8 mai à Namur
« Résister se conjugue toujours au présent »
À Namur, la cérémonie organisée par la Coalition 8 Mai n’a pas été une simple commémoration historique. Pendant plusieurs heures, associations, syndicats, militantes, artistes et citoyennes ont mêlé mémoire de la Résistance et combats contemporains contre l’extrême droite, le racisme, les exclusions sociales et les violences faites aux femmes.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont rappelé le sens profond du 8 mai 1945 : la victoire contre le nazisme et le fascisme en Europe. Mais pour la Coalition 8 Mai, cette date ne doit pas rester figée dans le passé. Elle doit devenir un outil de transmission, de vigilance démocratique et de mobilisation citoyenne. Trois objectifs ont été rappelés : faire du 8 mai un jour férié officiel en Belgique, mieux faire connaître l’histoire de la Résistance belge et alerter sur la montée actuelle des idées d’extrême droite.
Les intervenants ont insisté sur le fait que les idéologies autoritaires ne surgissent jamais du jour au lendemain. Elles progressent à travers les discours de division, la stigmatisation des migrants, les attaques contre les droits sociaux ou encore la banalisation de la haine. Plusieurs prises de parole ont dénoncé certaines politiques actuelles jugées dangereuses pour les libertés publiques et la solidarité sociale.
Les femmes résistantes au centre de la cérémonie
Le thème principal de cette édition était l’hommage aux femmes résistantes, longtemps effacées des récits officiels de la Seconde Guerre mondiale. Les organisateurs ont rappelé que derrière les figures masculines connues de la Résistance existaient des centaines de femmes ayant servi d’agentes de liaison, caché des familles juives, transporté des armes, imprimé des journaux clandestins ou organisé des réseaux de survie.
Tout au long de la soirée, plusieurs intervenantes ont raconté le parcours de résistantes namuroises ou belges.
Marie Mercier, par exemple, tenait un café qui servait de lieu de passage pour les résistants et les personnes traquées par les nazis. Son établissement était devenu un véritable point de résistance clandestin. Après la guerre, elle deviendra la première femme bourgmestre de Gembloux.
Marie-Noël, originaire de Viroinval, distribuait des journaux clandestins, ravitaillait des maquisards et hébergeait des réfractaires avant d’être arrêtée puis déportée à Ravensbrück où elle mourra quelques semaines avant la Libération.
D’autres figures comme Monique de Tisbar, Lucienne Pagès, Simone ou encore Hélène Bidoul ont également été évoquées. Toutes ont connu la prison, la torture, les camps ou la perte de proches. Pourtant, elles ont continué à agir, souvent dans un anonymat presque total après la guerre.
« Femme, vie, liberté »
Un des moments les plus marquants de la soirée a été l’hommage rendu à trois femmes assassinées récemment : Mahsa Amini, Renée Good et Amal Khalil.
Mahsa Amini, jeune Iranienne kurde, morte après son arrestation par la police des mœurs iranienne en 2022, a été présentée comme le symbole d’une résistance féminine mondiale contre les régimes autoritaires. Son nom a rappelé le slogan devenu international : « Femme, vie, liberté ».
Renée Good a été citée comme victime des violences liées aux politiques migratoires américaines et à la militarisation des services d’immigration sous l’ère Trump.
Quant à Amal Khalil, journaliste libanaise tuée dans le sud du Liban alors qu’elle réalisait un reportage, elle a été présentée comme une victime de la guerre et de la répression contre les journalistes couvrant Gaza et le Proche-Orient. Plusieurs intervenants ont dénoncé le silence des gouvernements occidentaux face aux massacres et aux atteintes aux droits humains dans la région.
La mémoire comme acte politique
Hélène de Soute, présidente nationale de la Coalition 8 Mai, a livré un témoignage particulièrement fort en racontant l’histoire de sa mère, entrée dans la Résistance à seulement 17 ans. Torturée par la Gestapo, elle ne dénoncera jamais ses camarades malgré les sévices subis. Son frère sera fusillé par les nazis.
À travers ce récit familial, Hélène de Soute a rappelé que la mémoire n’est pas qu’un devoir historique mais aussi un engagement politique actuel. Selon elle, le fascisme commence souvent par des mots : désigner des boucs émissaires, opposer les pauvres entre eux, attaquer les syndicats, les migrants, les minorités ou les associations.
Elle a insisté sur le fait que la résistance moderne passe aujourd’hui par la solidarité, la défense des droits humains, la culture, l’éducation populaire et le travail associatif.
Résister aujourd’hui : syndicalisme, pauvreté et luttes sociales
La cérémonie a aussi donné la parole à des femmes engagées aujourd’hui dans les luttes sociales.
