiques, soins aux proches, organisation du quotidien.

« On ne veut pas que le 8 mars devienne une simple kermesse », insiste-t-elle. « C’est une journée de mobilisation. »

Un féminisme qui dépasse les droits des femmes

Pour les organisatrices, le féminisme est aussi une réflexion globale sur la société.

« Quand les droits des femmes reculent, c’est toute la société qui recule », explique Aline. « Les politiques qui précarisent la population touchent particulièrement les femmes, parce qu’elles occupent souvent les secteurs les plus fragilisés : le soin, l’enseignement, le secteur associatif. »

Anne, également membre du collectif, rappelle que le féminisme est multiple.

« Nous sommes un collectif féministe queer, inclusif envers les minorités de genre. Être féministe, c’est œuvrer pour les droits des femmes mais aussi pour toutes les personnes discriminées. »

Le Congo : une guerre oubliée

La manifestation a également donné la parole à des femmes venues rappeler que les luttes féministes dépassent les frontières.

Béatrice Bashizi, originaire de la République démocratique du Congo, a témoigné de la situation dramatique dans l’est du pays.

« Le 8 mars est une journée de communion entre les femmes du monde entier », explique-t-elle.

Depuis plus de trente ans, les conflits dans cette région ont fait des millions de victimes. Les violences sexuelles y sont utilisées comme armes de guerre.

« Les corps des femmes sont utilisés comme armes de guerre », dénonce-t-elle. « On viole les femmes pour humilier des communautés entières et briser des peuples. »

Elle appelle la communauté internationale à ne plus détourner le regard.

« Nous voulons que la guerre du Congo ne soit plus une guerre oubliée. »

Une mobilisation internationale

Lors de la manifestation, un appel international circulait également pour soutenir les femmes congolaises.

Le message est simple : le 8 mars à midi, partout dans le monde, les femmes sont invitées à porter un foulard blanc et à publier un message de solidarité sur les réseaux sociaux pour dénoncer les violences subies par les femmes et les enfants en République démocratique du Congo.

Le foulard blanc symbolise l’innocence volée aux victimes de ces violences.

Deux films à voir pour comprendre

Pour celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre les violences faites aux femmes et les combats menés pour leur dignité, deux films sont particulièrement recommandés.

Muganga – Celui qui soigne

Inspiré de faits réels, ce film raconte le combat du docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais et prix Nobel de la paix, qui consacre sa vie à soigner les femmes victimes de violences sexuelles liées aux conflits dans l’est de la République démocratique du Congo. À travers son engagement et celui des femmes qu’il accompagne, le film rappelle l’ampleur des violences subies mais aussi la force et la dignité de celles qui se battent pour se reconstruire.

La Maison des Femmes

Inspiré d’histoires vraies, ce film nous plonge dans un centre dédié à l’accueil et à l’accompagnement des femmes victimes de violences. On y découvre les parcours de femmes qui tentent de se reconstruire, entourées de soignants et de travailleurs sociaux engagés. Le film met en lumière l’importance de l’écoute, du soutien et de la solidarité pour permettre à ces femmes de reprendre leur vie en main.

Une mobilisation qui continue

Après les prises de parole devant le palais de justice, la manifestation a parcouru les rues de Namur avant de se terminer au Grognon. La journée s’est poursuivie avec des stands associatifs et un concert aux Abattoirs de Bomel.

Mais pour les militantes présentes, la mobilisation ne s’arrête pas au 8 mars.

« Cette lutte doit durer toute l’année », rappelle Anicée, membre du collectif. « Le 8 mars est un moment fort, mais le combat pour l’égalité continue chaque jour. »

Laurent Frémal

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