Esperanzah! 2025
un souffle de renouveau et de résistance
À Floreffe, les 25, 26 et 27 juillet derniers, le festival Esperanzah! a rassemblé 28 000 festivaliers dans l’enceinte de l’Abbaye, pour une édition marquée par la fluidité, l’engagement et une vision culturelle renouvelée.
Un bilan positif malgré la météo
« Deux premières journées de rêve », c’est ainsi que les organisateurs décrivent le début de cette édition 2025. Une harmonie parfaite entre les valeurs du festival et leur expression artistique a régné sur les scènes, sous un ciel clément. Seul le dimanche, un peu plus pluvieux, aura freiné légèrement l’élan, avec une fréquentation en léger recul.
« On a eu 10 000 personnes vendredi, 10 000 samedi, et 8 000 dimanche, soit un total de 28 000 festivaliers, ce qui reste dans la continuité de 2024. »
Un ancrage local et des engagements concrets
Esperanzah! ne se contente pas d’être un festival musical : c’est un acteur de l’économie sociale. Ici, les choix de fournisseurs se veulent militants. On privilégie les producteurs locaux comme Paysans Artisans pour l’alimentation, Recueb pour les gobelets réutilisables, ou encore la ressourcerie pour la décoration et l’aménagement du site. Le café vient d’Oxfam Magasins du Monde, la bière de la brasserie Silly, et même les chocos et confitures sont issus de circuits responsables.
« On boycotte les multinationales. On veut faire vivre les entreprises de l’économie locale et solidaire. C’est une des grandes différences d’Esperanzah! par rapport à d’autres festivals. »
Une culture de la force… ou la force de la culture ?
Loin des grands événements dépolitisés, Esperanzah! fait un choix clair : défendre une culture engagée. Reprenant les mots de Médine, présent sur scène la veille :
« La force de la culture face à la culture de la force. »
Le festival assume pleinement son rôle de caisse de résonance pour les luttes sociales et écologiques. Il valorise les artistes qui portent des messages forts, progressistes, tournés vers l’avenir, sans verser dans la haine ou le désespoir.
« On veut amplifier les voix des minorités, des peuples opprimés, mais toujours dans un discours positif et mobilisateur.»
Une solidarité multiforme
La solidarité, à Esperanzah!, se traduit à tous les niveaux. L’eau est gratuite. Les pique-niques sont autorisés. Les prix d’entrée sont maintenus accessibles malgré l’inflation, avec des passes trois jours à tarif réduit et des partenariats comme Article 27, permettant aux bénéficiaires du CPAS d’acheter leur place pour quelques euros.
Le Village des Possibles, qui accueille 35 collectifs, ouvre aussi la culture à celles et ceux qui n’en ont pas toujours l’accès. L’organisation a également mis en place des dispositifs pour les personnes à mobilité réduite et propose deux campings (festif et familial) pour accueillir toutes les générations.
La coopérative, moteur du renouveau
Depuis 2024, le festival s’est doté d’une coopérative citoyenne — ZA — pour garantir sa pérennité financière et artistique. Issue d’une crise profonde, cette structure permet aujourd’hui à plus de 370 coopérateurs de participer activement à la vie du festival.
« Ce n’est pas une simple campagne de dons. C’est une manière de se réapproprier notre festival, de revenir à nos valeurs tout en innovant. »
Résultat : plus de scènes, plus d’art de rue, plus de déambulations, moins de têtes d’affiche commerciales et davantage de découvertes.
Une vision pour l’avenir
Le cap est clair : faire d’Esperanzah! un espace de convergence des luttes sociales, économiques et environnementales, dans une ambiance immersive et festive. L’équipe travaille déjà sur la scénographie, l’ambiance visuelle, la programmation alternative et l’expérience des festivaliers.
« On veut que chaque scène ait une identité, une histoire. On veut des surprises, des moments suspendus. »
Mais surtout, Esperanzah! reste un festival résolument politique. Chaque choix est assumé : gestion des déchets, parité dans la programmation, droit d’afficher des symboles comme les drapeaux palestiniens… autant de prises de position qui le placent à contre-courant du divertissement aseptisé.
Rendez-vous en 2026 ?
La question de l’avenir est posée. Malgré les défis économiques, l’énergie est là.
« Jusqu’au bout, on se battra. Et on a l’énergie pour ça. »
Esperanzah!, plus qu’un festival, est une utopie en action, un manifeste en musique pour un monde plus juste, plus joyeux, plus humain.
Laurent Frémal
Retrouvez l’intégrale de notre rencontre avec les responsables du festival Esperanzah!
Plongez au cœur de l’édition 2025 avec une interview exclusive autour de l’engagement, de la culture et de la solidarité. À voir en Vidéo ou a écouter en Podcast sur notre site !
Un grand merci à Florance etArnaud de l’équipe organisatrice d’Esperanzah! pour leur temps, leur sincérité et leur engagement lors de cette interview inspirante.
Sirât,
Présenté dans le cadre du RamDam Festival, Sirât d’Oliver Laxe s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale d’un festival dédié aux films qui interrogent et bousculent les regards. Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, ce long-métrage tourné dans le désert marocain propose une expérience de cinéma sensorielle et contemplative, loin des récits formatés.
Notre correspondant marocain Ahmed livre une analyse sensible de cette œuvre singulière, où l’image, le rythme et l’atmosphère prennent le pas sur la narration classique.
Un silence plus fort que les mots
Dimanche matin, à 9h00, le RamDam Festival de Tournai ouvre sa journée avec La voix de Hind Raja. La salle est comble, le silence s’installe immédiatement. Tout au long de la projection, les regards restent fixés à l’écran, les émotions sont visibles, les yeux rougis par les larmes.
Lorsque le générique débute, personne ne se lève. Aucun bruit. Quelques lampes de téléphones s’allument timidement dans l’obscurité, révélant des visages marqués. Les spectateurs quittent finalement la salle dans un silence solennel, comme pour prolonger ce moment suspendu. Un instant rare, où le cinéma devient un espace de recueillement et de mémoire.
RamDam Festival Tournai :
Radio Solidarité au Ramdam Festival
Jusqu’au 26 janvier, Radio Solidarité se mobilise pour vous faire vivre le festival du film qui dérange. Déjà présents en amont pour découvrir les pépites de la programmation, nous vous proposerons des chroniques courtes, des reportages audio, des rencontres engagées et des regards croisés, notamment autour de Balance ton short, du CMGV et d’un film marquant sur les réalités roms. Une invitation à réfléchir… et à rejoindre Tournai.
Les murs parlaient en 68… Et que disent-ils aujourd’hui ?
En mai 68, les murs criaient la liberté : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire ».
Aujourd’hui, nos murs sont numériques, mais les luttes restent les mêmes.
Entre slogans d’hier et hashtags d’aujourd’hui, la parole populaire continue de se réinventer.
Radio Solidarité fait résonner ces voix d’hier et d’aujourd’hui : celles qui refusent le silence, celles qui rêvent encore d’un monde plus juste.
Les murs parlaient en 68… Aujourd’hui, c’est notre micro qui la porte.
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