Des responsables syndicales ont évoqué les difficultés des femmes dans le monde du travail, la montée des discours masculinistes et l’utilisation de la précarité comme terrain fertile pour l’extrême droite.
Des militantes LGBTQIA+, féministes et antiracistes ont rappelé que certaines personnes doivent « résister simplement pour exister ». Une intervenante trans noire a notamment expliqué que vivre, aimer et prendre la parole constitue déjà une forme de résistance dans une société marquée par les discriminations.
Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, a également livré un témoignage fort sur les mécanismes d’exclusion sociale et sur la nécessité de construire des résistances collectives face aux politiques qui divisent les pauvres, les travailleurs et les allocataires sociaux.
Une cérémonie entre émotion, mémoire et mobilisation
La soirée a alterné témoignages, lectures, interventions militantes, extraits sonores et moments musicaux comme l’interprétation du Chant des Partisans, repris collectivement dans la salle.
L’événement n’avait rien d’une commémoration figée. Il s’agissait plutôt d’un appel à poursuivre les combats pour la démocratie, l’égalité et la dignité humaine.
Un message est revenu tout au long de la cérémonie :
« Résister se conjugue toujours au présent. »
Laurent Frémal
LaSemo
Au cœur de LaSemo, il existe un endroit où le temps semble ralentir. Loin des scènes et de l’effervescence du festival, l’Espace Zen invite les festivaliers à faire une pause, respirer, se reconnecter à la nature et à eux-mêmes. Une autre façon de vivre LaSemo, fidèle à ses valeurs humaines et engagées.
Skarbone 14
Depuis 25 ans, Skarbone 14 fait du ska-punk un véritable outil d’expression sociale. À LaSemo, Radio Solidarité est partie à la rencontre d’un groupe qui mêle musique, engagement et humanité, avec une conviction intacte : écouter l’autre est déjà un acte de solidarité.
50 ans de CPAS :
Cette émission spéciale n’a pas pour objectif de désigner des coupables. Elle invite à comprendre, à écouter et à réfléchir collectivement à l’avenir de notre modèle social.
Cinquante ans après leur création, les CPAS restent un pilier essentiel de la solidarité. Mais une question demeure : voulons-nous leur donner les moyens d’accomplir pleinement leur mission de garantir à chacun une vie conforme à la dignité humaine ?
Quand la désobéissance devient un devoir de conscience
L’Europe aime rappeler qu’elle est le berceau des droits humains. Elle aime se présenter comme le continent des libertés, de la démocratie et de la dignité. Pourtant, il arrive que les actes contredisent les discours.
Les Solidarités 2026 :
Radio Solidarité a assisté à la conférence de presse officielle des Solidarités 2026. Cette 12ᵉ édition, qui se déroulera les 4, 5 et 6 septembre à Écolys (Namur), s’annonce riche en nouveautés : un site agrandi et repensé, la création d’un nouvel espace baptisé Le Phare, une offre familiale renforcée, le lancement de la première application officielle du festival et une programmation réunissant de nombreux artistes de renom. Fidèle à son ADN, Les Solidarités continuent de faire rimer musique, citoyenneté, engagement associatif et vivre-ensemble. Radio Solidarité sera présente tout au long du festival pour vous faire vivre l’événement de l’intérieur.
Passoires l’hiver, bouilloires l’été :
Quand le logement ne protège plus, la précarité devient une question de survie. En hiver, les passoires énergétiques condamnent les plus fragiles au froid. En été, ces mêmes logements se transforment en véritables bouilloires thermiques. Face aux canicules répétées, personnes âgées, familles précaires, locataires, malades chroniques et habitants des quartiers populaires sont en première ligne. Une urgence sociale, sanitaire et climatique.
50 ans de CPAS…
À l’occasion des 50 ans des CPAS, Radio Solidarité et le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) proposent une émission spéciale consacrée à l’avenir de l’aide sociale. Témoignages, analyses et regards croisés donneront la parole aux bénéficiaires, aux travailleurs de terrain, aux responsables politiques et aux acteurs associatifs pour interroger une question essentielle : cinquante ans après la loi organique, le droit à la dignité est-il toujours une réalité ? Une émission à écouter le 8 juillet à 10h et 18h, puis en podcast.
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Au cœur de LaSemo, il existe un endroit où le temps semble ralentir. Loin des scènes et de l’effervescence du festival, l’Espace Zen invite les festivaliers à faire une pause, respirer, se reconnecter à la nature et à eux-mêmes. Une autre façon de vivre LaSemo, fidèle à ses valeurs humaines et engagées.
Skarbone 14
Depuis 25 ans, Skarbone 14 fait du ska-punk un véritable outil d’expression sociale. À LaSemo, Radio Solidarité est partie à la rencontre d’un groupe qui mêle musique, engagement et humanité, avec une conviction intacte : écouter l’autre est déjà un acte de solidarité.
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