Dans les coulisses d’un festival qui tient debout grâce à ses bénévoles

par | Jan 21, 2026 | Nos Podcasts, RamDam Festival | 0 commentaires

Tournai Ramdam Film Festival

Depuis seize ans, le Ramdam Festival – le festival du film qui dérange – s’impose comme un rendez-vous incontournable du cinéma engagé. Mais derrière les écrans, les débats et les projections à guichets fermés, il existe une force souvent discrète, pourtant essentielle : les bénévoles.

À l’occasion du festival, Radio Solidarité est allée à la rencontre de Miguel, bénévole depuis la toute première édition. Son témoignage éclaire de l’intérieur ce qui fait l’âme du Ramdam.

Seize ans de bénévolat, seize ans de fidélité

Miguel découvre le Ramdam dès sa naissance, alors que le festival n’est encore qu’un projet expérimental. Cinéphile régulier, il se rend aux premières projections sans imaginer qu’il deviendra l’un des piliers humains de l’événement. Le dernier jour du premier Ramdam, une tâche simple lui est confiée : distribuer des journaux en ville. Une mission anodine en apparence, mais qui marque le début d’un engagement durable.

Depuis, Miguel est resté. Année après année, il voit le festival grandir, passer de quelques milliers d’entrées à plus de 35 000 spectateurs, tout en conservant ce qui fait sa singularité : une proximité rare entre le public, les bénévoles et les invités.

Accueillir, guider, rassurer : le rôle clé des bénévoles

Aujourd’hui, les bénévoles sont présents à chaque étape du parcours des festivaliers. Accueil dans le hall, aide aux bornes de réservation, orientation vers les salles, accompagnement des personnes moins à l’aise avec le numérique : leur rôle est central.

Miguel insiste sur ce point : le hall d’entrée est le véritable cœur du festival. C’est là que se posent les questions, que se dissipent les inquiétudes et que s’installe, dès l’arrivée, l’ambiance Ramdam. Une ambiance où l’on se sent accueilli, jamais jugé, toujours accompagné.

Un festival à taille humaine, malgré son succès

Malgré son succès croissant, le Ramdam reste un festival profondément humain. Pas de zones VIP fermées, pas de barrières entre artistes et public. Tout le monde entre par la même porte, partage les mêmes espaces, échange autour des films et des idées.

Miguel raconte ainsi des discussions informelles avec des réalisateurs et des acteurs majeurs du cinéma, vécues simplement, sans protocole. Cette accessibilité, selon lui, est l’un des trésors du Ramdam : un lieu où la culture reste un espace de rencontre, pas de distinction.

Des films qui marquent, des débats qui restent

En seize éditions, Miguel a vu défiler des centaines de films. Certains l’ont bouleversé durablement. Il évoque notamment La Disgrâce, un documentaire d’une rare intensité humaine, ou encore Animal, film dérangeant qui interroge la violence et la responsabilité collective.

Mais au-delà des projections, ce sont souvent les débats qui prolongent l’émotion. Les échanges avec les réalisateurs, les témoignages du public, les silences parfois lourds après certaines séances : autant de moments qui donnent tout son sens à l’expression « cinéma qui dérange ».

Être bénévole, c’est aussi appartenir à une famille

Être bénévole au Ramdam, ce n’est pas seulement donner de son temps. C’est appartenir à une communauté. Miguel parle de ces visages qu’il ne revoit qu’une fois par an, mais qu’il reconnaît immédiatement. Des salutations chaleureuses, des sourires sincères, des retrouvailles presque quotidiennes le temps du festival.

Les bénévoles bénéficient aussi d’un accès privilégié aux films, aux séances de presse, aux discussions. Mais pour Miguel, l’essentiel n’est pas là. Ce qu’il retient avant tout, ce sont les liens humains, cette sensation d’être utile et reconnu.

Un avenir à préserver

À l’aube de cette seizième édition, Miguel formule un vœu simple : que le Ramdam continue de grandir sans perdre son âme. Que l’esprit familial demeure, que les bénévoles restent au cœur du projet, et que le cinéma engagé continue d’interroger, de bousculer et de rassembler.

Son message aux auditeurs est clair : si vous n’avez jamais mis les pieds au Ramdam, osez franchir la porte. Vous en ressortirez peut-être dérangés, mais certainement enrichis.

Laurent Frémal

RamDam Festival

Gadjé : au RamDam Festival

Gadjé : au RamDam Festival

Au RamDam Festival de Tournai, Radio Solidarité a rencontré Georges Vanev, réalisateur belgo-bulgare de Gadjé. Le film raconte l’amour d’été entre Niki et Nadé, jeune fille rom, jusqu’au moment où la pression familiale et le racisme “ordinaire” viennent écraser leur relation. Refusant les clichés, Vanev a fait le choix non négociable de tourner avec des acteurs roms, en collaboration avec l’association Arrété Youth à Sofia. Pour découvrir l’envers du décor et la parole du réalisateur, écoutez le podcast en ligne sur Radio Solidarité.

Un silence plus fort que les mots

Un silence plus fort que les mots

Dimanche matin, à 9h00, le RamDam Festival de Tournai ouvre sa journée avec La voix de Hind Raja. La salle est comble, le silence s’installe immédiatement. Tout au long de la projection, les regards restent fixés à l’écran, les émotions sont visibles, les yeux rougis par les larmes.

Lorsque le générique débute, personne ne se lève. Aucun bruit. Quelques lampes de téléphones s’allument timidement dans l’obscurité, révélant des visages marqués. Les spectateurs quittent finalement la salle dans un silence solennel, comme pour prolonger ce moment suspendu. Un instant rare, où le cinéma devient un espace de recueillement et de mémoire.

Ciudad sin sueño :

Ciudad sin sueño :

À l’occasion du Ramdam Festival de Tournai, Radio Solidarité ouvre le débat autour du film Ciudad sin sueño, un récit bouleversant sur la vie des Roms en Europe. Entre pauvreté, liberté, discriminations et espoir de changement, ce podcast donne la parole à celles et ceux que l’on entend trop rarement.

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